Chaque chose en son temps. C’est aux parents d’aider leurs enfants et non pas l’inverse. A vouloir inverser le processus naturel de maturation d’un enfant, il risque de grandir trop vite et de sauter des étapes qui se révèlent par la suite essentielles pour le développement de sa personne…à 10 ans, l’objectif d’un enfant est de découvrir l’amitié, ses passions, les jeux et les rapports sociaux. C’est peut être rien mais s’il ne le fait pas, il pourrait être handicapé dans le « palier » suivant : la découverte amoureuse et l’orientation professionnelle. Il a trop à apprendre pour se connaître pour en plus, porter la souffrance de sa mère sur ses frêles épaules…
La vie, c’est comme un conte initiatique ….On passe par des paliers avant de réaliser ses objectifs. Le héros fougueux par son jeune âge veut sauver ceux qu’il aime d’un terrible Mal. Il se lance directement dans l’aventure jusqu’à la montagne où trône l’Ennemi (l’alcool) mais, le destin, en grand sage, lui fait passer des étapes successives dont, souvent, le héros pense qu’il s’agisse là de contretemps fâcheux pour sa quête. Et pourtant, il n’en est rien. Le héros se fait des amis qui, même s’ils obstruent sa quête, se révéleront fort utiles par la suite (n’avez-vous jamais remarqué que le héros d’un conte de fée commence toujours par se faire des amis ?), découvre un maître-penseur (une autorité. Un enseignement. Ici, un psychiatre/thérapeute pour sa mère ?), puis l’amour avec la princesse agressé qu’il faut sauver (adolescence) …En attendant, il n’a toujours pas affronté le Mal qui ronge son monde…
Ce n’est pas pour rien. On se développe en passant des étapes successives et le drame des surdoués, des enfants trop matures (comme Joshua) ; bref, de tous ceux qui ont grandi trop vite est d’ entraver leur évolution à force de passer directement à la case « adulte ». Et ce n’est pas étonnant de les voir, une fois adulte, réapprendre des choses de gosses (un adulte « enfant mature » qui réapprend le plaisir naïf. Exemple extrême : Michael Jackson)
De surcroît, il pourrait développer des schémas (comme ceux étudiés par Jeffrey Young. un schéma est un pattern de cognition qui prend source dans enfance qui nous nous influence durant notre vie) S’il se concentre sur sa mère, il risque de développer des schémas d’abnégation, c'est-à-dire qu’il va se sentir responsable de ses parents et ne vivre que pour eux. Avec un tel schéma, il risque de rater la rencontre avec lui-même, et de faire preuve d’une empathie maladive : il cherchera toujours à vouloir résoudre les problèmes de ceux qu’il aime (et cela pourra expliquer « le scénario de vie » d’épouser.. une femme alcoolique pour la sauver d’elle-même. L’Histoire se répétant ad æternam). Et si jamais cela échoue, il développera un schéma d’échec puisqu’il se sentira coupable de n’avoir pas arriver de la sauver…Bref, de longues souffrances en perspective, une fois intériorisé de tels schémas…
Il ne faudrait donc pas qu’il porte à dix ans des fardeaux qui ne sont pas les siens…et je le répète : c’est aux parents de protéger leurs enfants et non l’inverse.
Voila pourquoi j’adhère aux remarques de Frédéric. Il doit vivre sa vie. Mais il peut demander à sa mère de voir un professionnel de la thérapie (psychiatre/ psychologue, etc.) afin qu’elle s’en sorte et lui promettre de la soutenir dans ses démarches…
Mais le transformer en fils sacrificiel, non merci. Il n’est pas l’ecco homo…
"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"