Il faudrait dépasser le problème déontologique (il ne faut pas faire ci, ni ça) pour ne voir que le problème téléologique (pourquoi l’a-t-on fait ?) dans la gifle. N’en déplaise aux souffreteux de la main levée sur un enfant, la gifle n’est pas traumatisante en soi. Ce qui traumatise un enfant, c’est l’injustice dans la punition ; c’est le sentiment que la punition n’est pas méritée ou disproportionnée par rapport à l’acte commis. Si on lui avait prévenu des limites à ne pas franchir et qu’il n’en a pas tenu compte ; l’enfant accepte généralement la punition…
Le problème dans la gifle est donc sa justification par l’enseignant, à savoir en quoi était –elle méritée. Certaines gosses sont tellement intenables que la liste des solutions s’amenuise vite à de la violence corporelle…même si le mot est piégé (Violence corporelle rappelle naturellement les joies de la torture, de l’humiliation et autres joyeusetés. Mais il y’a un problème de dimension : si une gifle est une violence corporelle ; elle reste un acte qui se veut exceptionnelle et justifié)
Ceci dit, si ça passe ne Justice, c’est que les parents ne cautionnent pas l’enseignant. Je pense alors qu’il y’a un problème de la lâcheté des directeurs d’écoles. Un directeur devrait interdire logiquement un élève dans une école où manifestement, les parents s’opposent aux méthodes des enseignants. Pour enseigner, il faut que les profs aient l’entière confiance de leurs parents; sinon le gamin comprendra vite qu’il pourrait tirer profit des dissensions entre ses parents et ses profs. Sans forcement non plus soutenir le prof quoi qu’il advienne, sinon on augmentera sans doute la violence institutionnelle. Bref, le solution, c’est toujours LA JUSTIFICATION dans la violence corporelle ; et les parents devraient à priori avoir une attitude d’écoute des motifs de l’enseignants…S’ils s’y opposent alors que l’argument se tient ; la logique voudrait qu’ils envoient leurs gamins dans une autre école…
Cela m’amuse d’autant plus que la violence institutionnelle dans les écoles existe…Combien de mauvais profs dévalorisent des gamins et le ridiculisent en public, sans que la moindre violence physique soit faite ; par des mots, des tournures de phrases d’une perversité redoutables..
A se focaliser sur les baffeurs, on nous cache la forêt des profs pervers qui savent qu’il est plus facile de détruire des enfants avec des mots bien placés (« je ne demande ce qu’on fera de toi » soupire la prof) qu’avec des gifles...
"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"