Bonjour Michaël...
Je veux bien essayer de te répondre, mais je ne suis pas une psy, donc mon avis n'engage que moi, et c'est très délicat car, sans se connaître, je ne peux m'appuyer que sur tes confidences. Or dans une rupture, comme dans une relation, on est deux...
Tu me décris votre relation toute jeune (6 mois de vie commune) comme passionnelle puisque vous vous disputiez souvent alors que par ailleurs, tu es plutôt une bonne pâte avec tous tes amis.
Paradoxalement, ce qui au départ a dû vous rapprocher, la perte de votre père à l'âge de 8 ans (est-ce un deuil ou un divorce des parents ?), au final vous divise et devient sujet de dispute. Ce n'est pourtant pas surprenant : l'image du Père n'est pas tout à fait la même pour un petit garçon de 8 ans que pour une petite fille du même âge. Donc le manque du Père se traduit différemment. Vous vous êtes ensuite construits différemment par rapport à ce manque et en fonction de l'éducation et de l'affection que vous avez reçues par la suite de votre famille.
En clair, vous avez vécu un même traumatisme au même âge, mais les dégâts psychologiques sont différents. Inconsciemment, les filles voient en leur futur compagnon l'image du Père (qu'elles essaient de retrouver, ou au contraire de fuir, selon la relation qu'elles ont eue avec lui, ou qu'elles auraient aimée avoir avec lui s'ils n'avait pas disparu).
C'est important justement de se distancier par rapport à cette relation père/fille, père/fils (et par extension mère/fille, mère/fils). Car le compagnon ou la compagne n'est pas le père ou la mère. Et heureusement !...
Ta compagne a compris que tant que vous n'aurez pas fait chacun de votre côté le deuil de votre père respectif, votre relation a toutes les chances de devenir pathologique. Ce serait bien dommage, puisque, à l'évidence, vous avez des sentiments très forts l'un pour l'autre. Vous n'avez nul besoin de cette ombre paternelle planant sur votre couple. Il est temps en effet de vous préparer à une relation à deux riche, heureuse et féconde.
Mais on ne met pas comme ça le mouchoir sur un deuil vieux de 15 ans en ce qui te concerne. Cela demande un travail personnel (qui peut être très court ou plus long selon les personnes). L'idée d'un psy pour t'accompagner dans ce cheminement est en effet une très bonne idée. Fais-le pour toi avant tout. C'est toi qui dois te reconstruire avant d'envisager de rafistoler votre relation ou d'en construire une autre sur d'autres bases, avec ta compagne ou avec une autre plus tard...
Il faut juste un peu de patience. En tout cas, cela ne me paraît pas négatif de lâcher prise et de prendre un peu de distance momentanément avec elle, comme elle le désire. Cela vous permettra l'un et l'autre de faire le point et de vous reconstruire en vue d'une prochaine relation, puisque pour l'instant il ne s'agit pas de rupture totale et définitive et que vos sentiments affectueux/amoureux sont toujours là. Vos familles semblent voir votre union d'un bon oeil et vous apprécier tous les deux. C'est plutôt encourageant. J'espère qu'elle saura vous laisser prendre vous-mêmes les décisions vous concernant, avec patience et affection.
Ce n'est pas négatif de se poser les bonnes questions quand on est jeune, avant de s'engager dans la vie. C'est mieux que d'attendre d'avoir deux ou trois enfants pour se les poser en faisant un constat d'échec parce que vous n'auriez pas mis toutes les chances de bonheur de votre côté. Là vous prenez les choses dans le bon ordre.
Ce que je te dis Michaël ne vas pas tout à fait dans le sens que tu espérais, sans doute, mais si tu étais mon fils, à côté de moi, c'est ce que je te dirais... Et toi, bien sûr, tu en ferais ce que tu en voudrais... 
"Les paroles s'envolent, les écrits restent !"