Je suis désolée Pif69 de partir dans des digressions, mais il faut que j'apporte une réponse aux allégations de Carter sur la sociologie et la psychologie.
Tout d'abord Bourdieu ne "s'étonne pas de la domination masculine" qui "n'aurait pas lieu d'être" puisqu'au contraire, il en explicite les mécanismes sous-jacents et les raisons implicites. De plus, il ne s'inscrit pas dans un relativisme culturel radical, loin de là, puisque justement, il met en avant le rapport social de domination qui va induire les actes symboliques en cours dans la culture dominée (qui se définit donc par rapport à une culture dominante).
La sociologie ne part pas forcément d'un relativisme philosophique, c'est totalement faux. Par contre, il est vrai qu'en ethnologie il vaut mieux partir du principe que toutes les cultures se valent pour ne pas tomber dans les travers des théories évolutionnistes qui consistent à hierarchiser les cultures (peut-être es-tu d'accord avec cet état de fait... je ne sais pas... la psychologie apprend t-elle que les personnes d'une autre origine ont une culture moins "valable"?)
La psychologie prétend étudier l'esprit humain, ce qui, à mon avis, est un peu prétentieux. Et malgré tous les protocoles scientifiques, je pense qu'il est faux, voire extrêmement dangeureux, de considérer que cette discipline énonce des vérités (comme tu le prétends pourtant). On le voit, les grandes "vérités" en psycho, changent avec la société, hier les homos était des malades (d'ailleurs, sur quel protocole s'était-on appuyé pour en arriver là?!) aujourd'hui ils ne le sont plus... la psychiatrie (c'est encore différent) pratiquait les éléctrochocs... la psychanalyse (doc Freud, mais là encore, c'est autre chose) utilisait pendant un temps la cocaïne pour soigner ses patients, et l'hypnose aussi...
Comment peut-on se permettre, au nom d'une discipline, de prétendre "comprendre" l'esprit humain? Et de légitimer, selon les époques, la stigmatisation des juifs, des étrangers (et oui, parce que la psychologie a largement contribué, lors de la seconde guerre mondiale, à donner une base "scientifique" à cette idée de "conscience raciale" défendue corps et âme par Mussolini) des homosexuels, des personnes divorcées, des femmes célibataires... etc, etc...
Si la sociologie se fonde également sur des bases scientifiques (Bourdieu, toujours lui, ne disait-il pas que plus la discipline devient scientifique, plus elle produit de la connaissance, plus elle remplit cette fonction de dévoilement, et plus par conséquent elle est à même de contribuer à une libération des êtres humains?) elle reste à sa place, soit à celle de sciences sociales.
Elle ne consiste pas à étudier les faits individuels (et ne porte donc pas de "jugement" sur l'individu) mais les faits sociaux, les faits collectifs. L'histoire de l'individu s'inscrit dans un contexte sociétal et sa façon d'être et de penser est indissociable de ce contexte. En gros, la sociologie met en lien comportement humain et environnement social. Elle ne part pas de l'individu, mais du groupe ou des structures sociales.
Après, il y a différents courants qu'il serait fastidieux de décrire: si l'individualisme méthotologique peut éventuellement cautionner le libéralisme (comme tu le disais Carter) ce n'est pas du tout le cas de Bourdieu qui s'inscrit dans une position tout à fait inverse à celle que tu décris. Ne confond pas les intellectuels ultra médiatiques et les sociologues s'il te plait. Bien qu'il y ait quelques "jaunes" dans les rangs de ces derniers, il ne s'agit pas de la majorité. Les économistes sont davantage enclin à cautionner le liberalismes mais pas les sociologues.
Voilà, je suis désolée Pif de t'avoir pris un peu d'espace. Mais je tenais à rétablir un peu les choses.
Bien que je ne sois pas un puit de sciences comme Carter, j'ai tout de même un petit bagage en sociologie.
Nulle intelligence pour ce que nous faisons, rien que des éloges ou des blâmes.