Salut Sunday,
J'ai compris ce qui te permettait de rester aussi stoïque face au problème d'alcool de ton père. J'ai compris en lisant cette phrase "pourtant quand j'étais encore chez mes parents"... en fait, tu ne vis plus avec ton père. Donc tu ne vis plus son alcoolisme au jour le jour. Dans ce contexte, c'est très facile de faire la morale aux personnes qui, tous les jours, craignent les sautes d'humeur de l'alcoolique, ses insultes et parfois même ses coups.
Pour toi, la personne alcoolique sait rester fière et digne d'elle même, respectueuse des autres, ne pue pas l'alcool et ne doit pas être qualifiée de "pilier de comptoire". En quelque sorte, c'est une personne au comportement normal, victime d'une addiction qui la rend malheureuse et que les autres ne voient. Drôle de vision (si tu avais déjà fréquenté de près des personnes bourrées, tu saurais qu'en plus de puer la mort, elles sont complètement incohérentes, ridicules, agressives dans leurs propos et dès fois dans leurs gestes, irrespectueuses, et amnésiques parce que le lendemain, elles ne se souviennent de rien... forcément... c'est bien pratique)
Tu as de la chance que ton père ne boive qu'un verre de temps en temps (ce qui ne peut pas être qualifié d'addiction ou d'alcoolisme soit dit en passant) mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Se faire humilier par son propre père, ne pas pouvoir inviter d'amis à la maison par peur de ses réactions, se faire insulter, voire même frapper... et il faudrait tout accepter sous prétexte que cet homme a également le droit d'être heureux? N'importe quoi.
Lorsque tu as déjà tout tenté pour aider quelqu'un, mais que ce quelqu'un continue de s'enfoncer et de t'attirer dans sa chute sans le moindre sentiment de culpabilité, alors il n'y a pas 36000 solutions. Il faut se protéger.
Et d'ailleurs ce n'est peut-être pas une solution de jouer l'infirmière en fournissant assistance à l'alcoolique lorsqu'il cuve son alcool...
Nulle intelligence pour ce que nous faisons, rien que des éloges ou des blâmes.