Effectivement, cette affaire est des plus étranges et des plus inquiétantes et la directrice de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs sera convoquée à l’Assemblée pour s’expliquer la semaine prochaine.
Ce serait entre 22 kg et 39 kg de plutonium qui ont été découverts dans un atelier en cours de démantèlement sur le site de Cadarache.
Le pire aussi, c’est que ce problème a été caché plus de trois mois et qu’il a été classé au risque 2 sur l’échelle internationale de gravité des événements nucléaires qui en compte 7. Ce problème de transparence, Jean-Louis Borloo dit le regretter profondément et promet que ces règles de transparence seront respectées à l’avenir. En effet, le CEA avait connaissance de cet incident depuis juin 2009…
Le responsable de la campagne contre le nucléaire de Greepeace, Yannick Rousselet a déclaré que cela était « tout simplement hallucinant ». Selon lui, « cette matière est si dangereuse qu’elle doit être réglementairement mesurée au gramme près »… Or, le nombre de kilos retrouvés sur ce site pourrait même servir à fabriquer cinq bombes nucléaires !!!
Après cette drôle d’histoire de déchets d’uranium abandonnés à ciel ouvert en Sibérie, ces kilos de plutonium « oubliés » à Cadarache font craindre le pire… Le site de Cadarache est exploité par Areva et il est en cours de démantèlement depuis début 2009 car son niveau de sûreté avait été remis en cause.
Toutes les opérations de démantèlement ont été arrêtées et elles ne pourront reprendre sans l’accord de l’ASN. Cela dit, la sous-estimation de la quantité de plutonium avait conduit à réduire les marges de sécurité pour éviter un accident, soit le risque de criticité qui consiste à une réaction nucléaire en chaîne quand trop de matière est réunie au même endroit…