Si cela répond à une chartre, je n’ai donc rien à dire et je me tais, l’ayant signé moi-même.
Toutefois, esprit contestataire, je remarque qu’il y a là une étrange philosophie de la liberté d'expression. A la question "la liberté d'expression a t-elle des limites?", la France répond oui, les américains non. Curieux et pourquoi ce distinguo. ?
D’abord, « d’où vient en philosophie la liberté d’expression ? » Elle vient des grecs qui ont adopté le relativisme d’un certain Protagoras : « l’homme est la mesure de toute chose. » disait-il. Traduisez : Il n’y a pas de vérité absolue indépendamment de celui qui la croit. Tout se vaut en pensée. Si mes croyances valent les vôtres alors, pour qu’un corps social choisisse une idée plutôt qu’une autre, nous devons les débattre, les argumenter, les échanger, « la vérité étant un consensus ». Puisque toutes les idées se valent, je douterais de tout. Donc aucune parole ne peut être prohibée. Cette phrase a littéralement libérée les hommes et est contemporaine à la démocratie athénienne. Donc, pour le philosophe, il ne peut y avoir de limite à la liberté d’expression.
Ajoutons que défendre la liberté d’expression sous entend que je dois aussi défendre la liberté d’expression de mon opposant : c’est de la logique élémentaire. C’est bien beau de défendre la liberté d’expression des bons; mais on devrait aussi logiquement défendre celle des méchants, des fascistes, du diable, des pédophiles, que sais-je ? C’est logique ; si « l’homme est la mesure de toute chose » ; ils ont aussi le droit de s’exprimer.
Comprenez que s’il l’on met des limites à la liberté d’expression, alors vous censurez que vous le vouliez ou non. Interdire une expression pour quelque raison que ce soit est une censure ; que vous invoquiez la politesse, la jurisprudence, la morale, l’Ethique ou quoi que ce soit.
Pour le législateur alors, la question n’est pas le contenu de la pensée d’untel (qu’il soit fasciste, adepte du satanisme, parano, etc.) mais du droit à les exprimer. On doit seulement défendre la liberté d’expression en tant que tel. S’intéresser au contenu revient à émettre un jugement de valeur dessus qui exprime alors ses croyances, sa culture, ses valeurs, bref ses « vérités ».Si vous croyez posséder des « vérités » alors forcement, vous pouvez interdire une pensée dissonante…
Malheureusement, tel devient le cas… La France a choisi la raison censurante : c’est vrai que ça calme les esprits et qu’elle est due à un « consensus social » : Le législateur ayant d’autres chats à fouetter que la philosophie pure ; il doit s’occuper de la paix sociale et de l’ordre public. Nul donc ne remettra en question l’holocauste (l’affaire Faurisson), nul ne critiquera les si beaux droits de l’homme, nul ne critiquera quoi que ce soit qui puisse troubler l’ordre public.
Mais diable, où s’arrêtera cette censure ? L’ordre public demandant de plus en plus qu’on ne maltraite point ses oreilles (affaires Soral, Dieudonné, etc.)
Bref, les français ont oublié la sagesse des révolutionnaires : la liberté d’expression ne peut être que totale ; lui mettre des limites est offrir des prétextes pour ceux qui veulent réduire au silence leurs opposants (Dieudonné est son fameux : « j’ai compris que lorsqu’on vous traite d’antisémite, c’est pour vous réduire en silence ». un truc comme ça…)
Voila pour la parenthèse…Revenons à l’administrateur : il répond donc à hommelibre : je vous interdit par :
- politesse : je trouve en effet que c’est la meilleure réponse : interdiction d’insulter, etc.
-par charte : c’est là aussi une bonne réponse. Si on a signé comme à l’armée…
Mais il me répond aussi des choses pour le moins bizarre :
-par éthique, philosophie « réponses portant atteintes aux droits irrévocable de l'homme, de l'enfant, de la femme et des animaux. ». Je passerais outre le fait que les intellectuels tiers-mondistes dénoncent les droits de l’hommisme comme impérialisme (remarquez qu’avant chaque guerre, Armistice International nous sort ses dossiers contre le pays visé…)
-par morale et raison d’ordre public : « plaintes par d'autres webnautes » En tant que débatteurs, ne doivent-ils pas éviter de jouer aux «j’ suis outré ! Vous m’offensez là » Rappelons que Marc-Aurèle avait déjà soulevé le lièvre et ironisé dessus : l’offensé, remarque t-il, est complice de l’offenseur car il ne tient qu’à lui de relever l’offense ou pas, de la créer ! C’est une posture bien pratique…
Donc là, désolé, le bat blesse !: on ne peut évoquer de tel arguments basée sur une « vérité » pour interdire une parole. Si les juristes le font, c’est qu’ils ont ordre de gérer une société plus explosive, plus insurrectionnelle il me semble, qu’un site Internet ! Ils le font à contrecoeur (quand ils ont bien lu leur philosophie politique) et encore tirent-ils sur la sonnette d’alarme sur l’explosion de la censure actuellement !
Je doute, toutefois, que vous, vous ayez les mêmes contraintes que nos juristes…
Mais bon, c’est juste de la philo…
"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"