Victor Iouchtchenko a été au poste de président de la république d'
Ukraine en 2005 après un troisième tour des présidentielles et une longue lutte électorale avec le parti au pouvoir. Sa politique et sa volonté d'ouverture ont contribué à sa popularité. En effet, lassé de l'ancien régime gangrené par la corruption, les promesses de changements véhiculées lors de sa campagne présidentielle firent grand effet auprès de la population. Il a pu ainsi rassembler derrière lui une bonne partie de la population. Ainsi, durant toute la campagne, ce sont des vagues de protestations contre le régime en place qui grandissent de plus en plus. Le mouvement s'amplifie alors et la grève se généralise, c'est le début de la « révolution orange », terme que les médias ont vulgarisé durant l'année 2004, en référence à la couleur dominante de son partie. Et pourtant rien ne présageait un destin de président pour ce fils d'enseignant. Comptable rural à ses débuts, il travaille ensuite pour le compte de la Banque d'Etat communiste en 1976. Mais, au vue de ses compétences et de son charisme, il est très vite demandé à
Kiev.
Avec la chute du communisme, c'est alors de nouvelles portes qui s'ouvrent devant lui et lui promet une carrière exceptionnelle. Ainsi, il sera un éminent personnage dans le monde de la finance et devient l'un des acteurs principaux dans la mise en place de la monnaie nationale : la hryvnia, en 1997. Il ne rentrera dans la politique que deux ans plus tard sous la présidence de Leonid Koutchma. Ce dernier le nomme alors au poste de premier ministre.
Brillant politicien et aimé du public, sa côte de popularité grimpe en flèche dans les sondages et sa façon d'agir ne conviendra plus au président malgré les progrès économiques qui sont réalisés. Ce dernier s'allie alors au parti communiste, trois ans plus tard, pour limoger le gouvernement en place pris dans des litiges avec de puissantes firmes énergétiques. Un an près sa démission du poste de chef du gouvernement, ce père de cinq enfants devient le leader de la coalition parlementaire au sein de la Verkhovna Rada, parlement ukrainien et devient donc par la même occasion le leader des opposants, majoritaires au parlement. Cependant, ses efforts pour créer une opposition forte et libre de conflits internes se soldent toujours par des échecs. Grâce aux sondages qui le rendent plus populaire que le président, Victor Iouchtchenko se porte candidat aux présidentielles, il est alors âgé de 50 ans. Il s'inscrit en tant que candidat indépendant face au premier ministre sortant, Viktor Ianoukovytch, et bénéficie du soutien de la coalition électorale « Pouvoir au Peuple » dont le noyau est le groupe Notre Ukraine, une nouvelle coalition.
Toujours cette période, le candidat indépendant commence à présenter des signes d'altération physique. Les médecins de la clinique de Rudolinerhaus de
Vienne dépistent une fièvre herpétique virale mais le candidat pense qu'il a été victime d'une tentative d'empoisonnement. Les professeurs Nikolaï Korpan, Michael Zimpfer et Lothar Wicke rapportent une infection virale grave, cependant, cette infection peut avoir été causé par une présence de substance chimique normalement absente dans les aliments. La maladie laisse des séquelles apparentes sur le visage de Iouchtchenko.
Plus tard, il a été révélé qu'un taux anormalement élevé de dioxine de Seveso, de l'ordre de 1000 fois supérieur à la norme, a été relevé dans son sang. Les soupçons sont conséquents mais aucune preuve ne permet d'établir si la tentative d'empoisonnement a bien eu lieu ou non. La campagne est mouvementée et se solde par un premier tour où les deux favoris, Iouchtchenko et Ianoukovytch, s'en sortent sans la majorité absolue. Le deuxième tour du 21 novembre 2004, surveillé par des observateurs internationaux, est le théâtre de plusieurs irrégularités. Les résultats publiés seront la preuve d'une aberration de fraude électorale car les sondages à la sortie des urnes donnaient Iouchtchenko vainqueur mais au final, Ianoukovytch aurait 6% d'avance sur son adversaire. Ce résultat est contesté et entraîne une grève générale. Un mois plus tard, le 26 décembre, un troisième tour est décrété par la Cour Suprême Ukrainienne. Les résultats de ce dernier tour donnent Iouchtchenko vainqueur à 51,99%. L'ancien comptable prête serment le 23 janvier et prête serment sur la place de l'indépendance de Kiev. Il promet pour sa présidence un libéralisme occidental et de nouvelles dispositions économiques avec en avant la lutte contre la corruption qui est l'une de ses grandes priorités.