Vaccin contre le SIDA : où en sont les recherches ?


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Découvert par les éminents professeurs français Jean-Claude CHERMANN et Luc MONTAGNIER en 1983, lequel a été tout récemment couronné par le prix Nobel de médecine, le VIH ou Virus de l'Immunodéficience Humaine, est le virus responsable de la plus grande pandémie qu'ait jamais connu la société moderne, le SIDA ou Syndrome d'Immuno Déficience Acquise. En effet, selon un rapport de l'ONUSIDA en 2006, le VIH a tué près de 25 millions de personnes à travers le monde en seulement 25 ans, de 1981 à 2006 et en a contaminé près de 38.6 millions, jusqu'en 2006.



Toutefois, un rapport plus récent datant de 2007 semble attester que le nombre de séropositifs a sensiblement diminué pour ne plus culminer qu'à 33.2 millions de personnes. Devant ces données effrayantes, les Nations Unies, de concert avec les Etats du monde entier, n'ont cessé de promouvoir les travaux des équipes de recherche dans la mise au point de remèdes efficaces pour éliminer le virus du VIH et surtout l'élaboration d'un vaccin préventif pour stopper la progression exponentielle de la maladie, notamment dans les pays en développement, bien plus exposés que les autres. Sur le plan de la thérapie, les spécialistes ont connu des avancées majeures depuis l'identification du virus en 1983. Ainsi, des traitements médicamenteux associant plusieurs anti-rétroviraux ont été mis au point récemment et permettent pour l'heure de freiner la réplication du virus dans l'organisme, augmentant ainsi consécutivement l'espérance de vie des séropositifs aux alentours de 35 ans. Toutefois, ces thérapies ne guérissent pas encore totalement du SIDA et présentent surtout de très importants effets indésirables.


Par ailleurs, leur coût assez élevé fait qu'elles sont pour l'heure peu accessibles aux populations les plus vulnérables des pays en développement. Côté vaccin, les scientifiques butent pour l'instant sur de nombreux paramètres malgré de très encourageantes avancées. Faisant en effet partie de la famille des rétrovirus, le VIH est un virus extrêmement complexe et intelligent qui réussit à déjouer le système immunitaire en s'attaquant notamment aux lymphocytes T cytotoxiques qui constituent le rempart central de la défense immunitaire chez l'Homme.

vaccin sida
Ils détruisent ainsi tous les corps viraux et étrangers qu'ils reconnaissent. En détournant par un mécanisme biologique complexe le fonctionnement de ces cellules tueuses, le VIH finit peu à peu par détruire tout le système immunitaire de l'organisme, exposant le patient à toutes sortes de maladies opportunes qui, petit à petit, s'accumuleront et finiront par avoir raison de sa santé, faute de défense immunitaire. Devant ces caractéristiques particulières du VIH, les scientifiques ont déjà découvert la stratégie à suivre pour l'élaboration d'un vaccin préventif efficace. En effet, en étudiant des prostituées kenyanes régulièrement exposées au virus puisqu'elles n'utilisaient aucune protection, les chercheurs ont remarqué que malgré leur exposition répétée au virus, ces dernières n'étaient pas infectées.

Ce qui démontrait que leur organisme secrétait des anticorps spécifiques anti-VIH en plus de posséder également des lymphocytes T cytotoxiques capables de détruire le virus. Sur la base de ces études, les spécialistes ont pu affirmer que pour que le futur vaccin anti-SIDA soit totalement efficace, il faudra qu'il réussisse à induire un double effet immunitaire, à savoir une réponse dite « humorale » se traduisant par la sécrétion d'anticorps anti-VIH d'une part, et une réponse cellulaire se traduisant par la production de cellules tueuses lymphocytes T cytotoxiques, d'autre part.

Pour réaliser ce double objectif immunitaire, les recherches se sont dirigées vers plusieurs pistes. Les premières sont axées notamment sur la mise au point de « vaccins à ADN » dont le principe consiste essentiellement à provoquer l'apparition de cellules tueuses en inoculant un morceau d'ADN du VIH dans l'organisme sans l'intermédiaire d'aucun vecteur. Cette méthode semble porter des résultats assez satisfaisants sur les singes. Cependant, l'inconvénient majeur de cette technique réside dans le fait qu'elle n'est pas totalement inoffensive pour le patient car elle n'empêche pas pour autant la propagation de l'infection. Une seconde méthode utilise par contre ce que l'on appelle un « vaccin à virus recombinant ».
vaccin sida


Le principe cette fois-ci consiste à diffuser une protéine inactive du VIH dans l'organisme grâce à un vecteur, généralement un autre type de virus classique inoffensif ou « maîtrisable ». Induisant ainsi une réponse immunitaire classique, cette méthode présente l'avantage de faire reconnaître aux cellules tueuses les protéines caractéristiques du VIH, les préparant ainsi bien à l'avance, à une coordination adéquate lorsque l'organisme viendrait à être infecté par le rétrovirus.

Testé en laboratoire grâce au virus de la rougeole, d'abord sur des singes, cette technique montra des résultats très satisfaisants sur la population simienne. Elle a par la suite été testée cliniquement sur l'Homme depuis 2002. Néanmoins, malgré ces avancées significatives de la recherche dans le domaine des vaccins contre le SIDA, il faut rester prudent car comme on l'a dit, le VIH est un virus extrêmement complexe qui mute très facilement et s'adapte très vite aux nouvelles situations.

Ainsi, le grand défi des scientifiques pour l'heure, est de trouver le vaccin idéal qui puisse induire une réaction immunitaire intelligente, c'est-à-dire qui puisse provoquer une adaptation de la défense immunitaire face aux possibilités de mutation du VIH, afin que l'organisme stimulé par un vaccin ne reste pas inactif devant un virus muté qui ne présente plus les mêmes bases protéiques ou d'ADN que le virus du vaccin, pour une protection optimale. Cependant, l'étude des prostituées kenyanes a démontré jusqu'ici qu'une telle défense immunitaire optimale est possible naturellement. Reste à la reproduire et à l'induire de façon synthétique !

Le Samedi 15 Novembre 2008 à 09:05
Article écrit par Toli ()


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