Souvent appelés les « hommes bleus » dans une littérature assez dense du fait de la couleur de leur chèche (grosso modo leur foulard très long qu'ils s'enroulent autour de la tête pour les incultes...), les Touaregs du
Sahara sont un peu au désert ce qu'est la
Tour Eiffel à
Paris... On parle d'homme bleus, car la teinture bleue indigo de leur chèche décolore au fil du temps sur la peau de ceux qui le porte. De nos jours, un certain nombre de Touaregs sont métissés avec des populations issues de l'Afrique sub-saharienne.
Dès lors, confrontées à des processus d'assimilation de culture et de langage, mais aussi à une très forte marginalisation politique et économique, les Touaregs ont été conduits à mener des luttes armées notamment dans les années quatre vingt dix. Le résultat sera que de nombreux touaregs abandonneront le nomadisme, qui était un mode de vie ancestral, pour finalement se fixer dans les grandes métropoles qui bordent le désert du Sahara... Les Touaregs, s'ils représentent une unité culturelle, sont cependant répartis en confédérations et en tribus. On compte un peu d'un million et demi de touaregs, lesquels peuplent pas moins de cinq pays du continent africain (l'
Algérie, le
Mali...), dont les limites représentent les seules frontières pour ce peuple nomade qui n'en connaît aucune autre. Ainsi, pendant longtemps, les touaregs ont pu s'affranchir des limites administratives des états dans lesquels ils s'installent. Aujourd'hui, la plupart de ces pays ont pu inculquer aux touaregs les bases du système administratif, avec notamment les normes de douanes et les passeports... Le territoire des touaregs s'appelle le tinariwen, c'est-à-dire, « les déserts ».
Celui-ci est découpé en plusieurs terres, mais le désert à proprement parler a pour nom le Ténéré. Les autres déserts ont chacun des caractéristiques particulières, notamment en termes de surface, d'aridité, de relief, de climat parfois, de végétation. Traditionnellement, les touaregs porte un très long vêtement appelé le « boubou », qui est en fait une étoffe de coton appelée « bazin ». Ils portent aussi le fameux chèche, qu'ils appellent aussi le « taguelmoust », voire le « turban ».
Il s'agit plus précisément d'une sorte de turban d'une longueur totale d'environ quatre ou cinq mètres : on enroule celui-ci autour de la tête, et il sert à protéger le touareg du vent, de la pluie, de la chaleur, du froid, du sable.... On remarquera que l'homme touareg ne quitte à aucune occasion ce chèche ! Celui-ci pourra être de couleur verte, jaune, rouge, ou bleue, pour autant le choix des couleurs ne relève pas du hasard et s'avère porteur d'une symbolique toute particulière. De fait, le blanc servira à montrer un signe de respect lors d'un jour particulier, quand l'indigo servira les jours de fête. Le chèche indigo à la particularité d'être fabriqué à partir de lin, souvent grâce à une complexe méthode de tissage : cela lui vaut notamment d'être plus chaud que le chèche en coton et d'être souvent porté les jours de grand froid. La culture des touaregs est une culture orale, ancestrale, faite de nombreuses légendes et de mythe, lesquels ont façonné avec les siècles une véritable mémoire du désert. Fondamental chez les touaregs, le cérémonial du thé est une façon pour ce peuple tant guerrier qu'hospitalier de prouver leur sens de l'accueil et d'entamer une discussion avec le visiteur de passage.
Il est évidemment d'une impolitesse caractérisée de refuser ce cérémonial : il vous faudra en une telle occasion accepter avec un sourire appuyé le rituel des trois thés traditionnels.