La ville de Taolagnaro est sûrement un des sites historiques les plus populaires de l'île de
Madagascar. Se situant à 1.122 km de la capitale, Antananarivo, elle est la ville la plus importante de la région d'Anosy, située au sud de l'île. Cette presqu'île est un des comptoirs français du XVIIe siècle. En effet, les commis de la compagnie des Indes Orientales : Jacques de Pronis et Foucquenbourg, y ont établi un comptoir au nom de Louis XIII, sous les ordres de Richelieu en 1643.
Ils avaient quitté
Dieppe, sur le « Saint Louis », une année avant pour établir un marché à Madagascar. Au départ, la colonie n'était composée que d'une poignée de naufragés français, sept dizaines de colons envoyés par la Société orientale, débarquant du Saint Laurent et l'équipage du Saint Laurent qui avait coulé le bateau lors du retour en
France. Cette petite collectivité installa le premier campement sur la pointe de Sainte Luce (plus connue sous le nom de la baie de Manafiafy) mais les lieux étaient insalubres, beaucoup d'hommes périrent de fièvre. La décision fut donc prise de transférer le comptoir sur la presqu'île de Tholongar. Le nouveau comptoir fut baptisé :
Fort Dauphin en l'honneur de l'héritier du trône, pour servir de point de ravitaillement sur la route des Indes. Etienne de Flacourt prend la tête du comptoir à la place de Jacques de Pronis en 1648. Ce dernier avait choqué les indigènes en faisant de la traite d'esclaves. Le nouveau dirigeant commence alors à observer les m?urs et les coutumes malgaches et il en tirera un dictionnaire, le Catéchisme et l'Histoire de la Grande Isle de Madagascar.
Il repartira sept ans plus tard avec des bagages culturels, mais sans grand succès pour la mission commerciale. Son départ plonge le comptoir dans le gouffre : l'isolement, les conflits internes et les razzias de la population de la région incitent les colons à partir. En Août 1674, un assaut de la tribu des Tanosy force le reste des colons à se réfugier sur l'île Bourbon (actuelle
île de la Réunion). Le contrôle de la région passe alors aux mains des leaders autochtones qui étaient favorables à la piraterie.
Sous les ordres du comte de Maudave, les Français tenteront de se réapproprier le contrôle du comptoir de 1766 à 1771, mais ce projet sera abandonné quatre ans plus tard. Pourtant, la population locale s'était montrée plus hospitalière envers les étrangers. Il semblerait que l'hospitalité de la population de cette région n'a pas changé depuis. Actuellement, l'économie de cette partie de l'île repose, en effet, sur le tourisme. Cela est compréhensible et normal si on ne prend en compte que sa richesse historique car à part le fort, il y a aussi les sites sacrificiels de la culture Antanosy, le Fort Flacourt (XVIIe siècle) que l'armée malgache est en train de rénover, le fortin portugais de l'îlot de Santa Cruz, érigé au XVIe siècle. La richesse architecturale de l'hôtel de ville, des demeures des missionnaires américains du début du XXe siècle, ainsi que les bâtiments coloniaux du jardin botanique de Nahampohana feront le bonheur des amateurs. Concernant cette réserve, qui se trouve au pied du pic de Saint Laurent et qui possède une flore et une faune endémiques, ce sont donc 67 ha de plaisirs naturels, de rencontres sauvages avec les caméléons ou les tortues, ... Une balade sur la rivière est même proposée.
Des huiles essentielles sont aussi produites dans la réserve, cela fait partie de la conversion d'une station botanique à l'abandon en attraction touristique. Et en tant que réserves ou sites naturels, tous rivalisent d'originalité et de beauté. Les plus remarquables sont la réserve et le musée ethnologique de Berenty où l'on peut trouver plusieurs espèces de lémuriens et une bonne centaine d'espèces aviaires certaines sont endémiques du sud, d'autres n'existent qu'à Madagascar. Le musée, quant à lui, aiguille les touristes sur le folklore et les traditions Antandroy.
Le lac de Vinanibe, le pic de Saint Louis, culminant à 529 m, et les criques de Lokaro ne sont pas en reste. Les autres sources de revenus de la région sont : l'exportation de fruits de mer (
langoustes, crabes et algues séchées) grâce à son port ouvert sur le monde, ainsi que la culture de sisal. Le sous-sol de cette région regorge aussi de pierres et de métaux précieux qui commencent à peine à être exploités. Le seul véritable problème de cette ville est l'accessibilité : elle est difficile à atteindre par la route, mais il y a une correspondance régulière avec la capitale Antananarivo et Tuléar. Depuis peu, des vols vont directement de Taolagnaro vers Saint-Denis de la Réunion et
Johannesburg tous les jeudis.