Autrefois, on élevait ou on achetait des bêtes sur pieds et on récupérait les peaux, le tannage familial étant courant. Trois lapins étaient nécessaires pour avoir une paire de moufles, et trente pour une couverture. Voici comment procédaient nos grands-mères pour fabriquer la fourrure qui garnissait les manteaux. D'abord, il faut bien choisir sa période de tannage. On obtient les plus belles peaux entre octobre et février, car l'animal a son poil d'hiver. Il faut les faire sécher, sur une fourche par exemple, à l'abri du soleil et de l'humidité dans une pièce très aérée. Une fois la peau séchée, on la pulvérise d'antimites pour éviter les envahisseurs puis on la nettoie soigneusement afin d'obtenir un fourreau raide et parcheminé. On bourre la peau de foin ou de paille et on la suspend afin de la faire sécher encore. La partie tannage étant terminée, il faut passer à l'apprêt des peaux pour en faire du cuir ou de la fourrure, une opération délicate. D'abord la coupe de la peau, le but étant d'obtenir une forme rectangulaire et la plus droite possible. On arrive ensuite à la rubrique du trempage, en le faisant précéder d'un bain dégraissant à base de lessive, rincé avec un demi-verre de vinaigre par litre d'eau.
La peau est ensuite laissée à tremper pendant une nuit jusqu'à complet ramollissement puis rincée, lavée à grande eau et essorée. Il faut ensuite décharner la peau pour avoir un bel aspect blanc à l'intérieur. Le procédé est le même pour la fourrure et pour le cuir, une fois qu'il est complètement dépilé, en le laissant tremper quelques instants dans un bain d'eau avec 2 % de sulfure de sodium. Dès que la peau commence à gonfler et les poils à s'enlever, on la rince et on la dépile entièrement.
Une fois sèche, la peau doit présenter les deux cotés complètement lisses pour être utilisée comme cuir. On prépare ensuite un bain de tannage, avec 300 grammes de sulfate d'alumine, la même quantité d'alun et 500 grammes de gros sel de cuisine pour un seau de dix litres d'eau tiède. Il faut savoir que trente litres d'eau sont nécessaires pour tanner vingt quatre peaux de lapins et que le récipient doit être en bois pour résister aux produits chimiques. Le trempage dure trois jours et les peaux doivent être soigneusement immergées et remuées chaque jour. Au bout de trois jours, on lave les peaux à grande eau, on les sèche grossièrement et on les assouplit avec un palisson bricolé avec une lame de hache utilisée comme grattoir. Il reste encore ensuite à nourrir la peau avec un mélange d'huile végétale entre 2 et 5 % et d'essence pour le reste. Le travail consiste à assouplir la peau et la lisser (des deux cotés pour le cuir ; d'un seul pour la fourrure) en alternant huilage et lissage pour obtenir une épaisseur et une texture uniforme. La finition consiste en appliquant du talc sur toutes les surfaces lisses et le peignage des poils coté fourrure.
Tous ces conseils doivent être pris pour information, il est conseillé de bien se renseigner sur les produits que l'on utilise tout au long de cette préparation et d'être extrêmement prudent avec les outils...