Les maladies sexuellement transmissibles encore appelées
maladies vénériennes désignent les infections transmissibles par les rapports sexuels. Les tabous sociaux et religieux qui en font des « maladies honteuse » expliquent la méconnaissance et la négligence individuelle qui retardent souvent les progrès de la thérapeutique. Tout comme le
sida, la
blennorragie, la syphilis fait partie de ces maladies.
Encore appelée vérole, la syphilis est donc cette maladie infectieuse due à un microbe appelé tréponème, qui pénètre dans l'organisme grâce à une petite excoriation cutanée muqueuse. La syphilis évolue de façon cyclique en plusieurs stades : la période d'incubation qui dure une vingtaine de jours en moyenne se situe entre le moment de la contamination et l'apparition de la première lésion silencieuse. Le deuxième stade de la syphilis correspond à la période primaire qui est représentée par un chancre et son adénopathie qui siège au point de l'inoculation. Le chancre est une petite érosion ou ulcération de la peau ou de la muqueuse mettant à nu le derme. Le chancre est généralement situé au niveau de la vulve mais aussi parfois sur le pubis, la région anale, l'amygdale, la langue, les lèvres... C'est à ce stade de la syphilis qu'il est important de faire le diagnostic, car, traité, le chancre disparaît en quelques jours. Non traité, il permet l'invasion de l'organisme par le tréponème et le chancre lui-même disparaît en trente à quarante jours.
La période secondaire de la syphilis correspond à la dissémination de l'affection et est caractérisée par des lésions cutanées qui fourmillent de germes : la roséole, des lésions des organes génitaux, de l'anus, des commissures des lèvres, des ganglions multiples, une chute de cheveux derrière les oreilles... cette période peut s'étaler sur deux ans. La période tertiaire de la syphilis groupe les accidents qui surviennent à partir de la deuxième ou troisième année de la maladie.
A ce stade, tous les tissus, tous les organes peuvent être atteints en particulier le coeur et l'aorte, le système nerveux laissant de redoutables séquelles. Le diagnostic de la syphilis est possible grâce à deux types d'examen : la mise en évidence par l'ultramicroscope du tréponème dans les lésions suspectes et les techniques de réactions sérologiques qui détectent les anticorps spécifiques dans le sang. La pénicilline constitue le traitement le plus efficace et le plus rapide pour soigner la syphilis bien que le tréponème soit sensible à la plupart des
antibiotiques. Le principe du traitement est l'administration de l'antibiotique par cure jusqu'à ce que les réactions sérologiques deviennent négatives. Sachez aussi que contrairement à certaines idées reçues, la syphilis n'est pas une maladie héréditaire.
Il s'agit dans certains cas d'une maladie congénitale actuellement rare grâce au dépistage systématique dès le troisième mois de
grossesse par des tests de réactions sérologiques.