Le Syndrome de Cotard : grave syndrome délirant. Décrit en 1882 par le neurologue français Jules Cotard, le syndrome de Cotard, est un rare état délirant à thématique hypocondriaque survenant au cours de cas dépression grave, appelés « syndromes mélancoliques ». Le terme de délire, en psychiatrie, peut désigner deux états : d'abord, un désordre temporaire des facultés mentales, pouvant survenir après une forte fièvre (hyperthermie) ou une ingestion massive d'alcool (intoxication alcoolique aigüe), et deuxièmement, le développement chez un individu d'une conviction inébranlable, qui n'existe que dans son propre psychisme et par conséquent incompréhensible pour son entourage, la personne concernée conservant toutefois son intégrité intellectuelle. Le syndrome de Cotard survient en majorité chez les sujets âgés, en état de dépression très sévère. Il accompagne les symptômes de cette dépression de troubles de la perception de l'esprit et du corps : le sujet ressent des impressions d'immortalité, de damnation, de négation du corps : le sujet pense ne pas avoir de corps ou être déjà mort. Il pense également que certains de ses organes ont disparu, n'existent pas, sont « bouchés » ou « transformés en pierre ».
Il a également la conviction que la forme ou la fonction de ses organes ont changé. A ces symptômes s'ajoute une idée d'incurabilité, ce qui différencie clairement ce syndrome de l'hypocondrie névrotique, beaucoup plus courante, qui consiste pour celui qui le ressent à être obsessionnellement préoccupé par son état de santé et à consulter très fréquemment. Le malade du syndrome de Cotard ne consulte pas puisqu'il ne pense pas pouvoir être guéri.
Ce délire nécessite d'urgents soins hospitaliers spécialisés car le risque suicidaire pour le malade est maximal : en effet, en plus de sa tendance à négativer toute chose, ses idées de culpabilité, d'indignité, son irritabilité constante et son retrait progressif de la vie sociale, liés aux syndromes mélancoliques, s'ajoutent une tendance aux mutilations volontaires et à la dénutrition, et des prises de risque inconsidérés liés à son délire d'immortalité et de négation du corps. Le traitement de ce syndrome fait appel à une association de neuroleptiques et d'antidépresseurs. La réponse thérapeutique aux médicaments traitant le système nerveux central (psychotropes) peut durer plusieurs semaines (en majorité entre 5 et 10). Le protocole le plus souvent suivi est le suivant : 1) Utilisation de neuroleptiques jusqu'à diminution voir disparition des idées délirantes. 2) Arrêt des neuroleptiques jusqu'à obtention d'une humeur normale. 3) Utilisation des antidépresseurs poursuivie au moins pendant une année. Certaines équipes médicales (spécialisées en neuropsychiatrie) utilisent l'électrochoc (sismothérapie).
Parfois cet outil thérapeutique ne peut être entrepris dans la mesure où existe des contre-indications liées à l'
anesthésie générale et aux pathologies cérébrales que présente le malade, surtout si celles-ci sont évolutives. Les effets indésirables passagers seront les troubles de la mémoire et le risque de confusion, également passager. Une prise en charge psychothérapeutique est nécessaire non seulement pour le patient mais également pour son entourage.
qui n'existe que dans son propre psychisme
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