Supertramp tire son nom du roman « Autobiography of a Supertramp » (« L'autobiographie d'un super-clochard ») publié par William Henry Davies en 1908. L'histoire du groupe est celle d'une rencontre avec un millionnaire néerlandais, Stanley August Miesagæs, qui deviendra le mécène du groupe et lui ouvrira les portes de la reconnaissance. Au départ, Miesagæs, assistant à une représentation de The Joint, mené par le chanteur et joueur de clavier Rick Davies, s'enthousiasme devant le talent de l'artiste et s'engage à le produire et à financer son matériel. Sous l'impulsion du millionnaire, Rick Davies fonde un nouveau groupe, Supertramp, après avoir passé une annonce dans un journal en vue de recruter des musiciens. Le guitariste et chanteur Roger Hogdson, encouragé par sa mère, se présente à une audition et subjugue Rick Davies qui l'engage de facto. Autour de ces deux piliers au génie créatif sans bornes, le groupe voguera de succès en succès, même si les débuts du groupe, qui propose une musique complexe et assez hermétique, sont peu remarqués.
Les tensions entre les membres originaires du groupe (Rick Davies et Roger Hogdson donc, ainsi que Richard Palmer et Robert Millar), et la recherche d'un succès toujours plus important, expliqueront les nombreuses modification de la structure du groupe, faisant que la biographie Supertramp est aussi difficile à suivre que la musique qu'ils jouent à leurs débuts. Le premier album éponyme du groupe, enregistré de nuit entre minuit et six heures du matin, est loin d'être un succès, et fait plus parler de lui pour sa pochette (une opulente poitrine tatouée) que pour sa musique.
Déçus par la relative indifférence entourant leurs travaux et fascinés par la réussite insolente de The
Beatles, Rick Davies et Roger Hogdson décident de proposer des compositions pop-rock plus accessibles tout en recrutant de nouveaux musiciens. A cette époque, l'influente tutelle économique de Miesagæs est rompue, et le groupe se découvre plus libre. L'album « Crime of the century » sorti en 1974 est un tournant dans la biographie de Supertramp et regorge de tubes, comme « School » ou « Dreamer », devenu l'hymne du groupe. Le succès, aussi bien critique que commercial, transforme le groupe et l'inscrit au panthéon des étoiles de la musique rock anglaise. La longue tournée mondiale qui s'en suit est elle aussi une réussite et fédère une base importante de fans. L'album suivant, « Even in the Quietest Moments » est ainsi rapidement disque d'or, relayé par le single « Give a Little Bit », et le groupe repart pour une nouvelle tournée toujours plus importante. En 1978, Supertramp publie un nouveau disque, « Breakfast in America » dans lequel il égraine les tubes comme « The Logical Song » ou « Goodbye Stranger ». L'album se vendra à 16 millions d'exemplaires mais marque paradoxalement le début de la fin pour Supertramp.
En effet, les tensions et la routine s'installent au sein du groupe et ses membres décident de faire une pause indéterminée. Roger Hogdson quitte même définitivement le groupe qui reprendra ses activités en 1983 sans connaître les succès des temps passés. Le dernier album du groupe, « Slow Motion », sort en 2002 et peu de nouvelles filtrent au sujet d'un nouveau disque. Mais Supertramp n'a pour autant pas disparu. Roger Hogdson, principal artisan du succès du groupe, se dit prêt à reprendre l'aventure. Si aucun album n'est évoqué, une nouvelle tournée pourrait voir le jour courant 2010.