Le Soudan, situé au Nord-Est de l'Afrique, est le plus grand du continent africain en superficie avec 2,5 millions de km², devant l'
Algérie qui couvre une superficie de 2,3 millions de km². Il possède des frontières avec la
Libye et l '
Égypte au Nord, l'Érythrée et l'
Éthiopie à l'Est, le
Kenya, l'
Ouganda et la
République démocratique du Congo au Sud, la République centrafricaine, le Tchad à l'Ouest. Le pays possède également une frontière naturelle sur la mer Rouge, d'une longueur d'environ 750 km.
Il est traversé de part en part par le
Nil, l'élément vital du pays. Le Nil Blanc fournit l'eau en période de sécheresse, mais les inondations sont le fait du Nil Bleu. Khartoum, la capitale depuis 1983, se trouve à l'endroit où le Nil Bleu rejoint le Nil Blanc. Le pays est composée d'une très grande plaine, dont l 'altitude varie de 300 à 1 200 mètres. Ce plateau est entouré à l'Est et à l'Ouest par des chaînes montagneuses : en bordure de la
mer Rouge, à l'Ouest dans la province du Darfour avec le Djebel Marra qui culmine à 3 071 mètres et au sud dans les monts Imatong où l'altitude maximale est atteinte au mont Kete, à 3 187 mètres. L'agriculture est la principale activité économique du pays, mais seulement 18 % des terres cultivables sont actuellement exploitées. Les principaux produits agricoles sont la gomme arabique, dont le Soudan est le premier producteur mondial et le
sorgho qui représente 48 % des terres cultivées. Mais le pays produit également du millet, de l'
arachide, des bananes et du sucre. L'élevage, de bovins et ovins, est très développé, avec respectivement le13ème rang mondial et le 16ème rang mondial.
La population est composée d'une vingtaine d'ethnies dont la plus importante est celle des Arabes, suivie des Dinkas, des Béjas, des Hamars, des Zandes, des Nuers, etc. On recense également une importante communauté de réfugiés Érythréens, Éthiopiens, Tchadiens, Ougandais et Congolais. Le Soudan est donc un pays où on dénombre plus de 125 langues. L'arabe et l'anglais sont les deux langues officielles. Le Soudan peut être divisé en deux parties : les deux tiers de la superficie, au Nord du pays sont majoritairement peuplés de musulmans sunnites d'origine arabe.
Le Sud abrite, quant à lui, de nombreuses tribus de Noirs africains, majoritairement chrétiens (catholiques, protestants, coptes) et animistes. Un conflit de longue date qui oppose le Nord et le Sud du Soudan a officiellement pris fin en janvier 2005, avec la signature de l'Accord de paix global entre le gouvernement central et la rébellion sudiste. Le 5 mai 2006, le gouvernement du Soudan et les membres du Mouvement de libération du Soudan, ont signé l'Accord de paix du
Darfour à Abuja au
Nigeria, lors des pourparlers de paix coordonnés par l'
Union africaine (UA). Cette guerre civile, entre les milices arabes et la population noire africaine, a ravagé la région du Darfour (Darfour du Nord, Darfour du Sud et Darfour occidental). Les conséquences de cette catastrophe humanitaire qualifiée par les
Nations unies de «nettoyage ethnique», sont plusieurs milliers de personnes et un exode massif de réfugiés au Tchad. Les pénuries alimentaires et d'eau sont fréquentes et l'espérance de vie n'est que de 56 ans. Cette catastrophe trouve son origine dans l'histoire du pays qui se confond avec celle des Arabes et de l'
islam et de la
Grande-Bretagne.
Du VIe au XVIe siècle, la nation soudanaise s'est façonné une double identité, d'abord chrétienne, puis arabo-musulmane. En 1898, le Soudan passe sous contrôle de l'Empire britannique, qui hérite des conflits entre Arabes, au Nord et Noirs-Africains, au sud. Après la
Seconde Guerre mondiale, les Britanniques commettent une erreur de stratégie : les partis sudistes sont marginalisés et le pouvoir est monopolisé par les partis nordistes. Le Soudan devint un État indépendant le 1er janvier 1956.
et l'élite nordiste, s'empare du pouvoir et impose ses options politiques au nom d'une «unité nationale», qui n'a jamais existé. Le Nord prône l'intégration par l'arabisation et l'islamisation de toute la société soudanaise et le Sud préconise le pluralisme culturel et religieux. En 1970, un coup d'État militaire instaure un nouveau régime qui décide de rejeter l'idéologie traditionaliste du Nord. En1972, l'accord d'Addis-Abeba, signature entre la rébellion sudiste et le gouvernement de Khartoum, instaure un État fédéral au Soudan. Le Sud possède alors un statut d'autonomie, les forces rebelles du Sud sont intégrées dans l'armée nationale et un effort particulier de développement est consenti en faveur du Sud. En 1977, le gouvernement déclare à nouveau son intention d'islamiser le Soudan avec l'introduction de la Charia (loi islamique avec interdiction de l'alcool, amputation des membres des voleurs, lapidation des femmes adultères, etc.). L'accord d'Addis-Abeba est bafoué et les projets de développement en faveur du Sud sont abandonnés. L'arabisation forcée implique l'abandon des langues ethniques qui doivent être remplacées par l'arabe, ainsi que toutes les religions remplacées par l'islam. C'est, à nouveau, le début d'une guerre qui civile qui dure maintenant depuis quarante ans ....