Le SMIC est une garantie de pouvoir d'achat pour les salariés dont les revenus sont faibles, car il représente la limite inférieure absolue de rémunération, quelque puisse être les modalités de celle-ci (communément de manière horaire, ou encore à la commission, au pourboire, etc). La France possède un Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC) depuis les années 1970, succédant ainsi dans les faits et dans l'idée au SMIG (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti) qui avait été instauré dans les années 1950.
La différence entre ces deux formulent portent sur la façon de les revaloriser : alors que le SMIG ne permettait pas une progression du pouvoir d'achat, c'est le cas du SMIC dont la progression est plus rapide que celle des salaires moyens. Cependant, alors que les smigards étaient de moins en moins nombreux grâce à la logique économique qui était à la base de ce principe de salaire garanti, le nombre des smicards, lui, augmente du fait de la baisse des charges par l'état sur les bas revenus (dont le SMIC fait partie). Ainsi le montant brut du SMIC horaire est de 8,44 euros par heure pour le 1er juillet 2007 (1280,07 euros pour la durée légale de travail de 35 heures) - date qui marque la revalorisation annuelle du SMIC. Cette revalorisation du SMIC se fait de manière mécanique, mais peut aussi bénéficier d'un « coup de pouce », qui est un acte décidé de façon politique et allant dans le sens des politiques de l'emploi mises en place par les différents gouvernements. Lors de la dernière campagne présidentielle, le thème du SMIC à 1500E avait d'ailleurs été adopté - tant au niveau des partis politiques que des syndicats - montrant bien l'impact de ce salaire minimum dans la vie économique.
Les
entreprises sont, elles aussi, concernées par ce SMIC : en plus du salaire brut, elles doivent verser des cotisations sociales particulières pour chaque smicard. Ce sont ces cotisations sociales qui font régulièrement l'objet de discussion : doit-on les supprimer au risque de généraliser le recours au SMIC ou les maintenir pour relancer l'emploi ? Relevant donc purement de la politique économique intérieure, il n'y a pas d'harmonisation européenne d'un SMIC ou d'un éventuel salaire minimum.
La question d'un SMIC allemand a récemment été débattue outre-rhin, mais elle s'est heurtée à une fin de non recevoir de la part de la CDU (parti allemand chrétien-démocrate, centre droit). De manière générale, on peut dire que le salaire minimum (qui n'est pas le SMIC, mais un salaire moyen minimum perçu par les salariés, une fois pris en compte les avantages en nature et autres primes) est plus important en France que dans les autres pays de l'OCDE. Mais le SMIC n'est pas la seule solution au maintient du pouvoir d'achat des salariés français : la prime pour l'emploi est jugée par les politiques libérales moins néfaste que le SMIC. Mais il ne faut pas oublier que le SMIC permet par exemple une rémunération décente des jobs étudiants, là où la prime pour l'emploi serait inefficace. Un arsenal assez étoffé d'allocations, de réductions d'
impôts ou bien encore de nouveaux contrats (tels que les emplois jeunes) a été testé ces dernières décennies face à la monté du chômage, mais il semblerait que le remède « miracle » qui fasse consensus politique n'ait pas encore été trouvé.
Le SMIC reste donc pour le moment un moyen (discuté) de maintenir un certain niveau de compétitivité nationale et internationale des entreprises française, tout en évitant le dumping social tant redouté par les syndicats - rôle tenu pour la catégorie des sans emploi par le
Revenu Minimum d'Insertion (RMI) qui permet un pouvoir d'achat minimum à toute personne, même sans emploi.