Madagascar est réputée pour la beauté de son île, et également, pour sa richesse et son fort potentiel en faune et flore. Ces potentiels sont exploités par les artisans afin d'apporter leur contribution au développement économique du pays. Toutes les plantes sont transformées en meubles, en objets de décoration originale, en habits ou en accessoires. Le raphia est l'une des plantes les plus travaillées actuellement dans toute l'île et les produits finis envahissent le marché local, tout en faisant la conquête du marché international.
Le raphia est un palmier, dont les feuilles, qui sont les plus grandes de toutes les espèces existantes, produisent des fibres. De l'ordre des Arecales, de la famille des arecaceae, le raphia originaire de Madagascar est aussi dénommé "Raphia ruffia", ou "Raphia farinifera". Il ne pousse pas vite, mais au fil des ans, sa taille peut atteindre jusqu'à 25 mètres de longueur et 4 mètres de largeur. Cet arbre pousse dans les milieux marécageux et au bord des fleuves. C'est surtout sur les côtes du pays, plus précisément, à Antsiranana, à Mahajanga, à Morondava et à Fianarantsoa qu'on les rencontre le plus. Il ne produit de fruits qu'au bout de 25 années environ, mais la fibre textile provenant de cette plante est très solide et très résistante. Par conséquent, le raphia est surtout utilisé pour la fabrication de ficelles, de cordages, de chapeaux, de tissus d'ameublement et de sacs. L'artisanat en raphia définit l'identité artisanale et culturelle de Madagascar. De ce fait, plusieurs familles vivent de la production et de la transformation du Raphia farinifera. Comme les produits finis sont destinés à être vendus aussi bien dans le pays qu'à l'étranger, la présentation de la matière varie selon la destination et l'utilisation.
Il peut être naturel, avec une couleur entre le blanc et l'ivoire, ou teinté, il peut aussi être tressé ou tissé, et associé avec d'autres matières. Pour la fabrication des "sobika" ou sacs en raphia, il est présenté sous forme de tissu. Il est à noter que tous les traitements, comme pour la matière et le produit, sont naturels. Le procédé utilisé pour la confection de ces sacs est manuel, d'ailleurs tout se fait à la main dans l'artisanat malgache. Les travaux se font tout de même à la chaîne et en série comme dans les entreprises.
Tous les artisans ont eu une formation spécifique pour la confection, la teinture, le tissage et la transformation et ils travaillent généralement chez eux. La transformation proprement dite commence à partir de la rabane, qui est le tissu formé à partir du raphia tissé. Les "sobika" en raphia sont très riches en couleurs et sont conçues remarquablement sous différentes formes et tailles. Les sacs en raphia peuvent servir à beaucoup de choses : pour faire les courses, pour aller en pique-nique, pour aller au bureau, ou même pour se parer à l'occasion des cérémonies. Produit naturel par excellence, il peut être associé à la soie pour la confection des habits traditionnels malgaches, appelés jabo landy. Actuellement, la créativité et l'invention des mains talentueuses des malgaches font du raphia un objet très prisé sur le marché mondial.
Ils utilisent des graines (lentilles,
clous de girofle, etc.) pour la décoration des anses des sacs. Ils décorent les sacs en raphia en brodant des tiges de
cannelle, en y fixant des coquillages, des boutons en corne, etc. Tous ces petits objets font la différence car ils définissent mieux l'originalité des produits. La production des sobika en raphia se fait maintenant à l'échelle internationale et la qualité devient encore plus concurrentielle. Ce sont des produits entièrement naturels, mais les matières premières commencent à se raréfier.
Effectivement, l'exploitation du raphia est plutôt destructive et irrationnelle du fait que la ressource endémique n'est pas remplacée. La filière artisanale du raphia est professionnalisée au niveau de la fabrication, mais pas au niveau des productions de matières premières. Or, ces deux choses devraient faire route ensemble. Il faudrait qu'un cadre légal et règlementaire régisse la gestion des ressources, afin qu'elles soient toujours disponibles et que leur exploitation n'affecte pas l'environnement. Pour ce faire, il faudrait mettre en place des partenariats durables avec des producteurs responsables. Il faudrait informer toutes les personnes concernées par la filière, des producteurs aux artisans, de l'avantage d'avoir toujours à portée des mains des matières premières en abondance et de qualité, et les sensibiliser sur les bénéfices que cela entraîne.
L'artisanat est un métier à haut potentiel, mais il faut travailler dur pour que cela le reste. C'est un métier qui mérite un avenir des plus brillants, car nombreux sont les familles qui en font leur gagne-pain avec la confection des objets d'art et de sobika en raphia. La production à l'échelle internationale implique l'autorité de l'Etat, qui est seul à pouvoir fournir les infrastructures nécessaires pour la professionnalisation de la filière.
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