Le RAID : Recherche Assistance Intervention Dissuasion ou l'élite de la police


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C'est dans les années 70 que la France se posa la question de l'élaboration d'un corps d'élite qui pourrait répondre aux situations les plus graves telles que les prises d'otages, l'interpellation d'un forcené ou les arrestations à haut risque. Idée à laquelle de nombreux fonctionnaires de police étaient défavorables car le risque de pertes de vies humaines serait considérable et les investissements de même. Cependant, un événement va précipiter les choses.



Et, après un scepticisme général, la majorité des unités antiterroristes du monde ont été créées à la suite de l'alarmante prise d'otages de Munich, le 5 septembre 1972. Ce jour là, le village olympique fut l'objet d'une attaque d'un commando palestinien, surnommé Septembre Noir. Après des années de gestation, les premières personnes à vraiment soutenir la mise sur pied du RAID furent les commissaires messieurs Broussard (chef de la fameuse brigade anti-gang) et Lambert, et madame Mancini, ainsi que le ministre de l'intérieur Pierre Joxe. Ce rapprochement entre policier et politique fut une grande réussite. Malgré les détracteurs, le 3 octobre 1985, l'unité du RAID (Recherche, Assistance, Intervention et Dissuasion) fut créée. Un décret précisant l'utilisation et la configuration de cette unité fut alors rapidement rédigé. Le RAID a été rattaché à l'UCLAT en 1988.


L'UCLAT (unité de coordination de la lutte anti-terroriste), fondée le 8 octobre 1984, a pour mission la coordination des relations entre police française et polices étrangères et elle gère aussi les antennes des polices étrangères installées en France. Le terrorisme ayant pris une dimension internationale, il était donc vital de disposer d'une police capable de communiquer et d'échanger des informations avec ses homologues étrangers. L'important événement de la lutte anti-terroriste en Europe fut la création en 1992 d'EUROPOL, grâce au traité tant décrié de Maastricht.

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La création du RAID et parallèlement du GIGN (Groupement d'Intervention de la Gendarmerie Nationale) a permis de compenser les lacunes de la France en matière de groupe d'intervention. Dans des années 80, les attentats étant en très nette augmentation, l'arrivée du RAID s'est avérée plus que nécessaire, dotant le pays d'une force capable de s'opposer à ces actions. L'essentiel étant préservé, ne pas mettre en danger la vie des enquêteurs, qui autrefois intervenaient eux-mêmes. Le RAID a été mis sur pied en même temps que de nombreux groupes d'intervention français ou européens comme le GSG-9, le SEK et le NOCS. Le RAID est, en premier lieu, affecté au soutien de l'UCLAT.


Puis, l'unité d'élite s'occupe avec un grand professionnalisme des missions de protection de hautes personnalités bien qu'une unité spécifique (SPHP - Service de Protection de Haute Personnalité) en soit déjà chargée. L'unité peut aussi apporter une aide technique à d'autres services ou tout simplement donner des conseils pour une arrestation. Cette unité d'élite de la police a pour champ d'intervention l'intégralité du territoire français.


Le RAID peut également prendre le relais du GIPN (Groupe d'Intervention de la Police Nationale) qui, malgré son grand professionnalisme, ne peut pas faire face à toutes les situations, par manque de matériel ou de personnel. Le RAID est employé sur recommandation de la DGPN (Direction Générale de la Police Nationale) à la demande des préfets, procureurs de la République, directeurs et chefs de service de police. Le RAID ne fonctionne que sous le commandement explicite de sa hiérarchie, et il n'a pas de compétences judiciaires sur les faits pour lesquels il intervient. Mais, il est seul instigateur des conditions de son intervention : pertinence, amorce, moyens à mettre en oeuvre et déroulement de l'opération.
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Lorsque le RAID et le groupe d'intervention de la Police Nationale (GIPN) local agissent de concert, le chef du RAID ou l'un de ses adjoints devient le responsable de l'ensemble de l'unité d'intervention élaborée pour l'occasion. Cette unité d'élite est divisée en plusieurs sections. La plus connue de l'unité, celle que l'on voit le plus souvent est composée des Groupes d'Assaut. Elle a pour mission toutes les interventions, filatures et recherches d'informations. Dirigée par un chef de brigade, ses membres peuvent être amenés à rester plusieurs jours dans une cache pour attendre le "top action". Les interventions en elles-mêmes demandent un entraînement très poussé. Le RAID intervient en moyenne une à deux fois par semaine. Tous les membres en service doivent résider à moins de 30 minutes de la base. Bien évidemment, la rapidité est un facteur très important lors des interventions. Tous ces policiers ont donc la faculté de traiter dans l'urgence des cas le plus souvent désespérés. La deuxième section du RAID est constituée de scientifiques, d'armuriers ou d'experts en explosifs. Ils réalisent des essais afin de fournir le matériel toujours à la pointe de la technologie aux policiers. La cellule Négociation est composée de psychologues, psychiatres et anciens policiers qui ont été très souvent au contact de déséquilibrés ou forcenés, possédant ainsi une expérience de terrain indispensable pour cerner l'entièreté de la situation. Le recueil d'informations est la première mission de ces hommes, puis vient celle de persuader l'individu de se rendre. Ils tentent avant tout de créer un lien affectif avec le suspect. Ils se remplacent très souvent, pour éviter d'être à leur tour victimes du syndrome de Stockholm. La cellule de Sélection et Formation est chargée de faire passer les examens aux nouvelles recrues et de remettre à niveau les membres actuels. Elle se doit d'être innovante et de rechercher de nouvelles épreuves afin de ne pas favoriser les candidats ayant participé aux sélections de l'année précédente. L'organisation des entraînements est une de leurs tâches les plus importantes, ceux-ci devant être les plus réalistes possibles. Les policiers de la section doivent connaître toutes les stratégies d'intervention et les expliquer à leurs collègues de la 1ère section. Ils peuvent aussi prendre contact avec d'autres groupes d'intervention afin d'exposer leurs méthodes. Pour pouvoir intégrer le RAID, le policier doit être âgé de 25 à 35 ans et être agent de la police nationale depuis au moins 5 ans voire 3 ans à titre exceptionnel. Il faut bien sûr, s'attendre à des épreuves très intenses tant physiques que psychologiques. Les salaires sont de l'ordre du top secret puisque les membres de ce corps d'élite ne doivent surtout pas divulguer leur identité au grand public.

Le Jeudi 19 Avril 2007 à 11:09
Article écrit par tounsredac ()


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Il y a 4 commentaires pour cet article :

 Ipfix a écrit [18/07/2007 - 17h38] 
Ipfix

Des hommes et des femmes d'un grand courage et d'un grand sang froid !




 pat7800 a écrit [04/11/2007 - 22h51] 
pat7800

"Les salaires sont de l'ordre du top secret puisque les membres de ce corps d'élite ne doivent surtout pas divulguer leur identité au grand public."
Je vois pas en quoi le fait de ne pas donner son identité interdirait de connaître le salaire de ses hommes courageux. Pourquoi est-il top secret alors pour les unités d'élites de la gendarmerie on peut connaitre ces montants (ils sont également sous le régime de non divulgation de leur identité au grand public).




 Niico91 a écrit [23/01/2009 - 18h44] 
Niico91

Peut ont tenter le concour du RAID en étant dans la gendarmerie ? Ou faut il obligatoirement être policier ?




 kevin59125 a écrit [18/10/2010 - 03h31] 
kevin59125

cela ne doit pas etre divulguer aux grand publique , mais ces homme et femme , sont facilement remarquer , c'est comme tout , il faut savoir lire entre ligne pour savoir ce qui s'y cache ... je vous laisse chercher , enfin bréf , ces homme et femme , font preuve de beaucoup de courage





J'aurais aimer être un Gendarme




liberté , égalité , fraternité ce sont des grand mots , qui malheureusement ne sont toujours pas respecté



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