Les côtes au large de la
Somalie constituent une zone très dangereuse pour la navigation maritime, cela depuis le début de la guerre civile, en 1990, qui a ravagé ce pays. Cette zone est ainsi devenue l'une des plus menaçantes au monde, car de nombreux actes de pirateries y sont perpétrés à l'encontre d'embarcations ou de navires occidentaux. On croirait vraiment revenir au temps des corsaires et des pirates.
La corne de l'Afrique est pourtant un lieu important de trafic international car elle relie l'Extrême-Orient à l'Europe par le biais de la péninsule arabique pour rejoindre le
Canal de Suez. Les actes de pirateries s'intensifient car l'Etat somalien, faute de moyens et surtout de reconnaissance de son pouvoir, n'arrive pas à contenir la puissance et le nombre de ces pirates des temps modernes. La guerre civile et la relative faiblesse de cet Etat constituent des facteurs favorables pour les pirates, anciens militaires ou pêcheurs disposant d'embarcations légères et d'armes lourdes AK 47 ou RPG-7qui sont les plus utilisées durant les attaques. Face à la recrudescence de ces actes de piraterie, la communauté internationale a réagi en envoyant diverses missions en inspection et surtout en escortant les navires les plus vulnérables et les cargaisons sensibles. Les navires transportant des ravitaillements pour la Somalie, par exemple ceux du
Programme Alimentaire Mondial, et ceux des grandes entreprises sont les plus ciblés par les pirates.
Ces navires de ravitaillement sont pourtant tellement nécessaires aux somaliens car ils leur rapportent le peu de nourriture dont ils ont besoin et qu'ils peuvent se permettre. Mais ils n'épargnent pas non plus les voiliers qui voguent sur ces mers et qui constituent souvent des sources de revenus pour les malfrats, en demandant des rançons aux familles ou aux assureurs de leurs victimes du jour.
L'exemple du Ponant en illustre les moyens mis en oeuvre par les pirates : ils ont capturé les passagers qui naviguaient tranquillement avec leur voilier et ont ensuite demandé une rançon pour leur libération. Ces actes sont nombreux et illustrent la volonté de ces personnes de gagner de l'argent aux dépens des autres. Heureusement, l'enquête officielle aurait permis de mettre la main sur des personnes suspectes d'avoir participé à la prise d'otage de ce voilier. L'Etat français veut ainsi lancer un avertissement à ces bandes de malfaiteurs, en obtenant de la Somalie que les pirates soient jugés en
France. Ainsi, ils encourent la condamnation à perpétuité si les faits dont on les accuse sont avérés. La France veut réveiller la communauté internationale concernant ces actes de piraterie qui mettent en péril le trafic régional, en l'incitant à mettre en place une force internationale pour surveiller et sécuriser cette zone.
Le procès de ces six présumés pirates peut faire date dans l'histoire, il pourrait éventuellement faire jurisprudence et pourrait constituer un exemple pour les autres victimes, malgré le fait que de nombreuses zones d'ombre subsistent quant à l'attaque de ce voilier de luxe : les motivations, le déroulement de l'acte... Mais la pauvreté et le chômage incitent souvent les anciens pécheurs ou marins somaliens à se convertir à la piraterie, car ils peuvent toucher de véritables jackpots avec les navires étrangers.
L'exemple de la cargaison du cargo ukrainien « Faina » montre le butin que les pirates peuvent saisir lors d'une campagne : 33 chars lourds de fabrication russe avec la prise d'otage de 20 membres d'équipages de nationalités différentes. Les pirates ont réclamé une rançon astronomique de 20 millions de dollars. Les rançons sont demandées aux familles des victimes ou aux assureurs. La marine américaine a bien tenu en respect les preneurs d'otages mais elle ne peut risquer la vie des otages. Cette situation démontre à quel point les pirates n'ont plus froid aux yeux, car l'enjeu pour eux est de taille : de l'argent pour construire ou reconstruire leur vie. Ainsi, cette zone géographique est souvent le théâtre d'affrontements entre la force internationale par le biais du Combined Task Force 150 et les pirates. Ces derniers ne reculent pas, même face à la force de frappe de la marine américaine, comme durant la nuit du 18 mars durant laquelle un affrontement épique a opposé cette marine à des pirates. La différence était de taille mais la détermination et la volonté étaient du côté des malfaiteurs. Malgré la présence de force internationale dans cette zone, il est fort à parier que ces actes vont de plus en plus prendre beaucoup plus d'ampleur, car les échanges internationaux y occupent une place importante actuellement.