Il est issu d'une famille relativement riche, s'inscrivant dans la bourgeoisie provinciale de l'époque : d'abord à la tête d'une chapellerie, son père devient rapidement acquéreur d'une banque à laquelle il donne le nom de « banque Cézanne et Cabassol ». Dès ses plus jeunes années, Paul Cézanne fait preuve d'aptitudes pour le dessin. Sur les bancs du
Collège Bourbon, il sympathise avec un certain
Emile Zola, avec lequel il entretiendra de puissants liens d'amitié jusqu'à ce que la parution de l'
oeuvre (en 1885) ne vienne semer la discorde entre les deux amis d'enfance, Cézanne digérant mal sa ressemblance avec un des personnages de l'ouvrage. Rappelons pour clore cette digression le cynique mot du littérateur à propos de son acolyte : « Paul peut avoir le génie d'un grand peintre, il n'aura jamais le génie de le devenir ». Tandis que son père le prédestine au droit, le peintre suit des cours de dessin et rêve de gagner la capitale pour y étudier la peinture. Il finit par arracher l'accord paternel et au printemps 1861, il réalise son premier séjour à
Paris, suivi d'une longue série.