Le papier antaimoro est une variété de papier fait à base de fibres végétales. Comme son nom l'indique, le processus de fabrication de ce papier fut trouvé par les « Antaimoro », une ethnie faisant partie intégrante de la population malgache, vivant sur le littoral de l'Océan Indien. L'histoire du papier antaimoro et celle de la tribu « Antaimoro » sont étroitement liées. Vers le VIIème siècle, les immigrants arabes sont venus s'installer sur les rives du littoral de l'île de
Madagascar et ils ont donc formés une nouvelle tribu et se sont faits appelés les « Antaimoro ».
De croyance musulmane, ces immigrants apportèrent avec eux leur
Coran. Toutefois, au fil du temps, leur Coran commença à se détériorer et devenait de moins en moins lisible. Pour régler ce problème, ils décidèrent de recopier le livre sacré. Ils devaient pour cela trouver la matière convenable sur quoi le reécrire et connaissant parfaitement la technique de fabrication du papyrus égyptien, ils devaient juste chercher une plante capable de fournir les fibres nécessaires à la fabrication du papier. Ce petit inconvénient fut définitivement balayé lorsqu'ils se rendirent compte qu'un genre de mûrier nommé « avoha » avait une écorce riche en fibres et depuis, le produit fini fut définitivement appelé papier « Antaimoro ». La maîtrise des écritures arabes fit le reste et leur Coran fut retranscrit en « Sorabe ». Le papier « Antaimoro » résiste très bien au temps car même de nos jours, ces « Sorabe » sont encore étonnamment bien conservés et se transmettent de génération en génération dans la tribu « Antaimoro ». De nos jours, le papier « Antaimoro » est beaucoup plus utilisé à des fins décoratives.
Ce papier devient tout simplement un véritable chef d'oeuvre lorsqu'il est bien décoré avec des pétales de rose ou de fleurs séchées de différentes couleurs. Certes, c'est un papier et il est donc logique qu'il soit utilisé pour la correspondance. Vous trouverez facilement des cartes de voeux et des cartes postales conçues avec du papier antaimoro. Mais, vous le trouverez encore plus fréquemment collés à d'autres objets seulement dans un but ornemental. Ces objets peuvent aller de l'album photo, au sac et aux sandales en passant par les abat-jours, les lustres et même les vases.
Mais comment les ancêtres antaimoro ont-ils fait pour obtenir ce papier ? La fabrication du papier antaimoro se réalise en cinq étapes. La première étape consiste à recueillir les meilleures fibres de l'écorce d'un « avoha » qui seront ensuite cuites durant trois heures au minimum et quatre heures au maximum. Cette première étape sera cruciale car elle permet de distinguer les bonnes fibres des mauvaises. La deuxième étape consiste au rinçage et à la sélection des fibres; bien sûr, vous ne choisirez que les bonnes fibres. L'opération se poursuit par l'écrasement des fibres choisies par un maillet dans le but d'obtenir une pâte. Cette pâte de fibres d'écorce sera mélangée avec de l'eau pour la rendre plus liquide. La troisième étape de la préparation est d'une grande importance car de son succès dépend la forme finale du papier antaimoro.
Au cours de cette étape, le mélange obtenu sera étalé sur une toile de coton tendu par un cadre en bois. La difficulté et l'importance de cette étape viennent du fait qu'il faut déterminer la quantité à déverser dans le cadre et à la bien surfacer de manière à ce que le papier antaimoro ait une épaisseur uniforme. L'étape suivante est la décoration et le séchage du papier antaimoro. Le papier antaimoro peut être décoré avec des pétales et des tiges de fleurs avant qu'il ne sèche totalement, ainsi, ces décorations seront définitivement ancrées dans le papier.
Le papier antaimoro devra également être prédécoupé avant car il s'endurcit en séchant. Le fabricant devra donc connaître d'avance la forme définitive de son papier. Le temps de séchage dépend bien évidemment des conditions météorologiques. Mais avec un beau temps bien ensoleillé, ce temps de séchage sera considérablement réduit. La dernière étape est bien logiquement la finition ; lorsque le papier antaimoro est bien sec, il se détache facilement de la toile de coton. Le fabricant n'aura plus qu'à lui donner sa forme finale par pliage ou en découpant les bords difformes. On peut dire que la fabrication du papier antaimoro n'est pas si difficile qu'on le pense. Il faudra cependant maîtriser et suivre ces étapes à la lettre et pourquoi pas apporter sa touche personnelle dans la décoration définitive du papier.
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