Ours des Pyrénées : faut-il en avoir peur ?


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L'ours des Pyrénées est un animal qui n'en finit pas de fasciner par sa posture imposante et son mode de vie assez peu connu. Certains en ont peur, d'autres en sont passionnés, mais beaucoup veulent en savoir plus sur cette bête qui est aussi l'emblème des Pyrénées. En ce qui concerne son histoire, les fouilles et découvertes archéologiques ont révélé que les ours habitaient toute la région des Pyrénées depuis près de cent mille ans. Au début, ils erraient aussi bien sur les plaines, dans les forêts qu'en haute montagne.



Malheureusement, ils furent chassés et tués par les hommes car ces bêtes détruisaient les cultures et attaquaient le bétail, notamment les troupeaux de moutons. Leurs peaux étaient aussi très prisées pour leur belle fourrure et la viande est aussi réputée succulente. Sans compter que la population humaine avait besoin de plus d'espace pour l'habitation et les autres activités dont la guerre et la culture. Les ours ont essayé de fuir les prédateurs que sont les hommes, mais chasseurs et braconniers continuent de les attaquer. Tout ceci amène à un changement de mode de vie chez les ours qui ne vivent plus que dans la montagne à partir du 18ème siècle. La croyance et la mythologie relatives à cet animal n'empêchent cependant pas de les pourchasser. En effet, les habitants de certains pays pensent que l'ours est un grand ancêtre de l'humanité. D'autres l'identifient à un dieu qui règne depuis la montagne. Il est parfois un symbole de la fierté, une représentation de la résurrection et fait souvent l'objet d'un culte animiste. Il faut dire qu'avec sa taille intimidante, il y a de quoi le défier. L'ours des Pyrénées peut parfois mesurer jusqu'à deux mètres de hauteur.


La femelle pèse au minimum 90 kg, tandis que le poids d'un mâle peut atteindre 300 kg. La couleur de sa fourrure est en général brune, plus ou moins foncée. Un ours vit en moyenne jusqu'à l'âge de 25 ans. Une femelle se reproduit dès la cinquième année. Elle peut accoucher d'un à trois petits oursons. Ceux-ci restent avec la maman ourse près d'une année durant laquelle ils sont allaités et apprennent petit à petit à se débrouiller seuls. Une fois indépendants, ils restent un grand solitaire qui vit et chasse tout seul, sauf quand c'est la période d'accouplement.


Il se passera entre trois à cinq ans avant que la femelle ne mette à nouveau bas. L'ours se nourrit surtout de végétaux. Il aime bien les plantes herbacées, les feuilles des arbres et les petits fruits comme les framboises, les fraises des bois et les myrtilles. Il mange aussi beaucoup de petits animaux : rongeurs, poissons et insectes. Parfois, il s'attaque aux troupeaux de moutons pour se régaler d'un agneau, mais c'est assez rare. En revanche, il n'hésite pas à détruire les ruches pour avoir le miel. En résumé, c'est un omnivore. Durant l'hiver, plus précisément entre décembre et avril, il choisit une tanière pour hiberner. Ses fonctions sont alors toutes ralenties et il survit grâce à une réserve de graisse qu'il aura accumulée sous sa fourrure durant tout l'été. Mais il dort d'un sommeil assez léger et peut se réveiller s'il est dérangé. De nos jours, l'ours des Pyrénées est considéré comme une espèce en voie de disparition, malgré les efforts successifs entrepris par les autorités pour le protéger. Depuis 1972, la chasse à l'ours est interdite par la loi. En 1979, l'ours brun est considéré comme une espèce protégée tandis qu'un plan de sauvetage est mis en place dès 1984.
ours pyrenees


Pour sauver l'espèce, les autorités sont même allées jusqu'à introduire aux Pyrénées des ours d'origine slovène. Toutes ces mesures semblent vaines puisque la population d'ours ne cesse de diminuer à vue d'oeil. Actuellement, on estime que le nombre d'ours dans les Pyrénées est de 150 individus au maximum. La situation est d'autant plus grave que les scientifiques ont pu observer que ces derniers temps, la reproduction chez l'ours est devenue assez rare. En plus, un ourson sur deux risque de mourir avant l'âge de deux ans. Quoi qu'il en soit, l'ours des Pyrénées reste un animal fantastique. Pour les habitants des Pyrénées, il est plus qu'un animal. C'est une légende, un demi-dieu qui ne peut être enlevé de son monde. C'est pour cela que de nombreux surnoms lui sont attribués. Chez les Béarnais, il est surnommé "lou Mossou". Le moins qu'on puisse dire c'est que l'ours reste un animal fascinant, passionnant et imposant. Depuis la nuit des temps, il est craint, respecté et envié par les hommes. Mais il fut également toujours chassé par ces derniers, d'un côté à cause de sa belle fourrure soyeuse et épaisse et d'un autre parce que cet animal n'a jamais pu cohabiter avec l'homme, surtout les agriculteurs et les éleveurs dont il détruit innocemment le patrimoine.

Le Vendredi 26 Décembre 2008 à 10:12
Article écrit par Toli ()


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Il y a 3 commentaires pour cet article :

 F Arcangeli a écrit [26/12/2008 - 11h41] 
F Arcangeli

Bonjour,

Juste une remarque sur votre dernier paragraphe : La population d'ours dans les Pyrénées compte une vingtaine d'individus, et non 150 que l'on peut effectivement trouver en Espagne dans les Cantabriques, beaucoup plus à l'Ouest. Cette vingtaine de sujet se répartie en 3 à 4 ours dans le Béarn à l'Ouest (tous des mâles), 1 à 2 ours en Haute-Ariège à l'Est, le reste en Pyrénées Centrales (Haute-Garonne, Ariège et versant espagnol).

Il est inexact de dire que les mesures de renforcement d'ours sont vaines. Sans les lâchers réalisés en 1996/97 et 2006 (8 ours lâchés dont 6 femelles), la population pyrénéenne ne compterait aujourd'hui que 1 à 2 ours seulement !

On peut considérer au contraire que si la reconstitution d'une population viable d'ours est lente, nous y assistons cependant. On peut regretter la disparition rapide de 3 femelles après leur lâcher : Mellba (lâchée en 1996, tuée par un chasseur en 97), Palouma (lâchée en 2006, morte dans une chute en 2006), et Franska (lâchée en 2006, tuée par un véhicule en 2007). Sans ces pertes, l'évolution démographique eût été meilleur.

Autour de nous, l'Italie (dans le Trentin) a réalisé la même opération en lâchant 10 ours à la fin des années 90, en trois ans, et en remplaçant les ours morts accidentellement, donc de manière plus intensive. Résultat : une population de 35 sujets à minima, et 6 naissances cette année !

Dans les Pyrénées, nous savons qu'il est nécessaire de poursuivre la restauration de cette espèce car les effectifs restent nettement insuffisants.

Cordialement,

François Arcangeli, Maire d'Arbas, Président de l'association Pays de l'Ours




 proours a écrit [27/12/2008 - 13h56] 
proours

Quelques chiffres pour compléter:

Populations d'ovins pour les Pyrénées (Source Agreste) :
Ariège 102 800
Hautes Pyrénées 98 650
Hautes Pyrénées 89 000
Pyrénées Atlantiques 660 000

Ensemble des prédations de l'ours dans les Pyrénées (chiffres officiels gouvernementaux):

- 2007 : 318
- 2008 : 152

Sachant qu'en 2007 il y a eu de nombreux dérangement de l'ours, l'empêchant de s'alimenter normalement et l'obligeant à se rabattre sur des brebis. Sachant qu'en cas de doute, on considère que c'est l'ours et que cela rentre dans les stats.




 proours a écrit [27/12/2008 - 13h23] 
proours

Bonjour,

Quelques précisions...

si vous saviez comme nous serions heureux s"il y avait une estimation maximale de 150 ours dans les Pyrénées. Cela voudrait dire que la population est assez nombreuses pour survivre. Mais hélas, au plus optimiste nous sommes à 23, le tout disséminé sur la chaîne et aucune femelle pour venir se reproduire avec les derniers purs ours pyrénéens.
Son mode de vie est bien connu aussi, mais il est vrai que dans les Pyrénées, les antiours ont une vilaine tendance à le faire passer pour un autre, semant la confusion.
L'ours, s'il est potentiellement dangereux, mais n'en est pas pour autant agressif car il est vrai qu'il a depuis longtemps été chassé par l'homme qu'il fuit depuis. Sa présence n'est donc pas plus à craindre que celle des sangliers, cerfs, voire chevreuils qui attaquent parfois.
Quant aux bergers des Pyrénées, la présence de l'ours est il est vrai, la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Mais le vase était déjà plein avec des éléments bien plus graves comme la concurence de l'agneau de Nouvelle-Zélande, la fièvre catharale ovine, les charges, les modes de vie qui ont changé etc etc... L'ours devient donc un bouc émissaire.
Sauver notre biodiversité passe par la protection de nos ours, espèce parapluie donc la présence ne peut qu'enrichir l'image des Pyrénées. Sauver les ours c'est protéger le patrimoine des Pyrénées. Et ça, certains essaient de le nier, et je ne comprends pas comment d'autres peuvent les croire.

Cordialement





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