La neurochirurgie est la branche de la chirurgie qui traite les infections du système nerveux (encéphale, moelle épinière et nerfs périphériques). C'est une spécialité particulièrement difficile car à part les interventions sur les nerfs périphériques, l'accès au système nerveux nécessite le franchissement d'une barrière osseuse (boîte crânienne ou colonne vertébrale). Ainsi, une intervention au niveau du cerveau exige une trépanation au préalable de la boîte crânienne et le chirurgien percera avec un trépan un ou plusieurs trous.
Ensuite, il peut créer un volet en sciant entre ces trous, pour mettre en place une voie d'accès sur la partie située en-dessous de la voûte crânienne. La neurochirurgie est peut-être la plus ancienne des pratiques chirurgicales puisque des trépanations étaient déjà réalisées à l'âge de pierre. Mais la neurochirurgie « moderne » est assez récente. La première opération neurochirurgicale est l'oeuvre de Sir Rickmann Godlee, le 23 novembre 1884. La principale indication de la neurochirurgie reste, et de loin, les tumeurs cérébrales. Les succès sont remarquables en cas de tumeur bénigne car les traumatismes crâniens ne nécessitent pas toujours l'intervention d'un neurochirurgien sauf en cas d'hématome intracrânien, de déchirure de méninge (enveloppe du cerveau) ou de plaie cranio-cérébrale. Concernant les autres indications, citons les abcès du cerveau, les malformations vasculaires, l'hydrocéphalie, la hernie discale, la maladie de
Parkinson, etc. En pédiatrie, l'hydrocéphalie est une indication habituelle de la neurochirurgie. C'est une accumulation anormale de liquide céphalo-rachidien (LCR) dans le cerveau entraînant une augmentation de volume de la boîte crânienne.
La neurochirurgie intervient en drainant l'excès de LCR. Si l'intervention est précoce, les résultats sont spectaculaires surtout concernant la récupération motrice. Mais, la neurochirurgie peut aussi intervenir pour tenter de corriger certains mouvements anormaux en détruisant certaines zones limitées du cerveau. C'est une mention particulière pour les patients souffrant de la maladie de Parkinson. La neurochirurgie est capable de soulager ces personnes par le biais de la stimulation cérébrale.
L'intervention consiste à implanter des électrodes au niveau du noyau sous-thalamique, une région du cerveau. Ces électrodes sont reliées à un boîtier de stimulation placé sous la clavicule. Les résultats sont satisfaisants avec une nette régression des principaux symptômes de la maladie, à savoir, les tremblements, la raideur et la difficulté à contrôler ses mouvements. En neurochirurgie, l'étape de préparation est cruciale. Avant d'intervenir, le neurochirurgien doit localiser de façon précise la lésion afin de limiter au maximum les manipulations du tissu nerveux très fragile. Pour ce faire, il doit collaborer étroitement avec le neurologue et pratiquer plusieurs examens paracliniques pour un maximum d'informations. Le
scanner est incontournable avant toute intervention neurochirurgicale. Il permet d'obtenir une image en coupes du cerveau.
Depuis 1985, l'imagerie à résonance magnétique (
IRM) est devenue pratique courante. C'est un examen assez impressionnant pour le malade qui doit rester parfaitement immobile durant toute la séance (30 à 45 mn). Aussi, une anesthésie générale est souvent pratiquée. L'IRM permet d'obtenir une image en 3D de la zone pathologique. La stéréotaxie est un examen qui localise la lésion avec précision mais elle n'est indiquée qu'en cas d'intervention sur une zone bien déterminée du cerveau. Elle permet de faire une biopsie sans opérer.
Enfin, citons la tomodensitométrie qui est une technique indolore, rapide, toujours basée sur l'utilisation des rayons X et qui permet de porter un diagnostic des affections du système nerveux. Les suites opératoires sont très importantes en matière de neurochirurgie. Un oedème port-opératoire peut avoir des conséquences dramatiques comme un coma ou une paralysie. Un hématome (collection de sang) au niveau de la zone d'intervention nécessite une surveillance particulière et exige dans la plupart des cas une réintervention. Une infection est toujours à craindre car elle peut entraîner une méningite ou un abcès du cerveau. Si un traitement local ne suffit pas, un traitement général par antibiotique s'avère nécessaire. La neurochirurgie du futur ne se conçoit pas sans l'aide d'un ordinateur.
Elle est en train de faire ses premiers pas et autorise une précision sans faille en superposant les images provenant de la caméra en salle d'opération avec celles de la neuroradiologie. Les neurochirurgiens opèrent avec l'aide d'un appareil appelé surgiscope qui permet des gestes extrêmement précis. Il y aussi la neuro-
endoscopie qui consiste à introduire une fibre optique à l'intérieur du crâne par le biais d'un trou de trépan. Cette technique peut avoir une visée diagnostique ou curative.
Enfin, les images numérisées et transmissibles à distance permettront à plusieurs équipes d'échanger des informations, de discuter et de prendre les décisions appropriées. Mais le chef d'orchestre restera toujours le neurochirurgien.