Etre narcoleptique, c'est souffrir d'une maladie du nom de « maladie de Gélineau » ou plus communément appelée narcolepsie. Cette pathologie concerne le système neurologique et se manifeste par des troubles du sommeil. Elle a été découverte en 1880 par un médecin militaire du nom de Jean-Baptiste Gélineau. Les statistiques estiment que près de 20 à 50 pour cent mille habitants sont narcoleptiques. Ces chiffres sont loin de refléter la réalité des personnes qui en souffrent mais qui ne viennent pas en consultation.
En effet, seulement 20 % des narcoleptiques sont suivis régulièrement par un médecin. Or, c'est une pathologie grave si on se réfère à ses conséquences sur le mode de vie du sujet. A ce titre, elle nécessite un diagnostic précoce et un traitement urgent. La narcolepsie se caractérise par une tétrade de signes comprenant : la catalepsie, la somnolence diurne, les hallucinations et la paralysie du sommeil. L'hypersomnie est un symptôme constant de la maladie tandis que les autres ne sont pas toujours relevés. La plupart des crises sont précédées d'épisode de
stress ou de traumatisme. Le patient est alors sujet à un endormissement profond au milieu de la journée au moment d'une activité comme la conduite d'automobile ou un travail au bureau. Il est incoercible et peut durer entre quelques secondes à une demi-heure. Ce symptôme peut interférer avec un mode de vie normale car il peut mettre le patient en danger. La vigilance de la personne est défaillante en même temps que sa mémoire. Son comportement se résume à certains automatismes qu'il ne contrôlent pas. Toute la journée, le malade est soumis à des états successifs de somnolence et de veille.
A la fin de la journée, souvent, les nuits d'un narcoleptique ressemblent à ses journées, c'est-à-dire, composées d'un enchaînement d'endormissements et de veilles. Le second symptôme de la tétrade est la catalepsie qui se traduit par une diminution brutale du tonus musculaire sans que la conscience ne soit affectée, et cela à n'importe quel moment de la journée. Cette atonie apparaît après une forte émotion et peut concerner un ou plusieurs muscles en même temps.
Dans le cas où l'atteinte se fait au niveau de la tête, la personne perd le contrôle de sa posture ou sa capacité à articuler correctement les mots. La catalepsie est maintenue par l'état d'émotion qui l'a engendrée. S'il s'agit d'une anxiété, l'état peut rendre la personne encore plus anxieuse, ce qui ne fait qu'aggraver la situation. A la différence de l'hypersomnie, la catalepsie n'est pas accompagnée d'une perte de mémoire et le malade reste conscient de tout ce qui lui arrive. Les épisodes sont variables d'un sujet à l'autre et le nombre de crise est également différents selon les personnes. Ainsi, de plusieurs crises par jour chez un patient, on peut avoir une crise annuelle chez un autre. Un autre point marquant de cette maladie : les hallucinations. Le narcoleptique hallucine, qu'il soit dans un état d'endormissement ou dans un état d'éveil. Ces hallucinations créent parfois chez le malade la peur d'aller se coucher. Ces perceptions peuvent être auditives, donc faites de bruits de toutes sortes, visuelles avec des images terrifiantes ou kinesthésiques qui leur donnent une sensation de mouvement.
Elles se différencient des hallucinations psychotiques de par le moment de leur apparition : toujours en période d'hypersomnie ou cataleptique. Enfin, la paralysie du sommeil apparaît au moment où la personne s'endort ou bien au moment où celle-ci se réveille d'un état d'hypersomnie. Le sujet a peur de ne pouvoir émettre un seul son ou de faire un seul geste, et ce, pendant quelques secondes. Etre narcoleptique conduit souvent la personne à s'isoler puisque les troubles semblent être incompatibles avec des activités professionnelles normales.
La conduite d'une voiture étant, par ailleurs, strictement interdite, le malade se trouve dans une situation de dépendance partielle vis à vis de son entourage. La
dépression nerveuse est une des nombreuses complications de la narcolepsie. Ses causes font encore l'objet de plusieurs débats dans le monde scientifique. Les causes génétiques ont été évoquées, mais aussi l'endommagement d'une amygdale cérébrale. Pour le moment les traitements se résument à des traitements symptomatiques. Ainsi, on prescrit aux malades hypersomniaques des médicaments qui tendent à les garder éveillés, et aux cataleptiques des antidépresseurs. A ce jour, aucun médicament ne soigne les vraies causes de la narcolepsie. Des recherches sont toujours en cours sur la possibilité d'utiliser des molécules qui agiraient directement sur le système immunitaire mais les résultats sont encore peu fiables. D'autres thérapies conseillent les siestes organisées. Toutefois, quelque soit la thérapie, aucune n'a encore fait ses preuves.