Sixième ville française, Nantes compte 277 728 habitants (recensement de 1999), nommés les nantais, et fait partie d'une importante agglomération regroupant 544 932 habitants (recensement de 1999). En effet, Nantes est au centre d'une communauté urbaine qui groupe 24 communes (Saint-Herblain, Rezé, Orvault, Couëron, etc.). Nantes occupe sur la Loire une position portuaire depuis maintenant de longs siècles.
Aujourd'hui, Nantes est un carrefour de communication grâce à son réseau routier important et son aéroport de
Nantes Atlantique qui accueille de nombreuses
compagnies aériennes, aussi bien régulières comme
Air France ou Low-cost comme Ryanair ou
Easyjet. Son activité économique s'appuie sur un secteur tertiaire très prépondérant (les deux tiers des actifs), notamment grâce à son marché d'intérêt national des fruits et légumes, son commerce des vins (muscadet), sa bourse, son
université et ses écoles supérieures. Nantes est également un important centre industriel. À anciennes ses activités (chantiers navals, fonderies, biscuiterie, conserverie, sucrerie) elle a ajouté des industries mécaniques et électriques (locomotives, moteur Diesel, matériel aéronautique et frigorifique, équipements électroménagers), électronique, chimiques (peintures et vernis, encres, caoutchouc), textiles. La fonction portuaire se maintient toujours (grâce aux hydrocarbures : 34 Mt en 2006 avec Donges et
Saint-Nazaire, 5e rang des ports de commerce en
France).
L'histoire de Nantes remonte aux temps des Gaulois, puisqu'elle fut fondée par la tribu gauloise des Namnètes. Plus tard Les Romains l'appelleront Condevicnum ou Condevincum ; elle se compose alors d'une bourgade au confluent de l'Erdre, d'un port et d'une autre bourgade sur la rive gauche, Ratiatum, l'actuelle Rezé, au confluent de la Sèvre Nantaise. Ville de commerce et d'administration sous les Romains, Nantes est ravagée ensuite lors des invasions barbares par les Huns (453), les Saxons (480) et les Wisigoths (490).
Clovis s'en empare en 497, puis les Bretons d'Armorique y établissent leur domination. Le roi Clotaire Ier en 560 reprend la ville et la fait administrer par l'évêque saint Félix, qui y entreprend d'importants travaux (568), entre autres un canal de jonction entre la Loire et l'Erdre.
Charlemagne au IXe s. soumet les Bretons ; ses successeurs donnent Nantes en fief au comte Lambert Ier (827). En 843, son fils, Lambert II, opposé à Charles le Chauve, livre par vengeance la ville aux Normands, qui la saccagent. Les Normands sont repoussés successivement par Alain Ier le Grand (888) et Alain Barbe-Torte (937). À partir du XIIe s., le comté de Nantes se fond dans le duché de
Bretagne.
La cité fait figure de seconde capitale des ducs de Bretagne, qui y établissent leur
Cour des comptes, y tiennent leurs états et, à partir du XVe siècle, y résident. Louis XI ne réussit pas à s'emparer du duché, mais à la mort du dernier duc, François II (1488), la fille de celui- ci, Anne, par son
mariage avec Charles VIII (1491), puis avec Louis XII (1499), apporte Nantes et le duché à la couronne de France. C'est la célèbre histoire d'Anne de Bretagne, connue dans toute la France, mais qui suscite encore des polémiques.
Nantes, durant les guerres de Religion, est une ville catholique. À la fin ces guerres, le duc remet la ville à
Henri IV, qui promulgue, le 13 avril 1598, le fameux édit accordant aux Protestants la liberté de pratiquer leur religion. Nantes est depuis le XVe s., un important centre commercial (sel, toiles), mais ce sont les XVIIe et XVIIIe s. qui voient l'apogée de la ville, favorisée par l'établissement de colonies aux
Antilles. Au XVIIIe s. surtout, le commerce triangulaire avec la traite des Noirs, celui du sucre, du tabac, du
rhum, des bois précieux et de l'indigo font la fortune des grandes familles d'armateurs et de commerçants nantais, qui subventionnent l'établissement de distilleries, de raffineries et de chantiers de construction navale. L'embellissement de la ville au XVIIIe s.
est la conséquence de cette richesse. À la fin du XVIIIe siècle, Nantes sera le premier port de France, avec 2 500 navires et barques. Durant la
Révolution, Nantes, chef-lieu du
département de Loire Inférieure (1790), connaîtra la terreur, notamment avec Jean-Baptiste Carrier et les « noyades » de Nantes. Après 1815, le commerce reprend peu à peu à Nantes. La traite frauduleuse s'éteint avec le droit de visite (1833) et l'abolition de l'
esclavage.
Pendant la
Seconde Guerre mondiale, à la suite de l'exécution par des résistants du chef de la kommandantur, 48 otages furent fusillés le 22 octobre 1941, 21 à Nantes et 27 à Châteaubriant. Comme son histoire l'indique Nantes est l'une des plus vieilles villes de France. César y fit construire les bateaux qui portèrent ses légions en
Angleterre. De cette époque reste un pan de mur qu'on date du IIIe s. Notons également, issue d'une seconde enceinte dont la ville s'entoura au XIIIe s., la « tour Neuve » du château d'Anne de Bretagne, qui trône au milieu de la ville et récemment rénové, que compléteront au XVe s. les puissantes fortifications. Leurs salles des gardes conservent de belles voûtes et des cheminées monumentales. Celles du bastion dit « en fer à cheval », par sa disposition peu commune, sont particulièrement intéressantes.
Derrière ces murailles s'élèvent les anciens corps de logis ; le « Grand Gouvernement », en partie du XVIe s., converti en musée (restauré et ouvert depuis Février 2007), et le « Grand Logis ». L'ensemble du château, respectant les éléments de la forteresse médiévale, date en fait du règne de François II, qui en fit composer les plans en 1461 par Mathelin Rodier. Mais la duchesse Anne, devenue reine de France, restait fidèle au pays breton.
Elle voulut que son coeur, enfermé dans une reliquaire d'or, fût déposé à Nantes, dans l'ancienne église des Carmes, d'où il est passé au musée Dobrée. Autre monument de toute beauté à Nantes : La cathédrale, élevée sur les restes d'une église romane et dont la crypte subsiste. Elle présente une originalité rare : de ses cinq portails, si les trois principaux s'alignent en façade, les deux autres sont percés en retour d'équerre, au pied des deux tours. Le portail médian est sculpté d'un Jugement dernier. L'intérieur, remarquable par la pureté des lignes de la nef, est un bel exemple de gothique flamboyant. Nantes conserve de remarquables monuments d'
architecture civile médiévale : la porte Saint-Pierre, la Psalette ancienne maison du chapitre de la fin du XVe s., et tout un groupe de maisons en pans de bois du XVIe s. Le XVIIIe s. représenté par les hôtels du quai de la Fosse et de l'ancienne île Feydeau. Nantes est également une ville qui consacre énormément d'argent à la culture, ce qui peut se voir à travers ses nombreux musées. Ainsi ne rater pas le musée du château d'Anne de Bretagne décrit précédemment, mais aussi celui du musée des
beaux-arts, créé en 1800. Le musée regroupe une collection de peintures allant des primitifs italiens et des grands Vénitiens à
Rubens, G. de La Tour (trois oeuvres capitales), Tournières, Lancret, Greuze, Vernet, Ingres (Portrait de Mme de Senonnes), Gros,
Delacroix,
Géricault, Courbe,... Enfin, depuis Juillet 2007, Nantes a inauguré un parc d'attractions très original, en plein centre ville : Les Machines de L'île de Nantes. Inspirée la Compagnie Royale Deluxe, celui-ci comprend notamment un éléphant de douze mères de haut entièrement mécanisé offrant la possibilité aux visiteurs de se promener sur les quais de la Loire et offrant une vue imprenable sur toute la ville. Parallèlement à cela un musée inspiré des oeuvres de
Leonard de Vinci et de Jules Vernes vous fera découvrir d'autres machines, toutes accessibles aux publics.