Moine copiste : définition


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Le moine copiste est un moine rattaché à des fonctions particulières. À l'époque où l'imprimerie n'existait pas encore, soit avant l'an 1450, ce moine avait pour tâche de recopier des livres. Il s'adonnait à cette occupation, qui constitue un travail long et minutieux, afin de rendre les oeuvres recopiées accessibles à la poignée d'individus capables de lire à l'époque. Les moines copistes apparaissaient ainsi comme de véritables professionnels dans la diffusion du savoir. Il faut remarquer que cette fonction de copiste présente de grands points communs avec celle des scribes, notamment ceux de l'ancienne Égypte. Outre leur rôle d'écrivains publics, ces lettrés avaient pour attribution de copier diverses catégories de textes. Ces derniers couvraient les domaines religieux, administratif, juridique ou privé. Pour assumer comme il se doit cette haute fonction, les scribes se devaient de connaître diverses formes d'écritures, dont certaines étaient très stylisées. En Europe, les moines copistes étaient ainsi fréquemment sollicités pour exercer leur art, durant toute la période précédant les premiers moments de l'imprimerie, à l'époque de Gutenberg.


Personnes cultivées - à l'instar de leurs homonymes égyptiens -, ils copiaient surtout des textes religieux. Pour exécuter leur travail, les moines copistes étaient supervisés par un armarius. Ce dernier était un individu appartenant à la communauté monastique, qui avait pour mission de garantir la qualité des manuscrits réalisés. Véritable chef d'équipe pour les copistes, l'armarius était appelé à jouer sur plusieurs fronts. Il désigne d'abord qui sera en charge de quoi. Il met à la disposition de chaque moine copiste ce qu'il lui faut de matériels pour réaliser sa part de travail.


L'armarius repasse sur les copies réalisées par ses subordonnés, afin d'y détecter les fautes d'orthographe, ou d'éventuelles infidélités par rapport à l'oeuvre originale. Le moine copiste vaquait à sa tâche de reproduire des oeuvres, à titre de travail intellectuel, comme certains de ses confrères s'occupaient des champs ou de la forge, pour remplir leur dû en travail manuel. Il exécutait la copie dans le calme du scriptorium, entouré d'autres moines chargés de la décoration, de l'enluminure ou de la reliure des livres. La copie était exécutée avec une plume d'oie biseautée, que le moine trempait dans de l'encre. Le scriptorium tenait également lieu de bibliothèque, où toutes les oeuvres du monastère sont conservées. Nous avons déjà parlé du rôle que tenait le moine copiste dans la diffusion du savoir. En fait, c'est uniquement grâce à son travail que les oeuvres pouvaient passer de monastère en monastère. Les écrits originaux étant jalousement gardés dans l'enceinte du scriptorium. D'un autre côté, le fait de copier des livres permettait aux moines affectés à la tâche de s'instruire sur le contenu qu'ils reproduisaient.
moine copiste


Les livres diffusés, grâce au travail des moines copistes, revêtaient diverses formes, selon les époques considérées. À partir des 9ème et 10ème siècles, c'est le codex qui était d'actualité. Il s'agit d'un assemblage de feuilles écrites ou recopiées à la main. La finalisation d'un seul codex équivalait alors à un volume de travail assez lourd. Il fallait compter une centaine d'heures pour que les pages soient recopiées et soient ensuite reliées. Il fallait en effet terminer la fabrication d'un livre par sa décoration avec de l'enluminure, avant la reliure. Si la plupart des textes recopiés étaient au départ religieux, les moines se penchaient aussi sur des écrits sur l'astronomie, les mathématiques ou le droit. Quoi qu'il en soit, le latin, en tant que code de l'église, était la principale langue utilisée. Un peu plus tard, vers les 12ème et 13ème siècles, le nombre de personnes capables de lire se multipliait et la demande de livres suivait. Il en résulte un transfert de la copie dans le cercle laïc. Ce passage aura un impact sur la nature des écrits recopiés, ces derniers couvraient des domaines de plus en plus larges. Philosophie, sciences et littérature trouvaient petit à petit leurs oeuvres consacrées et le roman commence à faire son apparition. Avec l'avènement de l'imprimerie, vers le milieu du 15ème siècle, la copie tendait peu à peu à disparaître. Le livre se diffuse plus rapidement car sa reproduction n'est plus un travail de si longue haleine. Les imprimeries modernes avaient encore des postes de copistes, pendant assez longtemps. Ils assuraient notamment la préparation de la plaque offset. Mais depuis l'informatisation, le métier a presque totalement disparu.

Le Mardi 20 Avril 2010 à 14:05
Article écrit par Toli ()


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