De toutes les variétés de
migraine, la migraine ophtalmique est sans la plus impressionnante ! Ce type de migraine encore appelée céphalée ou céphalalgie ou encore migraine avec aura, doit notamment sa dénomination si descriptive aux symptômes bien particuliers qu'elle provoque particulièrement au niveau des yeux. En effet, lors de ses manifestations, cette pathologie provoque des troubles visuels très impressionnants mais qui ne causent en réalité aucune séquelle notable au niveau des organes oculaires et de leur système nerveux.
Dans la pratique, le phénomène se déroule en deux stades. Dans un premier temps, la phase dite visuelle, de laquelle elle tient d'ailleurs son nom, est à l'origine de phénomènes lumineux scintillants qui obstruent pour ainsi dire la vision latérale d'un seul, puis ensuite progressivement des deux yeux du patient. Dénommé dans le langage scientifique « scotome hémianopsique », cette première phase de la migraine ophtalmique varie en intensité selon les patients et peut même se manifester sous des allures kaléidoscopiques, ce qui peut alors provoquer aisément une véritable panique chez le patient qui croit sur le moment perdre carrément la vue. Mais fort heureusement, ces premiers symptômes disparaissent sans laisser de séquelles au bout d'une dizaine de minutes, sans aller en général au-delà d'une demi-heure. Une fois les troubles visuels passés, la pathologie entre alors dans sa phase nociceptive ou douloureuse. Le patient est sujet à des accès de migraine intense. D'une douleur inouïe, ces accès de maux de tête s'accompagneront bien souvent d'autres symptômes du type vertige ou
nausées.
Durant en moyenne entre une douzaine d'heures au minimum et 24h au maximum, ces maux de tête se soignent pourtant assez facilement avec les antalgiques classiques comme le
paracétamol ou encore l'aspirine. Faire toutefois attention aux antécédents pathologiques du type ulcère et aux spécificités métaboliques, type hémophilie, avec l'aspirine. Les cas les plus sérieux se verront souvent traités à partir du « tartrate d'ergotamine », seul capable d'arrêter la douleur.
Il faut cependant prendre beaucoup de précaution quant à l'utilisation de ce dérivé de l'ergot de seigle car mal administré ou associé à d'autres médicaments du type
antibiotiques, il peut provoquer de très dangereux effets secondaires, notamment pour les femmes enceintes. Pour toutes ces raisons, l'automédication est totalement à proscrire ! Il faut également noter qu'à côté de ces deux principaux symptômes (troubles visuels et maux de tête), la migraine ophtalmique comporte aussi une nuée de symptômes secondaires que les spécialistes ont pu relever dernièrement et qui ont paradoxalement permis d'en comprendre les causes profondes.
Ainsi, il n'est pas rare que la céphalalgie provoque chez certains, en plus des vertiges, des troubles digestifs d'intensité variable ou encore des fourmillements ou picotements plus connus dans le langage scientifique sous le terme « paresthésie ». Dans de très rares situations, des cas d'hémiplégies ou paralysie de la moitié droite ou gauche du corps ont été constatés. Après investigation, les scientifiques ont pu apporter des débuts de réponse à cette pathologie bien particulière.
Ainsi, il semblerait que la migraine ophtalmique trouve son explication, notamment en ce qui concerne les troubles visuels, dans l'inflammation d'un petit paquet de nerfs issus du nerf trijumeau (nerf innervant le crâne dont sont issus notamment les nerfs ophtalmiques, les nerfs maxillaires et mandibulaires), dû certainement à la vasodilatation (augmentation du diamètre) de certains artères cérébraux qui entraîneraient dans leur sillon l'apparition d'une flopée de globules blancs (des
leucocytes notamment), provoquant par là même une irritation intense de tout le système vasculaire environnant, à l'origine des céphalées. A l'heure actuelle, selon les dernières statistiques en date, plus de 7 millions de Français souffriraient de la migraine ophtalmique.
La majeure partie de cette population migraineuse se révèle être essentiellement des femmes, raison pour laquelle les milieux médicaux ont parfois tendance à qualifier cette maladie de pathologie féminine. Au-delà des explications techniques sur son déroulement, des études récentes ont par ailleurs démontré que le facteur héréditaire n'était pas à écarter pour expliquer son origine. En effet, il n'est pas rare que les patients souffrant de cette pathologie aient dans leur arbre généalogique plusieurs parents qui ont également souffert de la même maladie.
D'autre part, les spécialistes ont également remarqué que certains facteurs bien déterminés servaient de déclencheurs aux crises de céphalées dont notamment les règles pour la gent féminine ou encore certains aliments comme l'alcool (le vin rouge, le vin blanc...), le chocolat, la fatigue et le stress, le manque ou l'excès de sommeil...