Michel Fourniret dixit le « Forestier des Ardennes » : portrait et histoire


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Né le 4 avril 1942 à Sedan, celui que la presse surnommera successivement le « Forestier des Ardennes » puis « l'Ogre des Ardennes » et enfin le « Tueur des Ardennes » est soupçonné d'au moins neuf meurtres de jeunes filles en France et en Belgique. Cet homme, considéré comme l'un des pires tueurs en série français présumé, a été arrêté en Belgique en juin 2003 au cours de l'enlèvement raté d'un fillette ; après plusieurs reports, son procès s'ouvre finalement le 27 mars 2008 à Charleville-Mézières, devant la cour d'assises des Ardennes. Michel Fourniret a d'abord été un petit délinquant sexuel... Bien qu'il ait déclaré lors de ses premières auditions avoir pratiqué le métier de forestier dans sa jeunesse, le jeune Fourniret devient, après avoir servi en Algérie dans les Commandos de l'Air, ouvrier-fraiseur et menuisier.


D'une intelligence et d'une opiniâtreté exceptionnels (son quotient intellectuel le place dans les 2% des Français les plus intelligents), il n'aura de cesse de se former par correspondance, passant successivement des diplômes de fraiseur sur bois puis de dessinateur industriel : il s'exprime en outre dans un français particulièrement châtié et précieux et cite volontiers les grands auteurs.


Il se marie une première fois en 1964 et, traumatisé semble-t-il par la découverte de la non-virginité de son épouse, se lance par dépit dans une série d'agressions contre des jeunes filles de la région parisienne. C'est également à cette période que Michel Fourniret a son premier enfant. Suite à une première condamnation en 1967 pour agressions sur mineures, sa femme demande le divorce ; il se remarie en 1970 et sera bientôt père de trois nouveaux enfants. De nombreuses condamnations pour des faits de voyeurisme et de violences s'en suivront entre 1966 et 1973, dans ce qui ressemble beaucoup à une escalade : l'homme est finalement incarcéré le 25 mars 1984 pour une dizaine d'agressions et viols sur mineurs ; puis la cour d'Assises de l'Essonne le condamne en 1987 à sept ans de prison dont deux avec sursis et trois ans de mise à l'épreuve. C'est pourtant le 22 octobre de la même année qu'il quitte libre Fleury-Mérogis pour « conduite exemplaire ». Cette année constitue un tournant pour Michel Fourniret, car il rencontre pendant son incarcération celle avec qui il entretient une correspondance et qui va devenir sa complice : Monique Olivier.
michel fourniret


Il n'hésite pas à lui avouer son obsession pour la virginité et obtient son soutien. Deux mois après sa sortie de prison aurait alors commencé une véritable « chasse aux vierges », des agressions sexuelles en série conclues par des meurtres destinés à éviter d'éventuels témoignages. Le couple s'installe en décembre1988 dans le petit village de Floing (Ardennes), après un court passage dans l'Yonne où le père de Monique Olivier possède une maison. Michel Fourniret vit alors de petits travaux de maçonnerie au noir pendant que Monique Olivier élève leur fils Sélim. C'est pourtant dans l'Yonne qu'il aurait commis son premier enlèvement et meurtre avec la complicité de sa compagne, sur la personne d'une lycéenne, Isabelle Laville. Un autre événement marquant se produit pourtant cette année : Michel Fourniret dérobe avec la complicité de Farida Hamiche, la compagne d'un de ses anciens co-détenus, Jean-Pierre Hellegouarch, le magot du Gang des Postiches : il avouera avoir tué la jeune femme à l'occasion du transfert des lingots et des pièces d'or du cimetière des Yvelines où il était caché jusqu'à un appartement de Vitry. L'argent tiré de la vente des lingots à Bruxelles lui permet d'acheter en 1990 le château de Sautou, un manoir isolé où les corps de deux de ses victimes présumées seront retrouvées. Jean-Pierre Hellegouarch se lance à sa recherche et le pousse à fuir pour la Belgique où il s'installe dans un village des Ardennes belges. Hellegouarch portera alors plainte contre Michel Fournirent pour la disparition de son épouse, mais l'affaire sera classée sans suite. Ce dernier sera finalement arrêté le 26 juin 2003, à l'occasion de l'enlèvement d'une jeune fille de 13 ans, Marie-Ascension. La jeune fille réussit à ouvrir la portière du véhicule de Fourniret à un carrefour et à trouver refuge auprès d'une automobiliste qui a la présence d'esprit de noter le numéro d'immatriculation de la fourgonnette de Michel Fourniret qui avait fait demi-tour : l'homme est alors arrêté par la police belge. Au cours de ses interrogatoires, Michel Fourniret commencera par avouer les meurtres les plus anciens, pensant profiter d'une forme de prescription ; puis ira jusqu'à évoquer le meurtre de 2 à 3 femmes par an depuis sa sortie de prison en 1987, ce qui pourrait mener à un chiffre de plusieurs dizaines de victimes. Huit meurtres ont été avoués par Michel Fourniret : celui d'Isabelle Laville, disparue à Auxerre en 1987, un temps attribué à Emile Louis ; de Fabienne Leroy ; de Jeanne-Marie Desramault en 1989 ; d'Elisabeth Brichet, une jeune belge de 12 ans ; de Natacha Danais, disparue en 1990 dans la banlieue de Nantes ; et ceux de Farida Hamiche, Céline Saison et Manyana Thumpong disparue à Sedan en 2001. Des enquêtes policières sont en cours, relatifs à des meurtres et enlèvements d'autres jeunes filles, qui pourraient être attribués à Michel Fourniret. On le soupçonne également d'être impliqué dans l'affaire Estelle Mouzin, disparue en 2003 en Seine-et-Marne ainsi que dans l'affaire Christian Ranucci. Les enquêteurs s'interrogent également sur la période « blanche » de 10 ans, entre 1990 et 2000, au cours de laquelle l'homme n'aurait commis aucun crime. Les interrogatoires de Michel Fourniret permettent de tracer le portrait d'un homme à l'intelligence exceptionnelle, particulièrement égocentrique et froid, indifférent aux sentiments et à la douleur des autres. C'est aussi un individu calculateur et manipulateur, capable d'enlever des jeunes filles dans des régions où d'autres tueurs agissent, uniquement pour brouiller les pistes, ou d'en charger dans sa voiture sans tenter quoi que ce soit, pour se disculper lors d'une éventuelle accusation... Le procès qui débute le 27 mars 2008 devrait faire la lumière au moins sur quelques uns des multiples points obscurs du parcours de Michel Fourniret...

Le Jeudi 27 Mars 2008 à 15:55
Article écrit par Ipfix ()


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