D'origine modeste, fils d'une secrétaire et d'un ouvrier de
General Motors, Michael Moore, est né le 23 avril 1954 à Davison, dans la banlieue de Flint en Michigan, aux
Etats-Unis. Ecrivain et réalisateur de documentaires engagés, son oeuvre a pratiquement touché tous les points chauds de l'actualité, mais plus particulièrement dans les domaines politique et social. Concernant la politique, il a réalisé des documentaires sur l'Extrême gauche ainsi que sa dénonciation de l'embargo contre le régime communiste de
Cuba.
En 2000, il a fait campagne tout en critiquant ouvertement tant
Al Gore, le démocrate, que
George W. Bush du camp républicain. Inlassable détracteur de George W. Bush pendant les quatre années de son mandat, il accuse le gouvernement américain et la
CIA d'être de connivence avec les terroristes dans les attentats du 11 septembre 2001 en affirmant que
New York a été choisi comme cible à cause de son appartenance démocrate. Et ses critiques contre le pouvoir en place, en particulier contre George W. Bush continuent avec ses remarques sur les guerres en
Afghanistan et en
Irak. Sa position alternative pendant les présidentielles américaines de 2004 a été très remarquée : soutien au général Wesley Clark, dans un premier temps, pendant les primaires démocrates. Dans « Fahrenheit 9/11 », il critique ouvertement George W. Bush et son administration, les liaisons qui existent entre la famille Bush et la famille saoudienne de
Ben Laden mais participe ensuite à la convention républicaine, entouré de gardes du corps, bien sûr.
En ce qui concerne le domaine social, à l'âge de 18 ans, il était déjà propulsé au conseil d'administration de Davison High School, son lycée, faisant de lui l'un des plus jeunes Américains à avoir occupé un poste officiel. Cette accession lui a permis de se faire le porte-parole des étudiants. En vendant tous ses biens en 1989, Michael Moore a pu réaliser « ROGER & ME », un film satirique qui dénonce l'application des mesures décidées par Roger Smith, Président de Général Motors, qui conduisent à la fermeture des usines de Flint et le renvoi de 3.000 ouvriers.
Le succès quasi- immédiat obtenu par ce film a servi de tremplin pour ses débuts dans la réalisation de films documentaires. Et on assiste en 1995 à la sortie de son second film satirique dénonçant deux pratiques essentielles : l'acception américaine quant au du port d'arme et l'utilisation de la peur par l'ensemble du système médiatique américain. Mais l'un des thèmes le plus cher à Michael Moore est sans doute la remise en question du système des mutuelles de santé américaines. En 1999, The Big One traite de l'appauvrissement de certaines couches sociales et des pratiques des grandes multinationales, il pointe du doigt, non sans risque les firmes comme
Nike qui fait appel au travail d'enfants en
Indonésie.
Et au cours de la même année, il a créé The Awful Truth, émission mensuelle diffusée aux Etats-Unis mais connaissant également un large auditoire, sur Channel 4, au Royaume-Uni. Son but dans Sicko, documentaire réalisé en 2007, est de démontrer la déficience du système de santé des Etats-Unis, moins adéquat que l'assistance de santé cubaine et avilissant à coté du système de santé canadien.
Ses détracteurs dénoncent son manque d'objectivité qu'ils jugent à travers l'utilisation de stratégie discutable, en relevant par exemple le rôle de « l'employé licencié » qui a volé la voiture d'un journaliste dans « Roger and Me » qui a été confié à un ami. Par ailleurs, ses pires ennemis trouvent qu'il y a transformation de vérité en réfutant qu'il a été reçu deux fois par le Président de General Mors, alors qu'il prétend n'avoir pas obtenu d'interview. Mais le bilan de l'action de Michael Moore montre quand même des côtés positifs : tout d'abord, il a gagné les 23 procès que lui ont faits ses détracteurs. Après « The Awful Truth », la compagnie mise en cause a décidé de couvrir toutes les greffes de pancréas. De même, après « Big One », la multinationale « Nike » a été obligé de cesser de faire appel à la main-d'ouvre enfantine indonésienne.
Ses efforts ont été récompensés par plusieurs prix. Ainsi, « Bowling for Columbine » a obtenu le Prix du 55ème
Festival de Cannes en 2002 et remporte l'
oscar du meilleur documentaire et le césar du meilleur film étranger en 2003. Et si au début, Disney a interdit la diffusion aux Etats-Unis, qui était en période de campagne électorale, du film « Fahrenheit 9-11 » par sa filiale, l'autorisation de distribuer le film est pourtant donnée à Miramax, après la Palme d'Or du Festival de Cannes 2004. Et ce fut un véritable succès.