Ce sujet imprègne également, sur le ton léger de la comédie, son premier long-métrage,
Métisse, qui sort sur les écrans en 1993 et lui permet de se faire remarquer. Il interprète lui-même l'un des personnages principaux de cette chronique douce-amère contemporaine, aux côtés de Hubert Koundé qu'il dirige à nouveau dans son film suivant,
La Haine, en 1995. Récompensé au
festival de Cannes puis à la
cérémonie des Césars, ce deuxième long-métrage plus ambitieux et stylisé, en noir et blanc, prend l'ampleur d'un phénomène de société. Mathieu Kassovitz et ses comédiens, dont la gloire naissante
Vincent Cassel, sont alors désignés par les médias comme les porte-parole de la jeunesse des banlieues, peut-être à leur corps défendant. Car si le film s'empare du sujet de la violence dans les cités et utilise des références culturelles telles que le rap, il est tout autant, sinon plus, une proposition de réalisme poétique mis au goût du jour qu'un brûlot social. En 1997,
Assassin(s), son film suivant et prolongement du court-métrage quasi-homonyme, rencontre en accueil beaucoup plus froid..