Massacre d'Oradour-sur-Glane (642 victimes)


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Massacre d'Oradour-sur-Glane : 642 villageois morts dans des conditions atroces, 1 200 habitants vivaient à Oradour-sur-Glane à une vingtaine de kilomètres de Limoges. Parmi la population se trouvaient une dizaine de maquisards qui organisaient des actions ponctuelles de résistance contre les SS.



Ils furent vite informés du débarquement allié et multiplièrent les actions à cette occasion en attaquant directement les Allemands, en capturant deux officiers et en organisant des actions de sabotage pour éviter que l'armée allemande ne se dirige vers la Normandie pour résister aux assauts des alliés. Mis au courant de la situation, le général Lammerding, commandant la Panzerdivision SS « Das Reich », décida alors d'une action de représailles contre le village d'Oradour-sur-Glane. Cette division SS s'était déjà illustrée en Union Soviétique et les 120 hommes qui la composaient étaient réputés pour leur sauvagerie, n'épargnant personne, ni les femmes, ni les enfants, ni les vieillards. Reconstituée après la bataille de Koursk, la Panzerdivision « Das Reich » avait intégré en son sein, de gré ou de force, de nouvelles recrues alsaciennes. Son but initial était de détruire les maquis mais, après le débarquement du 6 juin 1944, les ordres furent subitement changés. Ainsi, la troisième compagnie de la division, menée par Adolf Diekmann et Heinz Barth, fut chargée de mener un raid dans le village d'Oradour-sur-Glane et les 120 hommes prêts à en découdre, arrivèrent en chenillettes dans le village.


Ils étaient armés de grenades, d'armes légères et sur les chars l'on trouvait des mitrailleuses. Peu à peu, d'autres hommes les rejoignirent et ce furent environ 150 SS qui se rejoignirent dans le village peu avant 14 heures. Les villageois terrorisés furent réunis sur le champ de foire sous prétexte de vérification d'identité afin de rechercher les maquisards. D'autres habitants des villages voisins qui rendaient visite à des amis furent aussi rassemblés. Quelques habitants, sentant la tragédie arriver, parvinrent à s'enfuir malgré le feu des mitraillettes.


massacre oradour sur glane
En trois quarts d'heure, toute la population du village fut rassemblée sans mot dire. Les SS n'avaient plus rien à perdre puisque la fin du IIIe Reich s'annonçait avec le débarquement allié et ils reprirent alors la politique des otages. Ils exigèrent du maire du village le nom des maquisards et l'endroit où étaient cachées leurs armes. Ce dernier refusa. Les SS lui demandèrent alors de désigner lui-même 30 otages ce qu'il refusa de faire. Les femmes et les enfants furent séparés des hommes. À 15 h, femmes et enfants furent menés à l'église tandis que les hommes étaient divisés en six groupes. Les six groupes furent conduits dans des endroits différents, la plupart dans des granges. A noter qu'entre-temps, une locomotive venue de Limoges faisait des essais sur la route et quelques habitants purent monter à bord pour échapper au massacre.



C'était le mois de juin, les granges abondaient de foin et de paille. Les hommes enfermés à l'intérieur entendirent des bruits sourds et virent atterrir des grenades à leurs pieds qui mirent le feu à l'intérieur. Les hommes furent brûlés vifs et ceux qui arrivaient à échapper à l'incendie étaient froidement abattus par les SS. Certains agonisaient à l'intérieur et furent achevés à la mitraillette.


Pendant ce carnage, les femmes et les enfants à l'intérieur de l'église, entendaient les bruits, les cris, sentaient la fumée et comprenaient ce qui se passait à l'extérieur pour leur père, leur fils, leur frère ou leur époux. Les femmes enfermées ne pouvaient sortir de l'église pour leur porter secours et ce n'était que cris, larmes et gémissements. Une fois leur forfait commis contre les hommes d'Oradour-sur- Glane, les SS se tournèrent alors vers l'église pour achever leur sale besogne. À 17 h, ils entrèrent et déposèrent sur l'autel une caisse. Des mèches enflammées s'y échappaient.Le gaz asphyxiait peu à peu les femmes et les enfants qui se recroquevillaient par terre. Alors qu'ils étaient pratiquement tous asphyxiés, les SS achevèrent les survivants là encore à la mitraillette ou à la machette puis ils incendièrent l'église.
massacre oradour sur glane


Une fois la population d'Oradour-sur-Glane complètement massacrée, les SS pillèrent le village sans aucun remords et détruisirent toutes les maisons. Parmi les 642 victimes, on recensera 246 femmes et 207 enfants. Faisant preuve d'une sauvagerie hors du commun, les Nazis laissèrent des corps calcinés, décapités, des membres éparpillés. Parmi la population qui n'avait pu s'échapper du village, une trentaine de personnes purent s'en sortir. Après la guerre, un procès eut lieu concernant le massacre d'Oradour-sur-Glane. 21 soldats allemands dont 14 soldats Alsaciens furent condamnés en 1953 à Bordeaux. Cependant, lors du procès, aucune expertise médicale, aucun examen des vestiges, aucun témoignage de survivant ne furent produits comme pièces à conviction. Le verdict fut très indulgent car en Alsace, le procès avait fait grand bruit. Seulement deux accusés furent condamnés à mort et d'autres par contumaces. D'autres furent condamnés aux travaux forcés ou à des peines de prison. L'Alsace évoqua alors les « Malgré-Nous » soit les enrôlés de force. Malgré l'horreur des faits, les deux condamnés à mort furent libérés six ans après le verdict, tous les autres furent amnistiés. Cela engendrera un mouvement d'indignation dans la région du Limousin. Pour expliquer cette situation, il faut dire que France et Allemagne vivaient une belle réconciliation. Les archives de ce procès de pacotille ne pourront être ouvertes qu'en 2053... Conservé en état de ruines, Oradour-sur-Glane est désormais un village fantôme, témoin d'un crime odieux resté impuni. Heinz Barth, surnommé « l'assassin d'Oradour-sur-Glane » va mourir tranquillement dans son lit l'année dernière. Condamné à vie en 1983, il fut libéré en 1997 en raison de son âge et de son état de santé. Le 10 juin 2008, Jean-Marie Bockel, secrétaire d'état en charge de la défense et des anciens combattants était sur les lieux pour commémorer le 64me anniversaire du massacre d'Oradour-sur-Glane. Le maire de Mulhouse et donc Alsacien avait pour but de réconcilier Alsaciens et Limousins, ces derniers ayant été très choqués des peines très clémentes infligées aux Alsaciens qui avaient participé à ce massacre. De nombreux livres ont été écrits sur le sujet et le chef-d'oeuvre « le vieux fusil » avec Romy Schneider et Philippe Noiret s'en est largement inspiré.

Le Jeudi 19 Juin 2008 à 10:10
Article écrit par Toli. ()




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