Le « joli mois de mai », on s'en rend compte par les photos, les slogans qu'on retrouve de-ci de-là dans des discours politiques ou plus souvent, ironie du sort, repris par la
publicité, a été le mois de l'effervescence populaire. Bien sûr, la révolte de Mai 68 a débuté dans les universités - dans lesquelles il était à l'époque encore difficile pour un fils d'ouvrier de mener des études supérieures. En conséquent, certains parlerons de Mai 68 comme d'une révolution petite-bourgeoise. Sentiment qui avait déjà court à l'époque, puisque l'histoire de mai 68 nous montre toute la réticence des ouvriers à participer à ce mouvement social; le
CGT, par exemple, par peur que les étudiants ne détruisent les outils de production, force de travail des prolétaires, commandaient de fermer les portes des usines à l'arrivée des cortèges de manifestants. Il aura fallu que mûrisse une véritable réflexion sur les possibilités nouvelles qu'offraient Mai 68, basées sur la
philosophie situationniste de Guy Debord qui appelait la fin de la catégorisation des individus, pour qu'enfin la révolution culturelle prenne de l'essor..