Si aujourd'hui les organisations mafieuses sont réparties un peu partout dans le monde, l'origine de la toute première remonte en 1282. A l'époque, la
France, dirigée par Charles d'Anjou, domine la
Sicile. Dès lors, les paysans veulent être libérés et créent une armée secrète. Ils crient : « Morte Alla Francia Italia Anela », (mort à la France, crie l'Italie). Voilà comment serait né le mot MAFIA. Pourtant les historiens ne sont pas toujours d'accord quant à l'étymologie de ce mot. Au début de sa création, la Mafia a des buts légitimes. Les organisations secrètes d'anciens soldats et de brigands décident de faire régner l'ordre au nom de la liberté. Mais au fil du temps, il est impossible d'ouvrir un commerce sans verser un tribut à la Mafia. A la fondation du royaume d'
Italie, les
gabelloti représentent le groupe le plus puissant lorsqu'ils entrent au sein de la Mafia. Dès lors, les objectifs changent et se tournent vers le banditisme. Au XXème siècle, Don Vito Gascio Ferro dirige la mafia. L'organisation est si puissante qu'elle devient un Etat dans l'Etat. Mais la Mafia est très mystérieuse.
Elle organise des rites initiatiques dont la symbolique est médiévale dans des lieux tenus secrets. Chaque membre est lié comme les doigts de la main. La main est d'ailleurs devenue l'emblème de la Mafia. Mais chacun vit sous la loi du silence que nul ne peut bafouer sous peine de mourir. C'est à travers la fraternité, les symboles et le secret que l'on peut voir de la
franc-maçonnerie dans la Mafia. La Mafia est si puissante, que ce soit politiquement ou financièrement qu'elle est crainte par le gouvernement officiel.
C'est donc en 1920 que
Mussolini tente de l'anéantir. Nombreux sont alors les mafiosi qui s'expatrient aux
Etats-Unis et plus particulièrement à
Chicago dont ils vont en faire la capitale du crime. Toujours aussi conservatrice et traditionaliste, la mafia se regroupe à nouveau, sous l'autorité d'un patron américain, Frankie Yale. De plus en plus violente, la Mafia achète les hommes et force leur conscience, depuis le plus modeste policier jusqu'au grand magistrat. Un des maires de Chicago, entre 1920 et 1930, Bill Thompson est dévoué à
Al Capone, le plus connu des chefs mafieux. Al Capone, en outre, règne en maître à l'époque de la Prohibition (loi qui interdisait la consommation d'alcool aux Etats-Unis). Des distillateurs siciliens, en effet, produisait l'alcool qu'Al Capone revendait ensuite. Mais chaque dirigeant d'une mafia a sa spécialité. C'est pourquoi, après Al Capone il y eut, par exemple,
Lucky Luciano, spécialiste des stupéfiants, puis Franck Costello, le maître des jeux qui avait le monopole des machines à sous de Las Vegas.
Mais la mafia, outre sa violence, a participé à des chapitres importants de l'Histoire, notamment dans le débarquement allié en Sicile, en 1943. Lucky Luciano, alors en prison, a été sollicité par
Roosevelt. Ce dernier lui promit sa libération s'il ordonnait à la Mafia d'apporter une aide armée aux alliés. De nos jours, la mafia est toujours aussi puissante. Aux Etats-Unis, en effet, la Mafia emploierait des centaines de milliers de personnes. Dans la littérature, de surcroît, la Mafia est une source inépuisable.
On pense par exemple à
Scarface, de Howard Hawks, sans oublier que la
Cosa Nostra (mafia sicilienne, qui est la plus importante organisation criminelle au monde) a inspiré les
Bootleggers de Kenneth Allsop. Bien évidemment, on ne saurait oublier
le Parrain de Mario Puzzo, adapté ensuite au cinéma par
Francis Ford Coppola. Mais la Mafia, aujourd'hui, n'est pas seulement italienne. On trouve, notamment, la mafia corse qui s'étend jusque
Marseille, sur toute la région PACA, en Afrique, dans les
Antilles et même en Amérique du Sud. La mafia russe (
Organizatsia ou Mafia Rouge), quant à elle, est divisée en plusieurs organisations (tchétchène, géorgienne, ukrainienne...) dont chacune est dirigée par un parrain. Puis, la mafia albanaise est considérée comme la plus violente au monde. Pour terminer, la mafia japonaise, que l'on appelle les yakuzas japonais, est établie dans les régions d'Osaka et de
Tokyo. Leur chiffre d'affaire est basé sur le racket des chefs d'entreprise et sur l'industrie du sexe. Il existe bien d'autres organisations dans le monde qui ne sont pas prête de diminuer leur influence...