L'acide lysergique diéthylamide, couramment appelé LSD ou « acide », est la plus puissante des drogues hallucinogènes connues. En effet, on peut ressentir les effets de cette drogue dès seulement 20 microgrammes de substance absorbée ! On trouve habituellement le LSD sous forme de liquide, il est alors appelé « acide », dont quelques gouttes sont imprégnées sur un buvard ou un morceau de sucre ou diluées dans un autre liquide. Mais il existe également sous forme de poudre blanche inodore et soluble dans l'eau ou de petit comprimés.
Il est généralement administré par voie orale mais peu aussi être injecté ou même inhalé. Le LSD est un dérivé d'un champignon parasite très actif capable de synthétiser différents alcaloïdes, composés organiques azotés produits par les végétaux. C'est l'allemand Albert Hofmann qui découvre, en 1938, cette substance qu'il juge d'abord sans intérêt, abandonnant ainsi ses recherches sur cet alcaloïde semi synthétique, qu'il nomme aussi le LSD- 25, en raison de la place que ce dérivé hallucinogène occupe dans son cahier de chimiste. Cependant, cinq ans plus tard, Hofmann reprend ses travaux sur la synthèse de la molécule de LSD dans le but d'en découvrir d'autres propriétés, qui lui auraient échappés lors de ces premières expérimentations. Il est alors saisi de vertiges et d'hallucinations troublantes et découvrit ainsi accidentellement les effets du LSD. Par la suite, il rédigea un rapport qu'il envoya aux laboratoires Sandoz et le professeur Rothlin, alors directeur du secteur pharmacologique, expérimenta le produit sur ses collaborateurs et lui-même.
Convaincue par ses propriétés, et destinant ce nouveau produit à une utilisation médicale, l'entreprise Sandoz commence à en distribuer des milliers de doses en
Europe et aux USA. Mais la commercialisation et la circulation de LSD, utilisé de plus en plus comme une drogue récréative, notamment aux
Etats-Unis, commence à faire réagir les autorités. Après les abus de l'été 1967 où des milliers de hippies se réunirent lors de concerts gratuits pour consommer des drogues hallucinogènes en tout genre et notamment du LSD, la substance fut déclarée illicite.
En 1968, le simple fait d'être arrêté en possession de LSD est considéré comme un crime et l'année suivant, l'
ONU mentionne dans sa Convention sur les substances psychotropes, l'interdiction de l'usage de ce produit, considéré dès lors comme une drogue dangereuse. En réaction à cette interdiction, des chimistes ont conçu de nouvelles molécules dont les effets sont souvent plus dangereux encore, telles que le 2CB, la PMA, ou le DMT. Le PCP, substance hallucinogène proche du LSD, et présentant les mêmes effets, est parfois vendu pour du LSD. Cette drogue est d'ailleurs souvent mélangé à d'autres, telles que le
cannabis, l'
héroïne, la
cocaïne ou l'
ecstasy afin d'en amplifier les effets, jugés moins intenses que ceux du LSD. Ceux-ci se font sentir dans la demi-heure suivant sa prise et durent souvent de cinq à huit heures, voir même plus. Une personne ayant consommé de LSD voit ainsi son rythme cardiaque s'accélérer, sa
tension artérielle augmenter et est souvent victime de tremblements ou de
nausées.
Mais surtout elle perd contact avec la réalité de la « montée » à la « descente », cette étape pouvant notamment engendrer un état dépressif, c'est-à-dire que durant toute la durée de son « trip » où elle est « percher », elle voit ses perceptions auditives et visuelles ainsi que la notion de temps se modifier. Ainsi beaucoup de personnes ayant « gober » du LSD déclarent pouvoir « voir la musique » ou « entendre les couleurs » car tous les sens s'embrouillent et se mélangent.
Ces troubles peuvent générer de la gaieté et une certaine euphorie comme de la peur et des crises proches de la
schizophrénie. Chaque consommateur réagit plus ou moins différemment en fonction de l'environnement dans lequel il se trouve et de son état d'esprit avant la prise. Certains seront pris de fou rire incontrôlables et d'autres, plus fragiles mentalement ou plus sensibles, entrerons dans un état d'angoisse terrible. Dans ces cas là, le « trip » laisse place au « bad trip » où le voyage se transforme en véritable cauchemar et l'expérience se révèle alors très traumatisante. De plus, même pour ceux dont le voyage s'est déroulé sans « bad trip », l'expérience reste très marquante. En effet quelques anciens toxicomanes affirment avoir eu des « flash back » plusieurs mois, voir même parfois plus d'un an, après l'arrêt de leur consommation. Ainsi les hallucinations dont ils ont été victimes peuvent revenir même quand ils ne sont pas sous l'emprise de la drogue. D'après les statistiques et divers sondages, la majorité des consommateurs sont des jeunes adultes qui en absorbent surtout lors d'événements festifs notamment lors de festivals musicaux. Certains jeunes ont également pu l'expérimenter lors de fête techno où le LSD ainsi que d'autres drogues hallucinogènes, souvent associées à des stimulants ou à de l'ecstasy, sont très prisées. Cependant, même si le LSD présente un grand danger pour la santé mentale du consommateur régulier, et même s'il a souvent été à l'origine d'accidents psychiatriques graves, aucun décès dû à une surdose de cette drogue n'a encore été signalé.