En 1928, Léon-Gontran Damas traverse l'Atlantique pour débuter des études secondaires au lycée de Meaux, puis s'installe l'année suivante à
Paris pour y étudier le russe et le japonais à l'Ecole des langues orientales (qu'il quitte rapidement, taxant ses professeurs de racisme), et en parallèle le droit et la littérature. Il ne tarde pas à faire la connaissance de Léopold Sédar Senghor, lequel rencontre à son tour Aimé Césaire dans les couloirs du lycée Louis-le-Grand. Ensemble, les trois étudiants décident de fonder une revue dont le maître-mot sera d'oeuvrer à l'émancipation de la condition noire : c'est l'acte de naissance de
l'Étudiant noir, dont le premier numéro paraît en 1935, et qui constitue l'étendard des premières heures du mouvement de la
négritude, terme dont la paternité incombe au martiniquais Aimé Césaire. En 1937 paraît
Pigments, le premier recueil de poèmes de Léon-Gontran Damas, publié à compte d'auteur et préfacé avec enthousiasme par Robert Desnos. L'année suivante est publié
Retour de Guyane, dont on peut imaginer que le titre influencera Césaire pour son
Cahier d'un retour au pays natal.