A l'image d'autres villes minières comme
Saint-Etienne ou Thionville, à l'économie sinistrée par l'arrêt de leur principale source de revenus, Lens a du faire face avec courage et redynamiser son activité dans d'autres directions afin d'éviter une asphyxie totale. Le charbon aura marqué plus d'un siècle dans l'histoire de Lens, puisqu'il fut au centre même de son économie dès sa découverte à Oignies, à 16 kilomètres de là, en 1841 ; découverte qui eut pour conséquence la création du bassin houiller du Nord-Pas-de-Calais.
Entre cette date et l'arrêt total de l'activité dans la ville en 1986, plusieurs générations de familles lensoises n'auront vécu que par et pour cette matière fossile qui leur aura apporté, en même temps qu'un moyen de subsistance, la maladie (notamment la silicose) et l'enfermement dans un immobilisme fondé sur la nostalgie d'un âge d'or bel et bien révolu. Dès l'annonce d'un ralentissement de la production charbonnière, la ville de Lens dut réorienter son activité, notamment vers l'industrie textile, la métallurgie, la construction automobile et l'industrie alimentaire. Ces restructurations profondes n'auront pourtant pas empêché la ville de Lens de voir sa population s'amenuiser comme peau de chagrin, puisque le secteur Lens-Hénin-Carvin a perdu pas moins de 30 000 habitants depuis 1962... Lorsqu'on sait que 60% des habitations de la ville sont des logements sociaaux, il est facile de se faire une idée de la notion de ville « populaire », que Lens incarne parfaitement.
Dans une certaine mesure, l'ancienne ville minière entretient avec sa voisine Lille (distante de 40 kilomètres), les mêmes rapports conflictuels que ceux qui perdurent entre Saint-Etienne et
Lyon : un antagonisme de longue date fondé sur une profonde différence de niveau social entre une ville plutôt bourgeoise et une autre foncièrement populaire, constituée majoritairement de familles ouvrières.
Cet antagonisme transparaît dans la rivalité existant entre les deux principaux clubs de football de la région, le LOSC (Lille Olympique Sporting Club) et le Racing Club de Lens, dont les supporters ont la réputation d'être les plus fidèles à leur équipe et les plus chaleureux... Il faut noter que dans le petit monde du football nordiste, bien des amateurs de football originaires du bassin minier du Nord soutiennent le RC Lens plutôt que le club nordiste ! Les lensois sont bien évidemment très fiers des « Sang et Or » (sang pour le sang versé par les mineurs, et or pour la valeur du charbon récupéré au fond), qui contribuent à donner une image positive de leur ville et du département tout entier. Fondé en 1906, le club connut son âge d'or à partir des années 70 (finaliste de la Coupe de France en 1975, le club participe à sa première Coupe d'Europe en 1976), et connaîtra son heure de gloire avec l'entraîneur Daniel Leclercq, puisqu'il sera en 1998 à la fois champion de France, demi-finaliste de la coupe de la ligue et finaliste de la coupe de
France...
Cela étant dit, Lens ne se résume pas à son club de football : la ville se transforme depuis plusieurs décennies, avec l'arrivée du pôle scientifique de l'Université d'Artois ; la création d'une école d'ingénieurs et celle de l'Institut Universitaire de technologie... Enfin, le Ministère de la Culture a annoncé fin 2004 sa décision d'implanter son musée Louvre-Lens sur l'ancien carreau de mine de la fosse 9, ce qui constitue un puissant symbole de la
renaissance d'une ville longtemps mésestimée.
Les amateurs de patrimoine industriel peuvent participer à diverses promenades d'orientation sur les terrils de la ville et des alentours, organisées par l'office du tourisme Artois- Gohelle... consulter le site www.tourisme-lensliévin.fr...