Le Monde est le journal de référence français depuis sa fondation par Hubert Beuve-Méry sous l'impulsion du
Général De Gaulle, après guerre (en décembre 1944 précisément, dans le
Paris libéré), alors qu'il succédait au Temps, coupable d'avoir été un organe de la France de Vichy pendant la
seconde guerre mondiale. Il est aussi la voix des intellectuels français, puisque ce journal, lu par les universitaires, est diffusé dans plus de 120 pays à travers le monde.
Depuis longtemps, les suppléments du Monde sont également des lectures incontournables, comme le célèbre Le Monde des Livres, mais également depuis le début de la décennie (et sous différentes formules) Le Monde2 ou bien encore le supplément en collaboration avec le New York Times le vendredi, en langue anglaise. Mais il ne faut pas confondre ces suppléments, qui font partie intégrante du monde et sont liés à lui par une même charte, aux autres titres du groupe de presse, qui ne sont liés à lui que par la force financière du groupe « La vie- Le Monde » (du nom des deux titres phares du groupe qui possède aussi, entre autre, Télérama, autre publication culturelle française reconnue). Ceux-ci sont nommés Le Monde, Le Monde des Religions, Le Monde Dossiers et Documents, ou encore Le Monde Diplomatique (lequel a d'ailleurs un ancrage politique différent de notre titre de presse quotidien). Pour assurer ses ventes, au-delà d'avantages liés à l'abonnement (comme la possibilité d'accéder aux archives numériques), le titre offre régulièrement une série de DVD avec Le Monde daté du week-end, ou encore de disques d'Opéra... Il confirme ainsi son ancrage dans une culture facilement qualifiée d'élitiste.
L'autre particularité du Monde au sein des derniers quotidiens nationaux généralistes, c'est de paraître en fin d'après-midi et d'être daté du lendemain (on dit que c'est un journal du soir). Ce sont donc les informations de la matinée et les derniers développement de la veille qui sont traités, expliquant peut-être en partie sa place hégémonique : son tirage est supérieur à celui de
Libération ou
Le Figaro et aussi des titres de la presse gratuite (Métro, bien sûr, mais aussi de
20 Minutes).
Pour faire face à de nombreuses crises financières qui secouent le groupe dès les années 80, et afin de prendre le tournant de l'information en continu, le monde crée son site internet, lemonde.fr, en 1995, qui lui permet entre autre d'atteindre un public que l'édition quotidienne du journal papier ne peut pas atteindre (français de l'étranger, par exemple). Ne dérogeant pas à la règle actuelle, l'équipe de Le Monde est actuellement en crise interne. Les problèmes financiers qui se lient aux problèmes de direction font que le titre de presse a eu besoin de refonder sa maquette dans une nouvelle formule en 2005, et de changer les membres de son directoire. D'autre part, de nombreuses critiques fusent sur la neutralité des journalistes du Monde, et sur la volonté de l'équipe de direction de vendre plutôt que de faire un journal de qualité.
Ces critiques à l'encontre d'un journal autant lu sont monnaie courante, mais ont tout de même fragilisé encore un peu plus l'image du titre. L'avenir financier du groupe étant incertain, l'avenir du journal l'est aussi. On pourrait penser que Le Monde, en tant que monument de l'information française ne pourra jamais disparaître, mais ce serait oublier que depuis une trentaine d'années, la presse quotidienne nationale a perdu une quinzaine de titres.
Les lois du marché ne permettent plus de protéger Le Monde d'un déficit bonne éventuel, permettant ainsi de spéculer à loisir sur ce que sera l'analyse de l'information si ce journal de référence disparaissait.