De son vrai nom Olufemi Sanyaolu, Keziah Jones est né en 1968 à Lagos, au Nigeria. Fils d'un grand industriel Nigérien du Tiers-Monde et issu d'une grande famille de Lagos, Keziah Jones a suivi des études primaires dans un établissement anglais dès l'âge de 8 ans. Là, commençait sa double culture, à la fois africaine et européenne, du fait qu'il a été séparé très jeune de sa famille, de son pays et de sa culture maternelle. Son père voulait que Keziah suive ses traces et devienne un grand industriel comme lui, alors il l'avait envoyé à Londres pour suivre ses études supérieures, pendant une dizaine d'années. Mais son origine africaine reste ancrée dans son âme, et malgré l'écart entre cette origine et le milieu occidental dans lequel il a évolué, Keziah Jones savait concilier ces deux mondes presque opposés, ou mieux, tirer profit de ce mélange de cultures et de philosophies, et en faire ses propres acquis. Il décida alors d'abandonner ses études de management industriel pour se lancer dans la vraie musique. Initié au piano à 13 ans, il s'est mis à la guitare trois ans après et en est devenu une virtuose.
D'ailleurs fasciné par
Jimi Hendrix, Coltrane, Fela Kuti,
Prince, il a mélangé plusieurs styles pour créer le sien qui est le "blue funk", mêlant le funk, à la soul, au blues, au pop, au rock et à l'acoustique, avec une touche particulière de style et de sons africains, de bossa-nova ou d'afro-beat, faisant l'originalité de ses oeuvres. Ses textes sont, parallèlement, évocateurs des conflits politiques et culturels que vivait son pays, et également de ses conflits personnels du fait de sa culture cosmopolite.
Sa musique en est alors imprégnée mais actuellement son identité est faite. Keziah Jones maîtrise parfaitement son style et son originalité. L'on s'aperçoit dans ses mélodies et ses textes de son fond issu du peuple noir, qu'il fait valoir d'ailleurs, et de sa culture européenne, anglo-saxon en particulier. Son show commençait dans le métro parisien, et c'est Phil Pickett qui a été, en premier, séduit par son talent. Ce dernier est devenu son manager, après l'avoir fait accompagner par un batteur et un bassiste. Naquit alors un trio qui faisait connaître au public un style nouveau, presque une renaissance dans le genre de la soul music et du funk, avec beaucoup de mélange mais cerné dans une maîtrise parfaite et intelligente d'un profil musical personnalisé : le "blufunk" dont son premier album porte le nom en 1992. Phil organisait alors des tournées pour le trio dans toute l'Angleterre en 1990. Ils ont enregistré leur premier disque cette année-là et Keziah Jones, apportant un air nouveau, est alors apprécié par son public. Porté sur la poésie, ce fin musicien est aussi un philosophe dans ses chansons.
Concernant sa discographie, 1991 est le vrai début de Keziah Jones avec un premier disque "Frinigro Interstellar", révélant un artiste hors du commun et nouveau. En 1992, c'est le début du succès international avec l'album "Blufunk Is A Fact", avec un tube "Rhythm Is Love" et deux singles issus de l'album : "Where Is Life?" et "Free Your Soul". Le deuxième album "African Space Craft", qui est un grand succès, avec le single "If You Know" sort en 1995.
Une trève se fait constater jusqu'en 1999, l'artiste s'étant adonné à d'autres tendances artistiques comme la peinture, la littérature, voire même l'art cinématographique, mais 1999 a quand même fait voir le jour au troisième album "Liquid sunshine". Et en 2000 "Black Orpheus", opus qui marque surtout l'attachement de Keziah Jones aux valeurs philosophiques et culturelles de son origine noire nigérienne, mais qui traite également des problèmes conflictuels existant dans le monde, dus à l'inégalité entre continents, races et cultures. Avec les douze chansons de cet album, Keziah Jones a effectué une tournée européenne. Et enfin, le dernier en date : "Nigerian Wood", fraîchement sorti le 1er septembre 2008. En ce qui concerne ses représentations, il a, à son actif, plusieurs tournées européennes. Les dernières productions étaient récemment dans le métro de
Paris, comme à ses débuts, les 1er, 3, 4 et 6 septembre 2008, respectivement pour Miromesnil, Olympiades, Montparnasse-Bienvenue et Auber, édition organisée par la
RATP pour la manifestation musicale "Destination musique". Pour ceux donc qui sont assez éclectiques dans leur goût musical, Keziah Jones représente l'"éclectisme" par excellence.