La jalousie est un dysfonctionnement de la relation humaine. Quelque chose qui ne tourne pas rond. Pour surmonter la jalousie, il faut impérativement être deux : Le jalousé et le jaloux doivent mettre la main à la pâte sinon c'est l'échec assuré. Il faut laisser à chacun sa place d'acteur dans le processus. Plutôt que de ruminer dans son coin, et d'attendre que cela passe, affrontez la situation avec calme et raison. Tout d'abord, étudions le type de jalousie.
S'agit-il d'un cas isolé qui correspondrait à un moment de notre vie où l'on se sent perdu ou est-ce une situation répétitive où l'on est jaloux ou jalousé à chaque situation ? Très souvent c'est le deuxième cas de jalousie que l'on retient. Généralement, un des parents du jaloux était lui-même possessif, imprimant ce « modèle » de relation parentale à l'enfant, qui, plus tard, le reproduit. Inconsciemment la jalousie est intégrée comme preuve d'amour ou tout au moins pour être aimé, il faut que l'autre soit jaloux. C'est toute une reprogrammation qu'il faut alors envisager. Avant toute chose, regarder sa jalousie en face ; il faut absolument la reconnaitre, se l'avouer à soi-même (ou que l'on vit avec un jaloux). Faire semblant ne sert à rien ! Reconnaitre que l'on souffre et que l'on souhaite arrêter de souffrir est déjà faire un pas vers l'apaisement. Ensuite, sortez de la liste des récriminations et discussions stériles du genre « tu as regardé un tel ou une telle bizarrement... », mais posez vous plutôt la question de savoir pourquoi lorsqu'il fait ça, ça me fait mal. La jalousie n'est pas une expression de l'amour même si, souvent, elle l'accompagne. C'est la peur de perdre, le sentiment de propriété.
Distinguez la jalousie « normale », celle du « flash de jalousie » 100% naturelle où l'on voit l'Autre s'intéresser à quelqu'un et qui heureusement passe très vite de celle qui ne l'est pas. Ce qui n'est pas normal dans la jalousie c'est lorsque l'on souffre, et que ça dure !!! A chaque fois que l'on sent à tort ou à raison qu'une relation est en danger, la jalousie devient un support à l'expression de cette crainte. Autrement dit, on fixe une peur diffuse sur un mot précis : la jalousie.
C'est pourquoi, le comportement du jalousé n'a pas grand' chose à voir avec le véritable problème du jaloux, qui vit dans une peur permanente. C'est pourquoi le jaloux répète généralement ce processus avec tous ses partenaires, quelle que soit leur attitude, puisque sa crainte reste en filigrane. Pour s'en sortir, le passage obligé c'est la stratégie du coping. Il faut procéder par trois étapes : Reconnaître que l'on souffre, se raisonner et dans un premier temps ne pas en parler à l'autre. Une fois la crise de jalousie terminée, je note par écrit le récit, à froid. Ce qui s'est passé et ce que j'ai ressenti. Ensuite se relire pour voir à quel moment la souffrance a-t-elle été insurmontable, qu'est ce que cela évoque pour moi, et surtout quelle est la réalité du préjudice. Si les crises de jalousie se répètent et s'aggravent, parlez-en à l'autre. Surtout ne l'accusez pas. Dressez à froid la liste de ses comportements qui vous font souffrir et décrivez à chaque fois, la souffrance que cela éveille en moi : c'est la seule façon de permettre à l'autre de devenir « acteur » de la situation. Rien que pour tester la solidité de la relation, le dialogue vaut le coup.
En vous exprimant sans honte, le jalousé peut modifier certains de ses comportements provoquant la jalousie, vous rétablissez ainsi le courant et restaurez la foi en la relation car c'est finalement ça le problème. Retrouvez confiance en vous en parlant à l'autre ; c'est essentiel. Sachez qu'avec la jalousie, on reste à la « porte » sans vraiment essayer de découvrir la vraie densité de la vie à deux.
Alors, si vous voulez vraiment sauver votre couple, maîtriser la crise de jalousie ou tout au mois tempérez -la en pratiquant des exercices respiratoires et la stratégie d'évitement ; cela permet au moins de ne pas entretenir le processus.