IGN est le sigle de Institut Géographique National qui est un organisme public dont la mission est de gérer tout ce qui est informations portées sur le domaine de la géographie. Cette institution est la seule habilitée à produire, à entretenir et à diffuser les informations géographiques en
France. Il est à noter que deux autres pays disposent d'un établissement du même nom et qui assure la même fonction: la Belgique et le Niger. En un mot, les activités de l'Institut Géographique National sont essentiellement centrées sur la production de cartes géographiques.
Du point de vue juridique, cette institution est un établissement public à caractère administratif abrégé EPA, un statut qui ne lui a été attribué que depuis le 1er janvier 1967. L'IGN a été mis en place par décret le 27 juin 1940 pour substituer le Service Géographique de l'Armée: SGA, qui fut dissous à cette date. Le remplacement du SGA par l'IGN rencontra néanmoins un problème de transferts de biens et de données dans la mesure où il fallait partager les cartes géographiques anciennes réalisées par le SGA entre ce nouvel institut et l'armée, puisque le service qu'il remplace était rattaché à cette dernière. Les cartes géographiques attribuées à l'armée ont été intégrées aux archives militaires de Vincennes. Les fonctions réelles de l'IGN ont été formalisées par une loi signée au mois de septembre 1940 et son statut ne fut adopté que le 8 avril 1941. La mise en place d'une École Nationale des Sciences Géographiques fut incluse dans lesdits statuts afin de garantir que les futurs employés de l'institut soient réellement compétents et qualifiés. Les étudiants diplômés de cette école et qui vont intégrer l'Institut Géographique National sont tous des ingénieurs cartographes.
Puisque l'IGN a été créé durant la période située entre les deux Guerres, il est évident que son histoire soit affectée par ces conflits mondiaux. Premièrement durant la
Première Guerre, plusieurs matériels du SGA, nécessaires aux activités de l'institut, furent saisis par les Allemands et le premier dirigeant de l'Institut Géographique National: le général Louis Hurault tenta de les récupérer mais en vain.
Durant la
Seconde Guerre, les employés de l'IGN furent des acteurs majeurs dans la victoire des Alliés dans la mesure où il était très facile pour les ingénieurs cartographes de produire des faux documents. En effet d'un côté, ils sont des experts en matière de calligraphie et de l'autre, ils disposent des matériels qui permettent de produire facilement ces faux papiers. Mais l'implication des ingénieurs de l'époque dans la guerre n'en resta pas à ce stade puisqu'ils devinrent les contacts des services de renseignement des Alliés, fournirent le fonds de carte concernant l'intégralité de la France ainsi que de l'Afrique du Nord et intégrèrent la résistance armée. Entre 1944 et 45, l'IGN fut temporairement dénommé « Service géographique Militaire ». Il reprit ses fonctions dans le domaine civil en 1946 et aida l'armée dans la mise en place de sa section géographique. Un décret datant du 8 avril 1946 confirma son rattachement au Ministère des Travaux Publics. Sa mission reposa alors sur la couverture géographique des pays dépendants et des Territoires d'Outre-Mer. Ce n'est qu'à la date de l'adoption de son actuel statut que l'IGN fut placé sous la tutelle du Ministère des Transports.
En 1971, l'institut collabora avec le CNES afin de mettre en place un projet dénommé « Base de Données » ou BD qui consiste, grâce au lancement du satellite SPOT-1, à produire plusieurs types de BD: celles des communes, des missions aériennes, des nivellements, de la géodésie et des toponymes.
L'IGN se mit également à l'heure du numérique par l'intermédiaire d'un concept dénommé Référentiel à Grande Échelle abrégé RGE, qui repose sur la numérisation de l'intégralité de la cartographie française avec plus de précisions et selon quatre déclinaisons: la topographie, l'orthophotographie, l'adresse et les parcelles cadastrales. Dans cette même optique, l'Institut Géographique National mit en place, en 2006, un « Géoportail » dont le service repose sur la visualisation, du point de vue cartographique, de l'ensemble du territoire français. La même année, l'IGN fit ses premiers pas dans le secteur du
GPS en collaborant avec plusieurs sociétés reconnues dans le milieu. Son rôle reposa sur la fourniture d'extraits de cartes sous différentes échelles. Au mois de juillet 2007, l'Institut Géographique National intégra également le secteur de la navigation 3D sur une zone géographique précise et s'impose comme étant un concurrent réel de GoogleEarth.