Hugo Rafael Frias Chavez, un président qui anime les critiques médiatiques du monde entier, dirige depuis 1999 le
Venezuela. Il attire toujours l'attention du public lors des sommets ou des conférences internationaux avec ses discours tantôt enflammés, tantôt provocateurs. Ses propos s'adressent volontairement aux
Etats-Unis surtout sous l'administration Bush. Par ailleurs, il n'hésite pas de donner toutes sortes de qualificatifs au Président
Bush Junior pour démontrer l'inégalité des chances de vie dans le monde.
Cette hargne envers les américains peut s'expliquer par le passé de Hugo Chavez ainsi que son encadrement politique. Né en 1954 à Sabaneta au Venezuela, Hugo Chavez a suivi une formation militaire au sein de l'académie militaire de son pays et devient alors un officier vénézuélien en 1975. A l'issu de cette formation, il poursuit des études en sciences politiques à l'université de Caracas, période durant laquelle naissent ses ambitions politiques. Ses pensées se tournent alors vers les « exploits » de Simon Bolivar, le libérateur de l'Amérique latine au XIXème siècle, son idole auquel il s'inspire jusqu'à fonder au sein de l'armée une organisation pour le moins clandestine : le Mouvement Bolivarien pour la Révolution (MBR), laquelle constituera par la suite, le centre d'impulsion des ambitions politiques de Hugo Chavez. On peut dire qu'il gravit assez rapidement l'échelon militaire en accédant au grade de lieutenant colonel à la fin des années 80, pour devenir colonel en 1991. Cette accession au rang élevé de l'échelon militaire lui a permis d'axer ses actions sur le système politique avec comme principal cheval de bataille, la lutte contre la corruption.
Cela lui a fait bénéficier d'une grande popularité auprès des couches les plus vulnérables et les plus pauvres de Venezuela. Il faut dire que les réserves pétrolifères du pays attirent les investisseurs étrangers à cette époque et Hugo Chavez accuse le président de tirer profit de la corruption qui sévit dans le milieu de l'exploitation du pétrole. C'est ainsi qu'en 1992, il tente un putsch contre le président Carlos Perez qu'il accuse d'être le principal générateur de la corruption dans le pays.
Ce mouvement n'aboutira malheureusement que par la mort de 18 personnes et en tant que membre fondateur du MBR, Hugo Chavez est emprisonné à la suite de ce putsch manqué. Deux ans plus tard, il fut amnistié et quatre ans après cette amnistie, il s'est remis sur le plan politique en briguant le mandat présidentiel. Il est finalement élu démocratiquement président du Venezuela à raison de 56 pour cent des suffrages exprimés. Outre la grande popularité dont jouit Hugo Chavez au sein de la population, cette élection va lui fournir des moyens pour mettre en ½uvre sa politique en toute légalité. Par ailleurs, il passe pour un libérateur des Vénézuéliens qui sombrent alors dans une corruption plus ou moins généralisée puisque la Transparency International considère à cette époque le Venezuela comme l'un des pays les plus corrompus au monde.
Naturellement, les grandes lignes de sa politique vont s'axer autour de la lutte contre la corruption ainsi que le développement économique du pays. Mais en avril 2002, Hugo Chavez est destitué au profit de Pedro Carmona, principal dirigeant de la junte. Cependant, il regagnera sa place quelques jours plus tard, grâce à l'appui d'une partie de l'armée. L'armée fractionnée, il appelle à la réconciliation nationale et à la reconstruction du pays, mais, il est depuis lors tenaillé par l'opposition.
En tout temps, Hugo Chavez est fidèle à ses convictions idéologiques personnelles et croyant en la justice économique et sociale, il redistribue les richesses nationales. Pour cela, il entame des réformes tendant à redynamiser l'économie et la première chose qu'il a faite a été de reviser la Constitution afin qu'il puisse avoir une marge de manoeuvre pour mettre en oeuvre ses ambitions de réforme. Mais l'allongement du mandat présidentiel de 5 à 6 ans ainsi que la suppression du
Sénat vont attiser les critiques de l'opposition et de l'opinion publique. Toutefois, la nouvelle Constitution va être approuvée à plus de 80 pour cent et son parti va même remporter plus de 90 pour cent des sièges du Congrès.
Ses positions vis-à-vis de la politique étrangère américaine, tant au point de vue économique que politique, vont finalement lui attribuer de mauvaises réputations sur la scène internationale. Viscéralement opposé au libéralisme « sauvage » des pays occidentaux, il prône plutôt un visage humaniste des échanges économiques entre les pays riches et les pays en développement qui, selon lui, doivent être des plus équitables.
Beaucoup considèrent Hugo Chavez comme étant un président à scandales et ses « alliances » avec d'autres présidents controversés tel que le président iranien, vont lui attirer les foudres des américains. Finalement, le bilan de l'économie du pays sous le régime Chavez n'est pas positif malgré de vastes réformes agraires ainsi qu'une gestion contrôlée des ressources pétrolières.