Le Hooliganisme est un phénomène de violence lié au sport, notamment le football. Il apparut en
Angleterre à la fin du XIXe siècle et s'étend dans plusieurs pays, comme la
France, l'
Italie, la
Grèce, l'
Allemagne, les
Pays-bas et le Brésil. Le terme "hooligan" est utilisé à partir de 1898 pour nommer les voyous londoniens. Aujourd'hui, ce terme désigne le public dit "à risque" des stades du monde entier.
Le terme hooligan provient, selon les chercheurs, du nom d'un ivrogne irlandais notoire, Patrick Hooligan qui habite à Londres et qui est régulièrement impliqué dans des bagarres. Les rapports de la police londonienne au cours de l'année 1898 mentionnent régulièrement son nom et le journal Daily News finit par en faire un article. Une autre hypothèse avance que ce nom est en référence à une famille du XIXe siècle ayant le même nom, réputée pour leur mode de vie sauvage et violent. D'autres disent que c'est un nom dérivé du gang de Islington appelé Hooley qui est fervent supporter d'un club de football. Le phénomène hooliganisme n'est pas nouveau car déjà à l'ère des gladiateurs de la Rome Antique, les spectateurs en arrivaient à la violence lorsque leur favori se faisait battre. Un écrit de Tacite relate le déroulement de ce genre d'évènement dans l'amphithéâtre de Pompeï. Le hooliganisme est apparu en 1880 avec la création du championnat professionnel de football en Angleterre car c'est à partir de ce moment précis que l'on commence à observer des altercations régulières entre les spectateurs. On observe également que ce sont les personnes issues de la classe ouvrière qui sont les plus impliquées dans ces bagarres.
Avant la
première guerre mondiale, le phénomène atteint un sommet effrayant et est à l'origine de nombreux dégâts matériels et moraux. Entre les deux guerres, le phénomène semble se calmer et semble même en voie de disparition. Mais à l'arrivée des années cinquante, le phénomène revient dans les stades anglais et apparaît aussi dans plusieurs pays d'Europe. Il est omniprésent dans presque tous les matchs de football en 1960 et finit par devenir incontrôlable car le mouvement est mieux organisé dans les années 1970.
La raison de ce phénomène se situe à un niveau psychologique, une quête d'identification et un manque de sentiment d'identité nationale causée par une crise économique. La personne s'attache alors excessivement à une équipe ou à un joueur, allant jusqu'à l'idolâtrer. Ce qui fait que lorsque l'équipe ou son joueur favori perd, c'est comme si c'est la personne elle-même qui subit la défaite. Le choc émotionnel est alors exprimé par la violence. Cependant, cette théorie commence aujourd'hui à perdre tout son sens car les affrontements ne contestent plus les décisions arbitrales et n'expriment plus l'esprit d'équipe. Ils sont devenus une forme de guerre où les tribunes sont les lieux de rencontres et les matchs, un alibi. Les évènements liés à ce phénomène sont nombreux et souvent meurtriers.
En 1967, au Pérou, une émeute survenue dans le stade de Lima et suivie d'un incendie, fait 320 morts. La même année en
Turquie, une rencontre locale qui tourne à la bagarre fait 40 morts dont la majorité a succombé à des coups de couteaux. Le premier décès dans un stade anglais a lieu en 1974 à Blackpool. L'affrontement qui a le plus marqué le monde entier est le drame du stade du Heysel, à
Bruxelles, en 1985, lors d'un match de la coupe du monde opposant
Liverpool à la Juventus de Turin . Les supporters anglais agressèrent les supporters italiens.
Bilan : 39 morts dont 37 dans le camp italien. Bien qu'une grande majorité des victimes ont succombé par étouffement contre les grilles du stade, cela n'enlève rien à la gravité de la situation qui risquait de devenir un conflit international. De nombreuses mesures répressives sont orchestrées contre les clubs anglais comme leur exclusion aux rencontres européennes pour cinq ans et la police britannique crée un fichier sur les agitateurs les plus violents de chaque club. Ce phénomène est indéniablement un des plus meurtriers et est un réel fléau pour la jeunesse et le sport. Cependant, certains évènements abusent de la mauvaise réputation du hooliganisme en confondant violence et phénomène de foule. Ce fut le cas du drame de Sheffield en 1989 causé par un grave défaut d'organisation et non par le hooliganisme.
Les responsables ont fait entrer 4 000 spectateurs sans billet dans une tribune grillagée, bondée et dépourvue d'issues de secours. Bilan : 95 morts. En 1998, à Lens, lors d'une rencontre de Coupe du Monde, un jeune Allemand agresse sauvagement un gendarme. Depuis, la consommation d'alcool est interdite et les caméras de surveillance sont présentes dans et aux environs des grands stades.