Depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, le théâtre évoluait suivant les différentes époques qui se succédaient. Le théâtre occidental d'origine grecque, était surtout axé sur les manifestations religieuses, comme la célébration de Dionysos ou Bacchus, Dieux du vin et de l'ivresse. Les acteurs se composaient uniquement d'hommes et les pièces se jouaient en plein air. Pour pouvoir présenter une pièce, il fallait que l'auteur en ait écrit quatre qui formeraient une tétralogie composée de trois tragédies et d'une autre qui retraçait un drame social.
La représentation de ces oeuvres devait se faire en une seule journée, étant donné qu'il s'agissait d'un concours. Les acteurs portaient des masques et dans toutes les oeuvres de l'auteur, une seule personne tenait tous les rôles. Plus tard, le nombre d'acteurs augmentait pour devenir trois, et les masques disparaissaient. Pour la
Grèce antique, il y avait un échange entre le choeur et l'acteur et celui-ci s'exprimait de telle manière que la pièce semblait vivre. Pour les Romains, la scène se trouvait derrière un rideau qu'on levait à chaque apparition et les acteurs étaient des esclaves ou des affranchis. La personne qui les dirigeait était elle-même esclave, elle écrivait la plupart du temps les pièces que ses acteurs jouaient. L'Etat payait le cachet des acteurs et si la pièce ne convenait pas au public, ils n'étaient pratiquement pas payés. Avec l'avènement du christianisme, le théâtre fut condamné par les religieux, ils avaient même excommunié les personnes qui y prenaient part. Ils les jugeaient démoniaques mais cela n'avait pas empêché le théâtre de suivre son évolution. Au Xème siècle, on mettait en scène des pièces ayant trait à la vie des personnages cités dans le Nouveau Testament.
Elles se jouaient à l'intérieur même de l'église et on les appelait ''Drame Liturgique''. Vers le XIII ème siècle, trois grandes figures du théâtre écrivaient des pièces qui n'étaient pas du tout liturgiques. Jean Bode dans ''Le Jeu de Saint-Nicolas'' inséra dans son oeuvre beaucoup d'intermèdes comiques, toutefois, il gardait ce caractère religieux spécifique au théâtre médiéval. La production de Adam de Halle ''Le Jeu de la Feuillée'' était une pièce satirique et qui ne relevait nullement de la religion.
Rutebeuf, dans ''Le Miracle de Théophile'', fut le seul à faire jouer la vie des Saints. L'Eglise à son tour institua un théâtre religieux pour favoriser leurs oeuvres d'évangélisation et ce fut ainsi que les hagiographiques devenaient d'immenses représentations: les ''Mystères''. Ils se jouaient sur la place publique et duraient plusieurs jours, leurs thèmes peignaient des lieux cités dans
la Bible: le Paradis, Jérusalem ou l'Enfer. Les farces qui étaient des petites pièces comiques et les soties se développèrent en même temps que les Mystères mais la moitié du XVIème siècle fut marquée par leur interdiction. L'Eglise considérait que la présence des intermèdes nuisait aux caractères religieux des pièces.
Une autre forme de théâtre qui s'inspirait de l'Antiquité fut créée à la
Renaissance: on jouait la première tragédie française avec ''Cléopâtre captive'' de Jodelle. Dans les oeuvres des écrivains humanistes, les actions étaient presque absentes, les personnages se cantonnèrent trop dans leur malheur et n'arrêtaient pas de se plaindre. Cependant, Catherine de Médicis introduisit en
France ''La Commedia dell'arte'', pendant qu'un autre genre s'était développé : la tragi-comédie avec une fin heureuse.
Si auparavant, les unités de temps et d'action régissaient la représentation, à partir du XVII ème siècle, les acteurs participaient à diverses actions se produisant à différents endroits, et à différents moments. La deuxième moitié du siècle vit la naissance du théâtre classique:
Racine,
Corneille et
Molière représentaient les illustres figures du théâtre français. En Angleterre, c'était l'époque de
William Shakespeare, de Ben Jonson, tous deux de très célèbres dramaturges. Après la mort de Louis XIV, les théâtres privés se développèrent en France tandis que
Voltaire reprit les acquis laissés par Racine et Corneille. En
Allemagne, Lessing faisait déjà ressentir le drame romantique. La durée de 24h, respectée dans le théâtre classique disparaissait au XIX ème siècle, les lieux se diversifiaient et on respectait très peu la règle de la bienséance. Les dialogues s'enrichissaient par l'introduction du langage populaire. Enfin au XX ème siècle, on assiste à un genre tout à fait nouveau: le théâtre de l'Absurde. Rien n'existera dans la pièce: ni récit, ni intrigue, ni conflit, ce qui compte, c'est la présence des personnages.