Mondialement reconnue, au point de tenir la place d'exemple banal quand on parle de
bière à travers le monde, la Guinness trouve ses origines à
Dublin, en Irlande. Née à la célèbre brasserie de la porte Saint James à Dublin, cette bière porte le nom de son créateur, Arthur Guinness, brasseur de bières ales depuis 1750. C'est en 1759 que la Guinness commence à être commercialisée, à l'époque dans les seuls pubs irlandais. Le succès est immédiat. Elle est alors exportée chez les voisins britanniques en 1769.
Devant l'enthousiasme que la Guinness suscite, la production de bière blonde est abandonnée par la brasserie qui se reportera uniquement sur la création de sa bière phare. Le succès de la Guinness va alors suivre l'expansion de l'empire britannique, et s'exportera à travers le monde entier : Canada,
Etats-Unis,
Nouvelle Zélande mais aussi en Afrique. En 1886, la brasserie s'impose comme la plus importante du monde. Elle est aujourd'hui dirigée par la firme multinationale Diageo. La Guinness est une des bières les plus répandues au monde. Sa consommation culmine évidemment dans ses terres d'origine, en Irlande, avec près d'un million de pintes vendues par jour, pour un total de cinq millions à travers le monde. Extrêmement populaire et culturellement liée à l'île, elle représente sans surprise la boisson alcoolisée la plus vendue du pays. Pour autant, son adhésion dépasse les seules frontières irlandaises : ainsi elle représente 50% du marché de la bière en Afrique et sa consommation au
Canada est parfois équivalente à celle de l'Irlande. Elle est pourtant relativement mal intégrée en
France, où on lui préfère sûrement la
Leffe !
Inspirée du succès des bières « porter », c'est une « stout », caractérisée par sa couleur brune, presque noire. Issue d'une fermentation haute, de l'usage d'orge grillé et de malt hautement torréfié, elle doit sa mousse blanche et crémeuse à l'ajout d'azote durant son tirage. Ce fait explique la grande différence de goût entre les Guinness servie à la pression et celles vendues en bouteille ou en canette. Il faut bien noter qu'il faut savoir attendre pour savourer sa Guinness.
En effet, les puristes diront qu'il faut la servir en deux fois : une première à 80% de sa capacité, pour resservir ensuite à ras bord, le temps de laisser les bulles se stabiliser. La Guinness est d'ailleurs, selon les publicitaires, le symbole de la patience : "good things come to those who wait". Heureusement, aujourd'hui, la firme a inventé un système pour tenter de copier l'effet du tirage dans les simples canettes. Avec son système « Guinness Draught », on boit donc une canette de Guinness contenant une sphère remplie d'azote, qui libère son contenu lors de son ouverture. Le « surger » est un autre système plus récent : on utilise une plaque électrique qui envoie des ultrasons dans le verre de Guinness, recréant ainsi la montée des bulles constituant progressivement la couche de mousse.
Ce sont donc des inventions ingénieuses qui permettent de retrouver la valeur de la pression. La Guinness a longtemps eu l'image d'une bière très lourde, avec « autant à boire qu'à manger ». Pour autant, il faut rompre avec cette image. En effet, la Guinness ne comporte que 198 calories, ce qui est inférieur à ce que délivre un simple verre de jus d'orange. En outre, une étude mené par un organisme de recherche privée a mis en évidence le coté bénéfique de la Guinness pour ... le c?ur !
En effet, la bière ralentirait le dépôt de cholestérol dans les artères grâce à un antioxydant que l'on retrouverait dans de nombreux fruits et légumes. La Guinness se consomme en outre en cocktail ou en cuisine. Elle connaît aussi de nombreuses variantes, notamment en fonction des pays où elle est consommée. Une version spécialement créée pour l'exportation se nomme ainsi « Foreign Extra Stout », mais il existe aussi des Guinness spéciale pour le Nigeria ou pour le Benelux. Attachée à son symbole, la harpe, la Guinness n'est pas une simple bière, mais représente autant une tradition. Il existe d'ailleurs un musée à Londres. Cette tradition est pourtant menacée, avec la probable future fermeture de la brasserie historique de Saint James ...