Né le 1er décembre 1896 dans une famille de paysans du Kalouga, une région située au sud-ouest de
Moscou, Guerogui Joukov apprend le métier de fourreur à Moscou. À l'âge de 18 ans, il s'engage lors de la
Première Guerre mondiale et l'année suivante, Gueorgui Joukov servant chez les dragons à Novgorod (à 550 kilomètres de Moscou), se fait remarquer pour son courage et reçoit la croix de Saint-Georges, une distinction honorifique militaire. Il va très vite grimper les échelons en devenant sous-officier puis lieutenant en 1917.
Après la révolution d'octobre, Gueorgui Joukov fait partie du Parti communiste et se bat farouchement lors de la guerre civile. Il reçoit là encore une distinction : l'Ordre du Drapeau Rouge après avoir maîtrisé des paysans révoltés. Remarqué pour son courage mais aussi pour sa rigueur et sa discipline, il obtient le commandement d'un régiment de cavalerie de l'Armée rouge en 1923 puis est en charge d'une brigade sept ans plus tard. Diplômé de l'Académie militaire de Frounzé (actuellement capitale du Kirghizistan, pays d'Asie Centrale peuplé de tribus nomades), Gueorgui Joukov comprend très tôt l'intérêt des chars dans la guerre. Contrairement à d'autres, alors que
Staline purge l'Armée rouge de ses dirigeants dans les années 1930, Gueorgui Joukov n'est pas menacé. Il faut dire qu'à cette époque, il était bien loin de Moscou, d'abord en tant qu'observateur de la Guerre d'Espagne puis en devenant Commandant du premier corps d'armée soviétique mongol. Entre 1938 et 1940, Gueorgui Joukov est envoyé en
Mongolie car les Japonais ont tenté une incursion à la frontière entre la Mongolie et la Mandchourie. Joukov est chargé de la contre-offensive.
Grâce à des renforts en hommes et en matériel moderne, dont des chars, Joukov remporte la victoire de Halhin Gol le 20 août 1939. Avec une remarquable habileté, il force les troupes japonaises à quitter le terrain en abandonnant sur place hommes et matériels. Joukov reçoit alors le titre de « Héros de l'Union soviétique ». Par la suite, il participe à la guerre contre la
Finlande.
Devenu Général en 1940, Gueorgui Joukov est nommé pendant un court laps de temps Chef de la Stravka, soit Chef de l'état-major des forces armées d'Union soviétique mais Staline est en désaccord avec lui et le fait remplacer par le Maréchal Boris Chapochnikov qui sera lui-même remplacé plus tard par Alexandre Vassilievski. Joukov est envoyé lors de la
Seconde Guerre mondiale pour aider à la défense de Leningrad, les Allemands et les Finlandais menaçant d'encercler la ville. En octobre 1941, il est amené à remplacer Timochenko sur le front central tout en étant chargé de défendre Moscou : il faut dire que les Allemands ne sont qu'à une trentaine de kilomètres de la capitale. Très vite, Joukov sent le danger et rapatrie des troupes d'élite servant en Extrême-Orient après avoir obtenu l'assurance de la non-intervention des Japonais.
Ainsi, il lance une contre-attaque début décembre en évitant la chute de Moscou qui semblait perdue. En 1942, Joukov devient le délégué du Commandant en chef des armées et il se rend dans la région de Stalingrad pour sauver la ville aux côtés de Vassili Tchouikov, Alexandre Vassilevski, Timochenko, Rokossovki, Malinovski et Yeremenko. C'est la fameuse
bataille de Stalingrad, grande victoire soviétique sur les Allemands et qui sera un tournant décisif de la Seconde Guerre mondiale.
Lors de la bataille de Stalingrad, Joukov supervise la capture de la 6me armée de Paulus, cette bataille étant sans doute la plus sanglante de la Seconde Guerre mondiale avec entre un et deux millions de victimes dont de nombreux civils. En janvier 1943, Joukov organise également le ravitaillement de Leningrad en forçant le blocus allemand, laissant au général Vatoutine la charge de commander les troupes lors de la Bataille de Koursk. Finalement, Joukov force le siège de Leningrad en janvier 1944, poursuit l'offensive soviétique et libère la
Biélorussie. À la fin de la guerre, Joukov est l'un de ceux qui mènent l'assaut contre Berlin en avril 1945 et il reçoit enfin la capitulation de l'
Allemagne au nom de l'Union soviétique.
Après la guerre, Joukov est chargé de s'occuper de la zone soviétique en Allemagne mais décidément, il est trop populaire pour Staline qui l'envoie en 1946 en tant que Commandant du district d'Odessa. Il faut dire qu'à l'époque, Odessa est en proie à une forte vague de criminalité organisée et menée par l'organisation « Le chat noir » qui s'attaque aux matériels militaires mais aussi au personnel militaire. Joukov va alors militariser les policiers en montant des commandos de l'Armée déguisés en civils, hommes ou femmes.
Ces commandos vont avoir pour mission d'abattre sans pitié tous les membres de l'organisation criminelle. Les prisonniers sont également exécutés sans autre forme de procès. Joukov parvient ainsi à faire chuter la criminalité à Odessa de manière spectaculaire. Cependant ses méthodes ne font pas l'unanimité au sein de la ville et les autorités civiles font appel à Nikita Khrouchtchev, haut membre du Parti communiste afin de le muter. Après la mort de Staline en 1953, Joukov est nommé délégué du Ministre de la Défense puis Ministre puis il appuie Khrouchtchev en 1957 afin qu'il soit nommé Président du Conseil des ministres de l'URSS. Dès lors, Joukov devient un membre du Comité central du Parti communiste mais quatre mois plus tard, Khrouchtchev s'en débarrasse tant comme Ministre que comme membre du Comité central. Il faut attendre 1964 et le départ de Khrouchtchev pour que Joukov réapparaisse à la surface grâce à Léonid Brejnev et à Alexeï Kossyguine. Cependant, Joukov n'aura plus aucun pouvoir. Il décède le 18 juin 1974 à l'âge de 77 ans à Moscou et fut incinéré avec les honneurs militaires. Plus tard, la Fédération de Russie va créer l'Ordre Joukov et la Médaille Joukov en 1995.
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