Graffiti est un mot italien venant du latin "graphium" et du grec 'graphien" signifiant écrire, peindre ou dessiner. Ce terme est utilisé directement par les Français et n'a pas été traduit pour le distinguer d'autres mots. En effet, le graffiti désigne les dessins, écritures ou gravures manuscrits sur les murs ou des pierres ou d'autres matériels de façon informelle dans un but précis. On appelle les auteurs de graffiti des « graffiti-writers », « graffiti-artists » car il s'agit surtout d'un art.
Tout comme dans les autres arts, les graffiti-writers apportent souvent leur signature sur leurs oeuvres. Mais ils peuvent également rester anonymes. Depuis les temps anciens, les graffitis ont déjà bel et bien existé mais peut-être qu'auparavant on n'utilisait pas ce terme. Ils servaient de transmission de message que les gens envoyaient à leurs amis ou aux politiciens ou à leurs sportifs favoris. C'est également un des moyens pour exprimer des idées. Ils permettaient aux chercheurs (archéologues ou linguistes) de situer les lieux et d'évaluer les niveaux de langage de ces écrivains. Par exemple, les archéologues ou paléontologues pouvaient plus ou moins situer un lieu approximatif de leurs recherches. Grâce à ces traces, on trouvait ces dessins ou anciennes écritures dans les grottes, sur des murs ou des plateaux de pierre servant d'indice, qu'ils conservaient. Les images ou dessins servaient également de représentation du mode de vie de ces personnages antiques, notamment des prisonniers chrétiens. Sur les murs de prisons ou de casernes, des monarchies ou des caves, les détenus dessinaient leur vie et les conditions dans lesquelles ils ont vécu, les tortures qu'ils ont endurées.
Dans les anciennes maisons des villes portuaires de la
France, les marins ainsi que les ouvriers de bateau ont inscrit des caricatures et des dessins racontant leur vie en mer ou les différentes guerres qu'ils ont vécues. Dans les années 50 après
J-C, les artistes littéraires ont tracé leur vie à travers cet art et ces écritures diverses afin de mémoriser ou même en vue d'immortaliser leur vie sous une forme originale. De nos jours, les "écrivains" expriment leurs idées personnelles ou leurs revendications par des oeuvres et des dessins.
La plupart du temps, c'est comme une sorte d'appel ou de transmission de message important à un destinataire bien défini. Par exemple, les jeunes New-yorkais issus de la culture hip hop dans les années 70 ont surtout utilisé ces moyens comme signes de révolte ou de considération dans la société dans laquelle ils vivent. Ils veulent montrer qu'ils existent ou veulent tout simplement s'affirmer. Ainsi, la culture hip hop se répand à travers l'Europe, toujours pour les mêmes objectifs. Un autre exemple bien concret est aussi le cas des graffiti sur le mur de
Berlin. Avant l'unification des deux pays, les jeunes de l'Allemagne de l'Ouest ont pu se manifester à travers les différents messages et slogans sur le mur de Berlin, dans le but de montrer la situation dans les deux pays et leurs espoirs d'unification. Ainsi, ce mur est devenu un symbole de réunification des deux pays.
Des débris de ce mur sont même conservés dans les musées allemands en guise de preuve historique pour les générations futures. Les politiciens utilisent ces "graffiti-writers" comme des instruments pour exprimer leurs opinions sur la situation de leur pays. Par ces écritures, ils incitent la population à réfléchir ou à se révolter ou seulement à faire preuve de nationalisme. Cette situation peut être pour ou contre le pouvoir sur place. Dans la culture malgache par exemple, dans la région du sud et du sud ouest, le graffiti est surtout utilisé pour rendre hommage aux défunts.
Selon la volonté de ces derniers, les familles dessinent sur les murs des tombeaux les parcours de leur vie ou leurs rêves du temps de leur vivant. En fait, les gens des ethnies Mahafaly et Antandroy dessinent de très jolies caricatures et des images sur leur caveau familial pour que les étapes de la vie des défunts s'y reflètent, faisant ainsi le plaisir des passants. Ils font des dessins d'avions ou de bateaux si le défunt rêvait de devenir pilote d'avion ou marin. C'est une des cultures malgaches qui distinguent cette population des autres pays du monde. D'autre part, pour les Antanosy, une autre ethnie dans le sud-est de
Madagascar, ces "graffiti" sont surtout représentés par des "aloalo" qui sont déposés sur les tombeaux familiaux.
Ces aloalo sont des sculptures en bois qui racontent la vie ou les activités des défunts (chauffeur de
taxi-brousse ou marchand de zébus...). Dans les temps anciens, les utilisateurs de graffiti utilisaient des pierres ou un instrument en métal pour graver les rochers et les murs car ils n'avaient pas d'autres moyens. En plus de cela, ils utilisaient des peintures également composées de plantes ou d'encres pour embellir les dessins. Grâce à la technologie, on utilise actuellement des matériels plus performants.
Ce sont souvent des bombes aérosols ou des peintures, des craies et des markers. On fait des scribes sur des murs ou des supports dans des lieux où les passants peuvent voir distinctivement les messages. Les thèmes sont principalement des textes normaux avec des vocabulaires spéciaux ou originaux, des slogans ou tout simplement des pseudonymes.