Sis dans le nord-ouest de l'Afrique, le
Maroc est une monarchie constitutionnelle, héréditaire, démocratique et sociale. Le pouvoir exécutif est détenu principalement par le roi et ses conseillers, qui composent ce que l'on appelle le « Palais », ainsi que par le gouvernement. De ce fait, le pays est dirigé de concours par le roi du Maroc et le
Premier Ministre. En 2009, ces deux dirigeants sont respectivement Sa Majesté Mohammed VI et Abbas Al-Fassi.
Descendant de la dynastie alaouite qui régne depuis le XVIIe siècle, le roi Mohamed VI est le fils de l'ancien roi Hassan II et le petit-fils du roi Mohamed V. En juillet 1999, il remplace son père à la tête de l'État marocain. Abbas Al-Fassi quant à lui a décroché son poste de Premier Ministre en septembre 2007, en remplacement à l'ancien Premier Ministre Driss Jettou. Le Maroc se plie à la constitution proclamée par Hassan II en 1962, modifiée en 1970, 1972, 1992 et 1996. Le roi détient la plus grande partie des pouvoirs au Maroc, étant à la fois chef des armées et chef religieux. Le souverain du Maroc désigne et révoque le Premier Ministre, en fonction de la majorité du parlement. En effet, le premier ministre est souvent tiré du parti majoritaire à l'issue des élections parlementaires. À noter que le Parlement marocain est bicaméral et est composé de la Chambre des Représentants ainsi que de la Chambre des Conseillers. Sur proposition du Premier Ministre, le roi nomme les ministres et siège à la présidence du
Conseil des ministres. Au Maroc, les ministères de l'Intérieur, de la Justice, de la défense nationale, des Affaires islamiques et des Affaires étrangères sont du ressort réservé et exclusif du roi.
Appelés ministères de « souveraineté », le choix des titulaires de ces derniers ne relève que de la seule autorité du monarque, sans aucune proposition de la part de quiconque. Le roi désigne six des douze membres du Conseil Constitutionnel ainsi que son président. Le monarque peut également suspendre la constitution et dissoudre les assemblées. Quant aux conseillers du roi, ils forment un pouvoir parallèle et indépendant qui n'a de compte à rendre à personne.
Le Palais s'assure un contrôle effectif et complet sur tout le territoire marocain, en instaurant les « super-walis », des gouverneurs locaux dotés de pouvoirs importants. Instaurés afin d'assurer la décentralisation du pays, ces gouverneurs sont nommés directement par le pouvoir royal et dépendent du Palais. Le gouvernement est chargé d'assurer l'exécution des lois. Il répond de ses actes et est responsable devant le Parlement et le Roi. En prime, devant la Chambre des Représentants, le Premier Ministre a le pouvoir d'engager la responsabilité de son gouvernement, en vertu de son pouvoir d'initiative législative. Après sa nomination et avant sa prise de pouvoir, le Premier Ministre est tout d'abord tenu d'exposer devant le Parlement, sa politique future ainsi que les grandes lignes de sa réalisation à venir. Si besoin, une motion de censure peut être votée à l'encontre du gouvernement par l'une des chambres. À l'issue du vote, qui doit être adopté à la majorité des 2/3, le gouvernement peut être tenu de démissionner. À noter que dans l'exercice du pouvoir exécutif, le gouvernement dispose d'une influence et d'une part de pouvoir très limitées, en comparaison à celles du Palais.
Bien que le pouvoir du Palais soit si important, le Parlement dispose tout de même d'un pouvoir de contrôle, grâce à la fonction qui leur est donnée d'examiner et d'agir sur tout projet de loi, jusqu'à décider de l'adopter ou non. Le roi actuel doit son trop plein de pouvoir non seulement à une légitimité religieuse, politique et historique mais surtout au roi Hassan II, qui a dressé la constitution selon son envie de contrôler entièrement le pays.
Force est de constater que le régime de pouvoir du roi d'aujourd'hui est plus souple et moins autoritaire, en comparaison à celui du temps du roi Hassan II, qui s'apparentait à une véritable dictature. Le respect des droits de l'homme et des libertés individuelles sont désormais intégrés dans les priorités du royaume. Dans la vie parlementaire du Maroc, on trouve deux grands partis politiques dominants, à savoir le Bloc Démocratique et l'Entente Nationale. Le premier regroupe les partis de gauche et de centre-gauche tandis que le second est une alliance de centre droit. La force parlementaire d'opposition quant à elle est principalement exercée par le Parti de la Justice et du Développement, représentant les islamistes.