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Georges Jacques Danton : portrait d'un grand révolutionnaire français






Georges Jacques Danton compte parmi les grandes figures de la révolution. Né en 1759 à Arcis-sur-Aube, il est avocat au Conseil du roi. Avant 1792, Danton reste un inconnu qui ne joue aucun rôle majeur. Il commence néanmoins à se faire connaître par le club des Cordeliers puis par sa fréquentation du club des Jacobins. Sa personnalité est difficile à saisir et l'image qu'ont fait de lui les robespierristes qui le firent tomber est délibérément négative.



On le décrit ainsi souvent comme vénal, jouisseur et malhonnête pour s'être enrichi avec l'argent de la République qu'il avait à gérer sans avoir à rendre aucun compte. Ses discours enflammés le font passer pour un jacobin extrémiste, alors que dans les faits il semble plutôt être un bourgeois modéré et habile en politique. Dans les premiers temps il semble ainsi favorable à une monarchie constitutionnelle et il soutiendra, suite à la fuite de la famille royale à Varennes, l'idée d'une régence orléaniste. La fusillade du Champ de mars par la garde nationale aux ordres de La Fayette lui ôtera cependant tout espoir. A ce moment Danton se dérobera aux poursuites en quittant Paris. Il reparaît sous la Législative. Au club des Jacobins, il soutient Robespierre contre Brissot sur la question de la guerre, ce qui ne fait pas pour autant de lui un soutien indéfectible de Robespierre. Une fois la guerre déclarée, il va dénoncer avec Robespierre, les carences des pouvoirs publics et les trahisons des fonctionnaires qui, pour la plupart, étaient restés royalistes. Au soir de la journée du 10 août il devient ministre de la Justice de manière presque inattendue.


Il va alors entrer sur la scène publique comme un acteur majeur. Il imposera au sein du conseil des ministres, qui, dans les faits, gouverne le pays depuis le début de la guerre contre la Prusse, sa volonté de ne pas quitter Paris et de résister coûte que coûte à l'envahisseur prussien. Il va soutenir la commune insurrectionnelle de Paris dans ses préparatifs militaires, envoyer des émissaires en Province pour y hâter les préparatifs militaires et empêcher la Vendée de se soulever alors que les Prussiens marchent sur Paris.


Il sera cependant vivement critiqué par les Girondins qui voient en lui un homme de la Montagne, le parti de Robespierre et de Marat. On l'accusera d'avoir subtilisé de l'argent confié à son ministère et Danton aura du mal à se défendre. Les attaques les plus graves viendront cependant après le passage du général Dumouriez, dont il était proche, aux Prussiens au mois de mars 1793. De toutes parts on accusera Danton d'être son complice. Il s'en tire alors en hurlant plus fort que les Enragés. Le 6 avril 1793, il est élu membre du Comité de salut public nouvellement créé et en prend de fait la direction. Il y aura cependant moins de succès qu'à l'été 1792 : il ne pourra pas empêcher l'élimination des Girondins, il ne parviendra pas à repousser l'ennemi hors des frontières et ne saura empêcher la seconde insurrection vendéenne de s'étendre. Ces échecs lui vaudront d'être remplacé à la tête du comité de salut public par Robespierre. Suite à cet échec Danton va protester puis se retirer à la campagne avant de revenir à la conquête avec le mouvement des Indulgents.
georges jacques danton


Aidé de ses amis, Fabre d'Eglantine, Desmoulins et Philippeaux, il critique les abus de la terreur et profite du soutien des sans-culottes pour essayer de revenir au pouvoir. Cette stratégie semble d'abord porter ses fruits puisque Robespierre semble prêt à s'unir aux Indulgents. Mais suite à l'arrestation de Fabre d'Eglantine pour des falsifications et des affaires illicites, Robespierre se reprend. Pour consolider son pouvoir il élimine d'abord son opposition de gauche avant de se retourner contre les Indulgents qui constituent l'opposition de droite. Arrêté le 30 mars 1794, Danton est traduit devant un Tribunal révolutionnaire. Il s'y défend avec éloquence si bien que les robespierristes devront extorquer à la Convention un décret pour clore les débats hors de sa présence, de peur de le voir convaincre les jurés. Il est guillotiné le 5 avril et la légende voudrait qu'il ait dit à son bourreau : « Tu montreras ma tête au peuple ; elle en vaut la peine. ».

Le Jeudi 10 Avril 2008 à 09:30
Article écrit par Vince12




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