Le corps humain recèle de substances diverses destinées à assurer le bon fonctionnement des organes et du métabolisme en général. Les maladies apparaissent lorsque ces substances sont amoindries ou, au contraire, en surproduction. Les médicaments interviennent alors pour corriger les troubles et rétablir l'équilibre originel. Parmi ces substances élémentaires essentielles du corps humain, il faut mentionner les Gamma GT ou gamma glutamyl tripeptidase, des enzymes principalement composées de
protéine qui sont secrétées et produites par le foie, le pancréas et les reins.
Leur rôle principal est de permettre les réactions chimiques qui transfèrent les
acides aminés entre les cellules. Le taux normal de gamma glutamyl tripeptidase devrait être de 5 à 28 UI (Unité Internationale) chez l'homme adulte et de 4 à 18 UI chez la femme adulte. Lorsque ce taux baisse ou s'accroît, l'organisme s'expose à diverses pathologies. Ce dérèglement du taux de Gamma GT peut également traduire un alcoolisme chronique chez certains sujets. D'après les médecins, le taux de Gamma GT dans le sang augmente fortement lorsque le patient est atteint de cholestase, aussi appelé cholostase, c'est-à-dire lorsque les voies d'émission de la bile sont bouchées. La bile ne s'écoule plus correctement, ainsi le foie et les organes environnants sont endommagés. Cette augmentation des Gamma GT est également enregistrée lorsque le foie est atteint par des inflammations et des infections ou bien lorsque la personne s'est intoxiquée qu'il s'agisse d'une intoxication alimentaire grave ou d'une intoxication dite professionnelle, provoquée notamment par l'inhalation d'hydrocarbure ou d'insecticide.
D'autres troubles et pathologies peuvent aussi accélérer la production de gamma glutamyl tripeptides : le surpoids qui induit une forte présence de
cholestérol dans les capillaires sanguins, la pancréatite aiguë, le
cancer du sein, l'hépatite virale, l'
infarctus du myocarde, l'hyperthyroïdie qui est un trouble de la glande thyroïdienne, les stéatoses, la granulomatose d'origine hépathique, l'hydatidose, la bilharziose, la
syphilis secondaire, l'insuffisance rénale et, bien évidemment, la
cirrhose du foie due à l'alcoolisme.
Enfin, l'utilisation et la prise répétitive de barbiturique, de pilules contraceptives, d'antidiabétiques comme l'
insuline et ses dérivés à forte dose, de régulateurs de
tension artérielle, de somnifères ou de sédatifs, ainsi que de comprimés destinés à contrer les effets de l'
acide urique, peuvent favoriser la chute du taux de gamma glutamyl tripeptidase. Même si ce dernier phénomène est l'anomalie la plus souvent relevée chez les patients lors des analyses médicales, certaines personnes présentent aussi une diminution alarmante de ce taux. C'est notamment le cas des personnes qui souffrent d'un déficit congénital naturel en ce type d'enzyme, mais aussi de celles qui utilisent des médicaments spécifiques visant à diminuer le taux de graisse dans le sang. Dans les différents cas cliniques présentés, le médecin s'efforce de rétablir le taux normal de Gamma GT par le biais de divers traitements qui peuvent s'étaler sur le long terme. En dehors de leur étude chez les patients « normaux », les Gamma GT servent aussi à mesurer et à diagnostiquer l'alcoolisme chez des personnes à risque qui ne veulent pas reconnaître leur état.
Les analyses menées en laboratoire indiquent qu'une consommation quotidienne de 40g d'alcool, mesurée par litre de sang, sur trois semaines fait spectaculairement baisser le taux de gamma glutamyl tripeptidase et permet de diagnostiquer formellement l'alcoolisme chronique. Par contre, dès que la personne s'abstient de toucher à l'alcool pendant au moins 5 jours, le taux revient à la normale. Certains patients qui sont au courant de ce fait se sèvrent alors intentionnellement avant une analyse pour démontrer qu'ils ne sont pas alcooliques.
Pour contourner cet effet yo-yo et désavouer les patients les plus malins, les médecins ont mis au point une autre analyse qui doit obligatoirement être faite en complément de la mesure des Gamma GT : il s'agit de l'analyse du volume globulaire moyen ou VGM. En effet, sous l'effet prolongé de l'alcool, les globules rouges gonflent et dès qu'ils atteignent une taille supérieure à 97 microns, l'alcoolisme peut être déclaré. La cirrhose du foie est mortel, donc il est fortement conseillé de ne pas consommer de l'alcool, ou bien d'en prendre mais avec une modération et seulement à des occasions particulières. Le médecin doit pourtant savoir faire la nuance entre les cas d'alcoolisme et les autres pathologies qui se traduisent par une carence en folates (grossesses répétitives, cancer de l'estomac, maladie de Biermer, etc.). Dans tous les cas, pour éviter une erreur de diagnostic et pour compléter les différentes analyses menées en laboratoire et portant sur les Gamma GT, des
échographies du foie, de la vésicule biliaire et du pancréas sont toujours recommandées.